30.09.2024 – Résultats du concours
Avec l'ambitieux objectif de redonner vie à la structure en béton oubliée du Brise-Vent, ce concours visait à concevoir un musée unique en son genre face au port du Havre. Puisque la gigantesque voile grise ne remplit plus sa fonction première de protection du port contre les rafales de vent, le défi consistait à imaginer un projet de régénération urbaine permettant à la ville de se réapproprier un espace public exceptionnel, aujourd'hui délaissé. Le concours exigeait une attention particulière aux dimensions sociales du projet, incitant les concepteurs à travailler sur une programmation hybride, ancrée dans un usage quotidien et ouverte aussi bien aux Havrais qu'aux touristes internationaux.
Les projets primés ont su allier avec brio préservation du patrimoine historique et innovation contemporaine. Le jury a salué l'utilisation créative de matériaux durables, notamment le bois, et l'intégration d'espaces verts, transformant ainsi le site en un lieu flexible et multifonctionnel. Parmi les thèmes récurrents, on retrouve la mise en valeur du patrimoine industriel du site, conjuguée à l'introduction de conceptions novatrices favorisant les échanges culturels et sociaux. Des expositions interactives aux collaborations artistiques, en passant par des créations minimalistes respectant la beauté brute de la structure en béton, ces projets ont redéfini le Brise-Vent comme un emblème culturel et un modèle de durabilité et de créativité, tissant des liens au sein de la communauté et réinventant l'édifice comme un symbole de l'avenir du Havre.
TerraViva félicite tous les participants de Brise-Vent Havre pour avoir soumis des propositions architecturales novatrices.
1st PRIX
Centre culturel du port du Havre
Öznur Çağlayan, Ece Uğurlu, Devrim Nasmir, Can Özdoğan, Yiğit Doğan, Gaye Karbeyaz [Turquie]
La reconversion de la structure en béton, initialement conçue comme brise-vent pour les chantiers navals du Havre et aujourd'hui inutilisée, vise non seulement à répondre aux besoins actuels, mais aussi à anticiper les évolutions programmatiques futures grâce à une structure adaptable et ouverte. Notre projet réinvente cet édifice emblématique comme un système flexible capable d'accueillir divers usages, lui permettant de se transformer en espaces résidentiels, éducatifs, industriels ou autres espaces fonctionnels selon les besoins.
De même que l'identité architecturale du Havre s'est jadis définie par son utilisation novatrice du béton, cette intervention place le bois – considéré comme l'acier durable de demain – au cœur de l'expression des matériaux. La structure, conçue en bois, sert non seulement d'élément architectural principal, mais aussi de puits de carbone, renforçant ainsi la dimension environnementale du projet et témoignant d'une stratégie matérielle avant-gardiste et tournée vers l'avenir.
L'interaction délibérée entre la forme bâtie et le paysage environnant est au cœur de la philosophie de conception. Dans un contexte où les espaces verts sont rares, l'ambition première du projet est de créer un paysage riche et significatif pour le site. Cette stratégie paysagère envisage un environnement luxuriant et immersif, transformant l'espace aride existant en un havre de verdure vibrant. En intégrant harmonieusement ce paysage au tissu architectural, nous visons à introduire un écosystème naturel qui enrichit le site tout en comblant le déficit écologique de la région.
La stratégie spatiale brouille intentionnellement les frontières entre intérieur et extérieur, créant une relation symbiotique où l'environnement naturel imprègne l'architecture. Cette ouverture facilite l'intégration d'un écosystème au sein même de la structure, la transformant en un espace adaptable pouvant servir de serre ou évoluer en jardin botanique, amplifiant ainsi son impact environnemental.
De plus, reconnaissant le caractère monumental de la face intérieure de la structure – tournée vers la ville –, nous proposons une intervention expressive : le revêtement de cette surface avec des motifs de tapisserie française classique. Une incision délibérée dans la nouvelle façade révèle le revêtement sur la structure en béton, instaurant un dialogue visuel saisissant entre l’historique et le contemporain. Si d’autres matériaux de revêtement peuvent être envisagés, l’objectif principal demeure d’accentuer la dimension dramatique de cette surface et d’enrichir l’expérience sensorielle des usagers, en la positionnant comme un élément narratif clé au sein de la séquence spatiale.
Cette approche transcende la simple réutilisation d'une structure, proposant une conception qui allie durabilité, flexibilité et esthétique. En fusionnant la robustesse industrielle de la structure en béton avec l'élégance écologique du bois, le projet rend hommage au patrimoine architectural de la ville tout en créant une identité spatiale tournée vers l'avenir, porteuse de perspectives nouvelles.
« Ce projet transforme la structure en béton en un espace flexible et durable, utilisant le bois comme matériau clé à des fins à la fois environnementales et structurelles. Il intègre des espaces verts et s'adapte à divers usages, mêlant des éléments historiques à un design résolument tourné vers l'avenir. »
2nd PRIX
PlongéeAscension
Dingdong Tang, Zehui Li, Haisheng Xu [Chine] www.lytxstudio.com
Ce projet vise à transformer un édifice historique en musée, en respectant et en préservant son style architectural distinctif et son riche patrimoine culturel. Le bâtiment d'origine, avec son imposante stature et son sens aigu de l'ordre, reflète le poids de l'histoire et le passage du temps. Notre approche conceptuelle, à la fois sensible et créative, prolonge et met en valeur la toiture incurvée emblématique pour lui insuffler une nouvelle vitalité et une beauté dynamique. La forme de la toiture, évoquant un nageur plongeant et refaisant surface, symbolise le dialogue entre passé et futur tout en illustrant la relation symbiotique du bâtiment avec son environnement. En honorant et en réinterprétant l'architecture d'origine, nous l'avons transformée en un lieu culturel emblématique baptisé « DiveAscent », qui capture la fluidité du design et son lien avec le milieu.
Notre approche consiste en une intervention légère, préservant la monumentalité de la structure d'origine tout en la réinventant comme un pont reliant la ville, le port et la communauté. La nouvelle toiture, divisée par une cour centrale, crée deux espaces ouverts, cette cour faisant office de scène sociale pour la ville, accessible 24h/24 et 7j/7 aux résidents et aux visiteurs. Les ouvertures judicieusement placées laissent passer la lumière naturelle et l'air, dynamisant l'intérieur tout en estompant les frontières physiques et en animant le front de mer. Sous la cour se trouve un espace d'exposition souterrain modulable, où le terrain vallonné fait écho aux courbes de la toiture. Cet espace permet une disposition dynamique des expositions, encourageant les visiteurs à explorer librement et créant une atmosphère ouverte et interactive. En rompant avec la solennité traditionnelle des musées, le projet invite des publics divers à s'approprier l'espace de manière sociale, artistique et culturelle, positionnant le musée comme un pôle culturel dynamique.
La nouvelle toiture incurvée fait office de vaste plateforme d'observation, offrant une vue panoramique sur le port du Havre. Elle estompe la frontière entre intérieur et extérieur, invitant habitants et touristes à la contemplation, aux échanges et à l'appréciation du panorama. En contrebas, le rythme architectural se poursuit avec des cloisons et un quai ouvert, créant un espace accueillant pour les visiteurs venant de toutes parts. Cette intégration de l'architecture et du paysage transforme le bâtiment en un prolongement de son environnement naturel, offrant un lieu de repos et de contemplation en harmonie avec les paysages urbains.
Le nouveau bâtiment est destiné à devenir un emblème de la ville. Tout en respectant l'héritage architectural de la structure d'origine, sa conception introduit un toit ouvert et des ouvertures stratégiquement placées pour assurer une ventilation naturelle, garantissant ainsi efficacité énergétique et durabilité. L'intégration de panneaux solaires et de végétation sur le toit, ainsi que de cours paysagées, renforce la durabilité du bâtiment, en régulant le microclimat, en réduisant la consommation d'énergie et en favorisant la biodiversité. Cette conception répond non seulement aux exigences sociales et culturelles, mais transforme également la structure en un repère urbain moderne, reliant passé et futur tout en attirant la communauté locale et les visiteurs internationaux. En alliant monumentalité historique et flexibilité moderne, le musée crée un espace public d'importance environnementale et culturelle, devenant un symbole du développement urbain futur du Havre. Par son approche innovante et durable, le projet confère une nouvelle dimension culturelle et sociale à la ville.
« Ce projet allie avec brio préservation du patrimoine historique et innovation moderne, transformant cet édifice emblématique en un pôle culturel dynamique. La conception novatrice de la toiture et les caractéristiques durables insufflent une nouvelle vie à l'espace tout en respectant son héritage monumental. Ce projet redéfinit le bâtiment comme un symbole de l'avenir du Havre, reliant la ville, le port et la communauté. »
3rd PRIX
MACHINE À VENT
[JBA] Xavier Brunet, Clémence Prévost, Anthony Fourrier, Sara Belrhaiti, Hiba Elhaddad [France] www.jba.archi
Afin de redonner vie au Brise-Vent, le projet vise à le recentrer sur sa vocation première : le vent. Autrefois, ce « géant endormi » servait de rempart contre les assauts du vent. Aujourd’hui, le Brise-Vent peut devenir un immense capteur de vent au service d’un programme culturel, scientifique et éducatif : le musée du vent.
Notre projet accompagne la mise en œuvre par le port du Havre de nouvelles politiques de transition énergétique. Le futur musée de l'éolien devrait en effet être construit à proximité de l'usine Siemens, qui développe le parc éolien de Fécamp.
Conformément à l'image du Havre, nous envisageons le nouveau Brise-Vent comme un lieu de rencontre entre arts et techniques. Il s'agira d'un mélange harmonieux entre le brutalisme historique de la ville et l'art contemporain. Notre intervention, résolument minimaliste et économe en matériaux, vise à préserver la texture brute du béton. Afin de conserver le rythme si particulier du Brise-Vent, les cloisons à l'intérieur de la structure porteuse sont positionnées avec délicatesse.
La longueur unique du bâtiment crée un parcours intérieur qui met en valeur des inventions historiques ayant permis de maîtriser la force du vent. Les visiteurs sont invités à explorer leurs cinq sens au fil de ce flux puissant et pourtant invisible qui les accompagne tout au long du parcours. Nous avons rassemblé un riche répertoire de formes, de techniques et de matériaux pour concevoir ce projet.
L'espace d'exposition permanent présente une chronologie retraçant l'histoire de l'énergie éolienne à travers des documents d'archives et des maquettes. L'espace d'exposition temporaire peut être étendu à l'extérieur, et la structure extérieure en béton peut accueillir des œuvres contemporaines.
Le vent est une source d'énergie autant que d'inspiration. Ingénieurs, artistes visuels, sculpteurs, peintres et musiciens ont cherché à l'appréhender, à le saisir et à le représenter. Ainsi, les ateliers-appartements et le fab lab intégrés au projet serviront de cadre aux collaborations entre artistes et ingénieurs et garantiront une activité quotidienne sur le site.
Après la visite du musée, le parcours se poursuit par un belvédère offrant une vue imprenable sur la ville et le port du Havre. L'itinéraire invite les visiteurs à s'imprégner de l'immensité de la structure en béton, de sa longueur, de sa hauteur, de sa courbe et de la matérialité brute du matériau.
La partie sud du projet met en valeur le côté incurvé du Brise-Vent, qui surplombe un jardin sauvage. Ce jardin est progressivement colonisé par des plantes côtières. Ce nouveau paysage reprend ses droits sur l'asphalte et évoque la poésie des ruines antiques. Un sentier sinueux est ponctué d'installations commandées à des duos d'ingénieurs-artistes contemporains. Ces sculptures ludiques, à mi-chemin entre l'art et la mécanique, s'animent au gré du vent, tintant, soufflant et scintillant.
Situé à l'abri sur le côté ouest du bâtiment, l'auditorium s'ouvre librement sur l'esplanade et accueille des concerts en plein air. Le belvédère, le brise-vent et le restaurant sont accessibles indépendamment du musée, permettant ainsi aux touristes comme aux locaux d'y circuler librement.
« Ce projet de revitalisation du Brise-Vent en musée du vent est une idée brillante qui redonne à l'édifice sa vocation première. En mettant l'accent sur le vent à la fois comme source d'énergie et comme source d'inspiration artistique, il allie avec brio culture, science et éducation. Le design, minimaliste mais percutant, préserve le béton brut tout en créant des expériences interactives pour les visiteurs. L'intégration d'ateliers et de collaborations entre artistes et ingénieurs apporte une dimension dynamique, faisant de ce lieu un espace stimulant pour la créativité. En définitive, ce projet propose de nombreuses idées captivantes qui invitent les visiteurs à s'approprier le site et à en comprendre l'importance. »
Mentions dorées
(classés par code d'enregistrement)
Brise le vent, accueille la mer
Théo Bienvenu [France]
Au cœur du port du Havre, site exceptionnel au sein d'une ville en pleine mutation, le Brise-Vent se transforme en musée public où se rencontrent culture et biodiversité. Le MAB (Musée d'Art et de Biodiversité) propose d'importantes expositions temporaires ainsi qu'une exposition permanente consacrée aux enjeux et solutions climatiques actuels. L'extrémité de la jetée centrale, qui abrite le bâtiment, devient un symbole du renouveau paysager et culturel de la ville et de l'estuaire de la Seine.
Alors que de nombreux sites industriels et sensibles du Havre nécessitent encore une protection, le site de Brise-Vent pourrait être libéré de son coûteux enrochement, qui impose des contraintes d'entretien importantes, afin d'expérimenter une approche de gestion des inondations plus souple. En accueillant la mer et en l'utilisant pour remodeler le paysage du site, le projet propose de limiter les équipements publics aux étages supérieurs du grand bâtiment. Le rez-de-chaussée, laissé à ciel ouvert et rendu à la nature, devient un vaste espace public et paysager, offrant une nouvelle perspective sur la gestion du littoral havrais.
Le fond marin se transforme en un vaste jardin intertidal, où se développent des écosystèmes en fonction de leur degré de submersion. Des passerelles traversent ces zones, longeant leurs contours et permettant d'explorer leur richesse et leur profondeur au sein d'un port caractérisé par un littoral minéral et fixé.
Le nouveau musée, axé sur les thèmes de la submersion, du changement climatique et du paysage, s'impose comme un lieu emblématique du Havre. L'ajout d'un café sur ce site exceptionnel, ainsi que l'aménagement d'espaces publics uniques (tels que des terrasses en bois s'avançant dans la mer ou la galerie du belvédère), en font un incontournable, tant pour les habitants du Havre que pour les touristes.
En libérant le sol, le musée se déploie sur deux niveaux, en harmonie avec la structure existante. Deux imposantes colonnes de circulation verticales, équipées d'un monte-charge et d'un escalier, permettent d'accéder à ces niveaux. Ces colonnes, greffées sur la Brise-Vent, sont facilement identifiables et offrent un accès clair et de qualité à tous les espaces. Au deuxième étage (R+2), une vaste galerie tire parti de la longueur du bâtiment. L'accueil/librairie et le café, situés aux extrémités du rez-de-chaussée (R+1), enrichissent la Brise-Vent d'une offre de services et d'activités. Grâce à un plancher en bois, ces espaces créent, sur trois niveaux, des parcours publics accessibles à tous, offrant ainsi une variété de relations avec le site.
La vaste façade vitrée du premier étage (R+1) abrite les salles d'exposition temporaire, à accès contrôlé, offrant des espaces uniques d'où le regard se porte sur Le Havre et sa colline à l'horizon. Présentant des œuvres artistiques qui explorent les notions de paysage et de biodiversité, cette partie du musée s'ouvre également sur le jardin intertidal grâce à des terrasses aménagées dans les interstices de la toiture. Les visiteurs peuvent s'y attarder pour contempler le port et l'horizon, la mer et ses marées.
« Des concepts magnifiques et holistiques visualisés de manière claire et poétique. Ce concept apporte une nouvelle compréhension de ce que pourrait contenir un musée conceptuel. »
Vers un vent nouveau
Ansh Anand Mishra, Aditya Vijayraj, Vishwas Bhadauria, Sanya Malhotra, Atharv Goyal, Shubhangi Sharma [Inde]
Le Musée du Port du Havre est un lieu culturel unique qui entremêle la riche histoire de la ville pendant la guerre et son héritage industriel. Situé dans le port principal, ce musée témoigne de la transformation du Havre, d'un centre stratégique de guerre durant la Seconde Guerre mondiale à une ville industrielle dynamique. Privilégiant une approche immersive et la valorisation du patrimoine culturel, le musée exploite ses structures existantes avec un minimum de modifications, préservant ainsi l'authenticité du site tout en créant un espace vivant pour les visiteurs.
Préserver l'intégrité architecturale
Le musée est installé dans les structures portuaires historiques qui ont joué un rôle crucial pendant et après la Seconde Guerre mondiale. En préservant l'architecture d'origine, il rend hommage au passé tout en perpétuant l'esprit du port. Le caractère industriel et brut du bâtiment est maintenu, lui permettant de témoigner de la résilience et de l'adaptabilité du Havre.
- Modifications minimales : Les structures portuaires existantes sont préservées avec un minimum de modifications, soulignant leur importance historique et leur lien avec le passé industriel de la ville. Cette approche permet au bâtiment lui-même de devenir un élément central de l’histoire, reflétant le parcours de ceux qui ont construit et travaillé dans le port.
- Monument culturel : L'architecture préservée constitue un monument culturel emblématique du Havre, symbolisant l'histoire de la ville pendant la guerre et sa renaissance. Cette harmonieuse intégration de l'ancien et du moderne offre aux visiteurs un lien tangible avec le passé, enrichissant ainsi le récit du musée.
Voyage expérientiel à travers l'histoire
Le musée propose une expérience immersive qui donne vie à l'histoire du Havre. Les visiteurs peuvent explorer des expositions interactives qui mettent en lumière le rôle de la ville pendant la Seconde Guerre mondiale, son développement industriel et la vie quotidienne de ses habitants.
- Dispositifs interactifs : Les expositions comprennent des reconstitutions numériques, des objets historiques et des témoignages personnels qui transportent les visiteurs dans le passé. Grâce à la technologie interactive, le musée permet aux visiteurs d’appréhender le passé d’une manière à la fois instructive et émouvante.
- Mapping visuel : La façade du musée sert d’écran de projection, diffusant des images d’archives et des récits visuels qui s’intègrent harmonieusement au cadre industriel. Grâce au mapping vidéo, le bâtiment devient une toile vivante, fusionnant les paysages physiques et historiques de la ville.
Ponts vers la ville portuaire : Le voyage en bateau
L'un des points forts de la visite du musée est la promenade en bateau qui fait le tour du port, offrant une vue imprenable sur le musée et le port en pleine activité. Cette promenade crée un lien direct entre les expositions et la ville portuaire vivante et dynamique d'aujourd'hui.
- Restaurant flottant : À bord du navire, un restaurant flottant offre aux passagers la possibilité de dîner avec vue, bercés par les images et les sons du port. Ce cadre unique permet aux visiteurs de se connecter au patrimoine maritime du Havre et d’enrichir leur expérience.
- Expérience d'accostage : L'attraction offre une vue immersive des navires à quai, reflétant l'activité incessante du port. Cette interaction en temps réel avec le port crée un lien sensoriel avec le pouls industriel du Havre.
Célébrer le patrimoine culturel
Le Musée du Port du Havre met en lumière l'importance du patrimoine culturel, retraçant l'histoire de la ville, d'un port ravagé par la guerre à un centre industriel florissant. Le musée préserve non seulement les édifices, mais aussi les récits des personnes qui ont façonné la ville.
- Impact éducatif : Le musée constitue un pôle culturel et éducatif, favorisant la connaissance et l’appréciation de l’histoire du Havre. Il témoigne de la résilience de la ville et offre un lieu de rencontre entre passé et présent.
Le Musée du Port du Havre est bien plus qu'un musée : c'est un monument vivant qui rend hommage à l'histoire et au patrimoine culturel de la ville. En préservant ses racines industrielles et en proposant des expériences immersives, le musée fait le lien entre passé et présent, célébrant ainsi l'esprit indomptable du Havre.
Le Musée du Port du Havre est un projet remarquable par son approche à la fois sensible et novatrice de la préservation du patrimoine culturel et industriel havrais. Le récit retrace avec brio la transformation du Havre, d'un port de guerre à un centre industriel florissant, tout en témoignant d'un profond respect pour le passé de la ville. En préservant les structures portuaires existantes avec un minimum de modifications, le projet honore avec maestria l'intégrité historique du site, faisant de l'architecture elle-même une exposition vivante.
Le parcours immersif à travers l'histoire du Havre, notamment grâce à des dispositifs interactifs et au mapping vidéo, crée un lien captivant entre passé et présent. La promenade en bateau dans le port animé et le restaurant flottant enrichissent davantage l'expérience du visiteur, mêlant le récit du musée à la vie contemporaine de la ville portuaire.
Au-delà de la narration réfléchie, les dessins expressifs du projet constituent un atout majeur. Plus que de simples illustrations, ils invitent le spectateur à s'immerger dans l'histoire du Havre. La richesse des détails visuels donne l'impression d'être au cœur de l'action, de ressentir de près le pouls du port et son importance historique.
Ce projet réussit avec brio à faire le lien entre histoire et modernité, offrant au Havre un emblème culturel intemporel. Plus qu'un musée, c'est un monument vivant qui incarne la résilience et le progrès.
Musée des Résiliences
Arthur Cany, Marta Gruca [France – Pologne] www.acopestudio.eu
Le Musée de la Résilience se dresse fièrement au cœur du port du Havre, tel un phare, guidant et inspirant.
Il symbolise le renouveau et fait office de phare d'espoir. Installé dans un ancien brise-vent industriel, le bâtiment a été reconverti en un espace culturel dédié à la résilience, offrant un lieu de réflexion et de dialogue sur les enjeux urbains et environnementaux.
Une transformation poétique et durable – En tant que bâtiment protégé, la réhabilitation du musée privilégie le développement durable en réutilisant et en rénovant une grande partie de l'édifice d'origine. Plutôt que d'effacer le passé, le projet insuffle une nouvelle vie à l'espace. Jadis rempart contre le vent, il est devenu un lieu de rencontre, de création et de contemplation.
Le vent comme élément de design – Le vent joue un rôle essentiel dans l'architecture du musée. De grandes voiles en façade ondulent au gré des courants d'air naturels, créant une transition harmonieuse entre les espaces intérieurs et extérieurs. Tandis que certaines zones sont isolées, d'autres restent ouvertes, ce qui permet de réduire la consommation d'énergie et de favoriser le développement durable.
Programme architectural – Dès leur arrivée, les visiteurs sont accueillis par un restaurant offrant un espace convivial pour se détendre sans avoir à visiter les expositions. Plus loin, le hall d'entrée donne sur le ponton, permettant l'accès aux personnes arrivant par la mer.
À l'intérieur, des espaces d'exposition modulables offrent à la fois des zones ouvertes pour les expositions en plein air et des espaces fermés pour des projets plus intimistes. Au-dessus, des ateliers sont dédiés aux artistes en résidence, au personnel du musée et aux programmes éducatifs pour les visiteurs et les enfants, favorisant ainsi l'apprentissage et la créativité. Le musée comprend également un auditorium pour les conférences et les événements culturels, avec un espace adjacent pour les réceptions après les spectacles. À l'extérieur, une terrasse offre une vue sur la mer et donne accès à des balcons supérieurs offrant des panoramas exceptionnels, tandis que l'ascenseur fait office de phare.
Développement par étapes – La conception du bâtiment permet une grande flexibilité pour les développements futurs. En isolant uniquement certaines zones, le musée peut s'agrandir ou modifier son agencement selon les besoins, en conciliant impératifs écologiques et économiques.
Espaces extérieurs – Le site du musée comprend un pavillon pour les pique-niques et la détente, un cinéma et une salle de concert en plein air, ainsi qu'un jardin pédagogique conçu selon les principes d'aménagement paysager de Gilles Clément, favorisant un équilibre harmonieux entre nature et intervention humaine. Ces espaces encouragent l'engagement communautaire et offrent des possibilités de rassemblements publics et d'apprentissage sur la nature et la résilience.
Un attrait pour la communauté – Ouvert à tous, le Musée de la Résilience propose des programmes variés abordant les enjeux sociaux, culturels et environnementaux. Expositions interactives, ateliers et espaces créatifs invitent les visiteurs à explorer et à réfléchir sur la résilience : la capacité à surmonter l’adversité et à s’épanouir.
Un lieu de réflexion – La résilience, thème central du musée, est explorée à travers l'art, les installations et les événements. Elle met en lumière la capacité des individus et des communautés à s'adapter et à se renforcer face aux difficultés. Le Musée de la Résilience se veut un espace de dialogue et d'inspiration, promouvant un avenir durable et inclusif pour tous.
« Une solution élégante qui intègre le contexte au site en clarifiant la connectivité, tant sur le plan physique que sur celui des caractéristiques. »
Composition à trois pavillons – Co-création et exposition d'œuvres d'art dans un musée
Ricardo Melo [Portugal]
Le projet prévoit des interventions dans l'espace public et sur le bâtiment afin de créer un nouvel espace urbain pour Le Havre. Dépassant les limites du site, il vise à relier les éléments préexistants et à établir des liens significatifs avec le contexte environnant.
Outre la restructuration des routes et du parking existants, l'aménagement des espaces publics comprend la création d'un vaste jardin. Ce jardin se caractérise par l'extension des zones vertes et ombragées, le renforcement des voies piétonnes et l'ouverture d'une piste cyclable longeant le front de mer, établissant ainsi un nouveau lien entre le bâtiment et la ville. Il est enrichi par un ensemble d'aménagements publics inspirés de la trame du bâtiment, créant des connexions visuelles et physiques avec le paysage et favorisant les échanges sociaux et collectifs.
Le bâtiment s'inspire de la structure porteuse de la ruine, d'où émerge une composition de trois pavillons, comme une extension de son vide, chacun doté d'une fonction et d'une atmosphère distinctes. La structure intégrale du bâtiment préexistant est préservée, la nouvelle structure en bois reposant simplement sur les poutres en béton de la ruine. La grande courbe est percée d'ouvertures circulaires pour la charpente, l'éclairage et la ventilation. Les façades présentent des textures et des matériaux contrastés : une façade en bois clair orientée au nord et une façade en béton orientée au sud, conservant ainsi le caractère brut de la ruine.
Conçu comme une extension potentielle du Port Center du Havre, le programme proposé est un co-musée d'art explorant les liens entre création et exposition. Le pavillon du rez-de-chaussée abrite un espace ouvert d'ateliers partagés pour artistes – des espaces de coworking polyvalents dédiés à des projets artistiques, artisanaux et de design, favorisant le développement d'événements culturels et créatifs. Il accueille également les espaces de vie du musée, qui se fondent dans le jardin et contribuent à la transformation du site. Le pavillon est constitué d'une structure modulaire en bois, modulable et adaptable aux besoins des artistes, tant en termes de flexibilité spatiale que d'extension.
Le pavillon du premier étage abrite l'espace d'exposition permanent. Conçu comme une serre habitable, il capte l'énergie solaire et sert de capteur thermique en hiver et de système de ventilation en été. Ce principe de serre influence l'expérience et le fonctionnement de l'espace intérieur, contribuant à son habitabilité durable.
Le pavillon du deuxième étage abrite l'espace d'exposition temporaire. Cet espace se caractérise par une pénombre intérieure qui s'ouvre sur l'intérieur, où la lumière naturelle et le paysage apparaissent par intermittence à travers différents encadrements de fenêtres et de balcons. L'utilisation de textiles comme revêtement et de rideaux pour délimiter les espaces d'exposition contribue à une expérience introspective.
Globalement, en associant la conception du bâtiment à une approche axée sur l'espace public, le projet vise à renaturaliser le terrain en étendant les espaces de loisirs et de socialisation, en privilégiant les piétons et les modes de transport doux et en mettant l'accent sur la durabilité comme sujet clé de la régénération urbaine et de la transformation locale.
« Ce projet revitalise Le Havre grâce à un co-musée d'art durable, intégrant espaces verts et mobilité douce. Il comprend des pavillons adaptables construits sur la structure des ruines, utilisant le bois pour sa flexibilité et sa durabilité, tout en mêlant espaces publics et d'exposition pour favoriser les interactions sociales. »
Musée Situé dans le Port
Jihyeon Kim, Donghui Kim, Seongjae Hong, Hyeonsoo Kim [République de Corée]
Ce n'est qu'après le blocage du canal de Suez par le porte-conteneurs Evergreen pendant six jours que l'on a pu véritablement saisir le sens de l'interconnexion. Le transport maritime est devenu incontestablement essentiel à notre société mondialisée. Pourtant, ce secteur demeure souvent abstrait, invisible, dans notre imaginaire. On comprend aisément pourquoi : nous ne pouvons pas observer le commerce mondial ; nous ne parcourons pas les routes maritimes.
Le Havre est une ville portuaire ; elle est née avec son port. Les ports illustrent parfaitement la conception moderne de l'eau : l'eau est humide, la terre est sèche. Une carte portuaire montre une ligne droite séparant la terre de la mer. Le Brise-Vent, dans cette perspective, pourrait être perçu comme une technologie renforçant cette dichotomie terre-eau. Il fut construit comme un bouclier pour protéger le port et les navires des tempêtes. Cependant, face à la crise climatique, à la montée des eaux et à l'affaissement des villes, une prise de conscience s'impose. Peut-être que cette vision d'une mer humide et d'une terre sèche n'a jamais été une réalité. Ce qui n'a jamais été est aujourd'hui remis en question.
Notre objectif n'était pas de revenir en arrière, car cela n'existe pas. De plus, le Brise-Vent était trop séduisant pour être abandonné. Le 20th Ce chef-d'œuvre technique du XXe siècle se devait d'être mis en valeur, non dissimulé. De plus, sa courbure et ses ouvertures étaient, osons le dire, emblématiques. Le projet que nous proposons instaure un dialogue entre l'original et la nouvelle construction. La nouvelle façade réinvente les ruines du port, revitalisées et faisant office de phare pour la prochaine phase du port du Havre. Les plateformes suspendues enrichissent sa conception structurelle. Les longues galeries qui s'étendent sous la structure, en harmonie avec le système de ventilation, et leur transformation en jetées, bouclent la boucle.
Il était essentiel que les visiteurs puissent observer les hélices des bateaux en rotation et se promener parmi les navires en mouvement sous l'eau. Permettre de voir l'invisible et de ressentir l'abstrait était au cœur de notre projet. Des problèmes mineurs, comme le bruit, pourraient être résolus grâce aux nouvelles technologies, notamment les ferries électriques, dans lesquels l'UE investit déjà. Par ailleurs, l'isolement du site, notamment par la route, nous a permis d'offrir une expérience plus complète de la ville portuaire.
Rendre le Brise-Vent humide peut sembler contre-intuitif, voire ironique, compte tenu de sa fonction initiale. Cependant, en reconsidérant la notion de frontière entre terre et mer, le fondement de cette idée devient fragile. Dès lors que l'on perçoit la terre sur laquelle le port est construit comme de simples lignes tracées par l'homme dans la mer, il devient aisé de repenser ce rapport.
« Un projet de grande personnalité, tout en étant très respectueux de la structure existante. Une excellente compréhension urbaine, des aménagements paysagers et une intégration unique de l'eau à l'expérience spatiale. Des graphismes également excellents et complets. »
MIfAA+
Vincent Maillot, Clément Schwab [France]
C’est lors d’une visite du site que nous avons réalisé que tout était déjà là. Les ruines abandonnées du Brise-Vent avaient résisté au temps, arborant une publicité disgracieuse sur leur face arrière. Cette face arrière avait toujours été négligée, et pourtant, elle abritait un refuge caverneux et rassurant.
Le processus de renaturation du site est déjà bien avancé : des plantes robustes percent l’asphalte et recouvrent le sol. Un troisième paysage (« la somme des espaces où l’homme laisse l’évolution du paysage à la seule nature » – Gilles Clément), dessiné par la nature, est un trésor de persévérance au sein d’un contexte industriel rude et pollué.
Cet écosystème tout entier, qui a lutté pour exister, mérite d'être préservé : le projet s'ancrera délicatement du côté protégé et sera conçu pour être démontable, laissant la ruine intacte. La trame rigoureuse de neuf carrés sera mise en valeur, permettant l'émergence d'unités, de familles artistiques. Chaque unité se fondra dans les courbes harmonieuses du brise-vent. La technique sera au service de la poésie.
MIfAA+ c'est :
Rêver – Un lieu poétique pour les artistes, pour les passionnés d'art, mais aussi pour les curieux ; un lieu d'émotions partagées pour contempler la mer, un grand jardin central, tous ces objets industriels surdimensionnés, les réservoirs de pétrole, les pales d'éoliennes, les pétroliers, les parasols, un port rectangulaire.
Membre du réseau des centres d'art contemporain, ce projet s'inscrira dans une initiative nationale, produisant et présentant de nombreuses expositions et œuvres d'art. Il s'engagera également dans des collaborations internationales, renforçant ainsi sa visibilité et favorisant les partenariats artistiques.
Contemplation – Les salles d’exposition, ouvertes sur la galerie nord, offriront de grands espaces modulables où les œuvres d’art et l’architecture se fondront harmonieusement avec les sons et le paysage industriel environnant, créant un voyage unique ponctué par le Brise-Vent.
Deux pavillons surélevés, l'un destiné à l'accueil et l'autre à des expositions uniques, enrichiront l'île en créant un dialogue unique entre l'art, la nature et l'histoire, tout en faisant du Brise-Vent la pièce maîtresse du site.
Atelier de création – Au premier étage, l’espace devient plus intime. Les ateliers, largement ouverts au nord, offrent une vue imprenable sur le paysage portuaire.
Espaces de vie – Au dernier étage, 27 chambres accueilleront chaque année des centaines d'artistes en résidence, pour des durées variables, créant ainsi un environnement en constante évolution. Les espaces de vie, reliés entre eux et ponctués de jardins d'hiver, offrent flexibilité et intimité. Une mezzanine suspendue permet d'admirer le port du Havre.
Respiration – La partie sud abritera un jardin harmonieux, un espace central dédié à la vie communautaire et à l'expression artistique, où un chemin fluide contrastera avec la rigueur du port. La clairière, isolée par la végétation et à l'abri de l'horizon, restera à l'état sauvage et deviendra un havre de paix propice à la contemplation et un lieu de rassemblement pour les événements publics, à proximité de l'auditorium.
« Un lieu poétique pour les artistes, pour les passionnés d’art, mais aussi pour les curieux, qui acceptent l’état actuel du lieu : un troisième paysage. »
La pipe artistique
Ibrahim Joharji [Arabie Saoudite] www.injarch.com
La pipe artistique : une fusion entre tradition et modernité
La ville du Havre est imprégnée d'histoire, et l'arche emblématique en béton, construite en 1947, veille depuis des décennies sur les rigueurs du climat côtier. Érigée initialement comme structure de protection suite à une violente tempête en 1946, l'arche mesure 270 mètres de long et 21.5 mètres de haut. Sa vocation première était de protéger les quais et les infrastructures de la ville des dégâts causés par le vent. Aujourd'hui, ce monument historique symbolise la résilience, et notre projet vise à perpétuer cet héritage en sublimant sa forme tout en respectant sa fonction.
Dans le cadre de ce projet, nous nous sommes engagés à préserver l'intégrité visuelle et la matérialité de l'arche en béton d'origine. Le projet ne modifie ni l'apparence ni la texture de la structure existante, mais s'appuie sur elle grâce à une structure cylindrique légère et flexible en acier et en verre qui semble flotter au-dessus de l'arche. Cette nouvelle extension réinvente l'arche en un espace muséal qui intègre harmonieusement le langage architectural moderne à l'histoire industrielle du site.
Concept architectural et reflet culturel
La conception du musée s'inspire directement de l'identité culturelle et architecturale de la ville, façonnée par son lien avec l'industrie et la mer. Notamment, nombre de ses édifices emblématiques – clochers, cheminées d'usines et monuments portuaires – présentent des formes cylindriques. Même le patrimoine culinaire du Havre, avec des plats tels que… Andouille de VireCe projet reflète cette identité cylindrique. Nous avons fait de ces formes un symbole d'unité entre le passé et le présent, faisant de la forme cylindrique un motif récurrent dans l'architecture du musée.
Le projet met l'accent sur la fluidité des déplacements au sein de l'espace. Le musée cylindrique se compose de trois niveaux, reliés par un parcours en spirale, permettant aux visiteurs de découvrir les œuvres exposées et les vues panoramiques sur la ville et la mer. La circulation entre ces niveaux imite les courbes et les lignes naturelles des structures industrielles de la ville, tout en favorisant une interaction harmonieuse entre les différentes fonctions du bâtiment : galeries d'art, installations artistiques et belvédères.
Un espace contemporain respectueux de la tradition
Afin de préserver la valeur historique du site, l'aménagement paysager se veut volontairement minimaliste, laissant ainsi l'architecture occuper le devant de la scène. Cette approche sobre assure l'harmonie du musée avec son environnement, renforçant l'identité côtière du Havre tout en mettant en valeur l'arche originelle, témoin de la vitalité de la ville. L'aménagement paysager reflète un équilibre subtil entre fonctionnalité et simplicité, avec des espaces verts discrets et des allées qui s'intègrent parfaitement au contexte urbain du port.
En résumé, le projet « The Art Pipe » vise à créer un espace dynamique d’échanges culturels, où le passé industriel rencontre la créativité contemporaine. Les surfaces transparentes et réfléchissantes de la nouvelle structure soulignent le dialogue entre l’ancien et le nouveau, tout en préservant la présence dominante de l’arche en béton d’origine, tant visuellement que symboliquement. En conservant l’authenticité matérielle de l’arche et en y intégrant une extension légère qui en valorise la fonction, ce projet incarne une vision d’avenir tout en restant profondément ancré dans le patrimoine du Havre.
« La transformation de l'immense mur de béton en tuyau est spectaculaire et accentue l'horizontalité du site. »
Que le « voilier vert » déclenche une vague culturelle
Jiongyuan Chen [Chine]
Nous envisageons un chemin piétonnier longeant la partie nord du site, traversant la mer pour rejoindre le futur nouveau port de croisière du Havre (dont l'achèvement est prévu pour 2025) et les espaces verts publics de la jetée de Southampton. Ce chemin, associé au centre-ville du Havre, créera un itinéraire piétonnier fluide reliant la ville au front de mer, offrant une expérience mêlant histoire et modernité. Ce projet s'inspire de la philosophie urbanistique d'Auguste Perret, qui visait à connecter les espaces urbains et les zones portuaires, tout en s'inscrivant dans le développement urbain local.
La passerelle piétonne canalisera les flux de piétons vers le côté nord du site, où nous prévoyons d'implanter le bâtiment agrandi. Le rez-de-chaussée sera surélevé et servira d'entrée principale, avec une entrée secondaire à l'est pour les visiteurs venant de cette direction. La circulation automobile provenant principalement du nord-est, un parking sera construit en périphérie afin de pallier le manque d'espace lié au stationnement en plein air.
La structure dense de Brise-Vent se prête parfaitement à l'accueil des espaces annexes du musée, tandis que l'espace d'exposition ouvert sera situé dans l'extension nord. Les espaces publics centraux du musée seront reliés verticalement à l'entrée située en contrebas, divisant ainsi les espaces d'exposition en deux sections afin de permettre la présentation simultanée d'expositions thématiques variées.
Le Brise-Vent surplombe l'immensité de la mer, tandis que sa nouvelle extension s'ouvre sur le paysage urbain animé. Cette conception harmonise les caractéristiques environnementales des deux sites. Côté mer, un parc alliant nature et art sera aménagé, avec des plantes grimpantes s'étendant jusqu'au toit du Brise-Vent. Cette intégration transforme le « Voilier Vert » en un symbole de protection de l'environnement et de développement durable. Les plantes protégeront le béton des intempéries et contribueront aux économies d'énergie passives en rafraîchissant les espaces intérieurs et extérieurs exposés sud-ouest. Le bâtiment agrandi reprend les courbes du Brise-Vent, sa structure en porte-à-faux minimisant l'empiètement de la mer et maximisant la plateforme d'observation sur le toit. L'espace ombragé en contrebas offrira des zones d'exposition polyvalentes, invitant les visiteurs à vivre une expérience unique en bord de mer.
En nous appuyant sur la structure existante de Brise-Vent, nous proposons de surélever sa toiture centrale afin de relier les espaces extérieurs de part et d'autre. Le rez-de-chaussée, organisé en croix avec des allées piétonnes, accueillera les services du musée et créera un réseau de circulation dynamique et culturel. La toiture sera équipée de panneaux photovoltaïques au tellurure de cadmium pour la production d'énergie, et abritera en dessous une plateforme d'observation, un café et des ateliers d'artistes.
L'espace d'exposition sera doté d'une façade en verre électrochrome, dont la transparence pourra être modulée en fonction du contenu exposé. Lors de certaines expositions thématiques, les visiteurs pourront admirer la vue sur la mer tout en découvrant les installations. Par ailleurs, le socle du bâtiment sera composé de verre profilé qui reflétera les œuvres exposées au rez-de-chaussée sur sa façade, apportant ainsi une touche architecturale colorée à la ville.
« L’intégration d’éléments durables tels que les plantes grimpantes et les panneaux photovoltaïques souligne la responsabilité environnementale tout en valorisant l’esthétique et la fonctionnalité du site. En préservant l’essence de Brise-Vent et en créant de nouveaux espaces dynamiques, ce projet fait de ce lieu un emblème culturel vibrant qui célèbre le patrimoine maritime et l’avenir du Havre. »
Centre Kaléidoscope de la Vie
Anqi Shi [Chine]
Dans l'histoire du port du Havre, marquée par des hauts et des bas, d'innombrables personnes ont joué ou jouent encore un rôle. Quand Le Havre n'était qu'un petit village de pêcheurs, ces derniers en ont fait un port accueillant ; lorsque la ville s'est transformée et développée, les industriels l'ont fait prospérer ; pendant les désastres des guerres mondiales, les soldats y ont défendu leur patrie ; après la guerre, les architectes ont reconstruit cette belle ville ; plus tard, marchands, politiciens, citoyens, enfants, artistes… tous ceux qui l'aiment ont façonné la vie ici, et façonneront aussi l'avenir du Havre.
Au Havre, ce qui mérite plus d'éloges que les paysages, l'histoire et la culture du port, ce sont les habitants, les individus et leurs vies foisonnantes. Ce musée n'est pas un simple lieu d'exposition statique, mais un espace vivant qui suscite des émotions et permet à chacun de s'y reconnaître. Le Life Kaleidoscope Hub redonne vie à cette structure de béton abandonnée en mettant en lumière le parcours de chaque individu, la transformant en un espace public dynamique et le nouveau cœur culturel du Havre.
J'ai donc conçu une série de salles d'exposition aux thématiques variées, chacune véhiculant des émotions distinctes grâce aux variations de couleurs des vitraux et à la gestion de la lumière par les persiennes. Dans chaque salle, différents espaces sont délimités par des panneaux de verre coloré qui, outre leur fonction de toile de fond, créent, lorsque les visiteurs s'y trouvent, des jeux d'ombres superposées, faisant de ces ombres une partie intégrante des œuvres exposées. Ceci favorise les interactions entre les visiteurs, entre les visiteurs et les œuvres, ainsi qu'entre les visiteurs et l'architecture. Par ailleurs, j'ai intégré des modules de verre dans chaque intervalle de la structure en béton, créant ainsi des espaces de détente et de transition.
Pour le peuple Ifugao, la terre est sacrée. Ils croient que si l'on respecte la nature, elle nous le rendra. Leur riche histoire culturelle en témoigne : ils considèrent la nature comme un trésor qu'il faut préserver. De la nourriture aux vêtements, en passant par les habitations et pratiquement tout ce dont on a besoin, la nature est source de leur attachement.
Quand on associe le mode de vie du peuple Ifugao à la beauté époustouflante des rizières en terrasses de Banaue, il n'est pas surprenant que des gens parcourent le monde pour s'immerger dans cet environnement pendant un certain temps, afin de ralentir le rythme.
Le design de Huk-Ot s'articule autour de cette idée, générant une solution créative inédite à un problème, directement inspirée de ses prédécesseurs, de la culture et de l'environnement. En puisant des éléments clés dans ces sources, le processus de conception parvient à créer quelque chose d'entièrement nouveau et pourtant de profondément familier.
L'idée centrale repose sur la déconstruction et la reconfiguration de la maison traditionnelle Ifugao. Grâce à l'intégration des avancées technologiques modernes dans le domaine de la construction, le projet acquiert une dimension plurielle. Ainsi, les bénéficiaires de cet environnement bâti ne se limitent pas à ses seuls utilisateurs, mais s'étendent à la communauté et à l'environnement qu'il influence.
Le peuple Ifugao est fier de son artisanat, notamment la sculpture sur bois, le tissage et autres techniques. Lorsqu'il n'est pas occupé à cultiver le riz indigène « tinawon » sur les rizières en terrasses des montagnes de Banaue, il tire profit de cet artisanat pour compléter les revenus de ses familles. La culture du riz en terrasses, partie intégrante de leur culture, continue d'émerveiller des milliers de touristes du monde entier tout au long de l'année.
Dans cet esprit, ce projet offre à toute la communauté des rizières en terrasses de Banaue l'opportunité de participer à la rénovation du gîte. La conception s'appuie sur leurs savoir-faire, profondément ancrés dans leur culture et l'habitat traditionnel ifugao. Ainsi, cette rénovation contribue non seulement au soutien financier de la communauté de Banaue, mais renforce également la culture et la fierté des Ifugao.
Ce projet vise à insuffler un cycle régénérateur de croissance bénéfique. La conception de la maison d'hôtes privilégie non seulement l'expérience des touristes et des visiteurs des rizières en terrasses de Banaue, mais aussi la santé globale de la communauté et de son environnement. Nous sommes convaincus qu'aujourd'hui, l'intervention du concepteur doit adopter une approche multidimensionnelle afin de créer des environnements bâtis qui profitent non seulement à un groupe spécifique, mais aussi à tous les acteurs concernés et à la nature environnante.
« Le remarquable parcours de circulation additionnel du projet, qui maximise les vues sur le port, était l'itération la plus claire des projets ayant adopté une approche similaire. »
MVMNT
Alessandro Perri, Jules Gallissian [Italie – France]
Le MVMNT est une institution culturelle, un dispositif spatial, l'esprit du temps, le port du Havre, le souffle du vent, le flux de la mer.
Le brise-vent du Havre arbore désormais fièrement les initiales MVMNT sur sa voile emblématique en béton. Ce sont les initiales de la nouvelle institution qui s'y est installée : la Fédération de football et de soccer du Havre (FJST). Musée du Vent, de la Mer, de la Nature et des Technologies (Musée du Vent, de la Mer, de la Nature et des Technologies en français).
Ce nouveau lieu est fermement ancré dans l'identité locale de la ville, réunissant travailleurs, créateurs, chercheurs, résidents, étudiants et visiteurs pour réfléchir aux enjeux environnementaux et à notre avenir commun, en mêlant médias et institutions, typologies d'expositions et messages.
MVMNT est aussi l'incarnation même du mot mouvement (Le mot français signifie « mouvement »). Cinq des lettres ornent la façade tandis que les quatre autres ont glissé au sol pour devenir des pavillons qui organisent l'espace public au sud de la structure. Mouvement Le concept central du projet, véritable colonne vertébrale de sa conception, s'inscrit d'abord profondément dans le dynamisme historique du port du Havre, lieu d'échanges à travers les siècles. Il résonne ensuite à l'échelle urbaine, avec l'ambition de faire revivre un patrimoine architectural oublié et son environnement négligé. Cette notion se retrouve également au niveau programmatique, à travers une approche holistique du vivant, intégrant les éléments essentiels que sont l'eau et l'air – indispensables à toute forme de nature – ainsi que les technologies et le progrès, par définition en mouvement et en constante évolution. Enfin, sur le plan architectural, l'ajout d'une structure contemporaine dotée d'une façade mobile permet au musée de s'ouvrir entièrement le temps d'une saison, d'un mois, d'une semaine ou d'une journée, créant ainsi un espace hybride, abrité des vents dominants et suffisamment flexible pour accueillir expositions, événements, concerts, etc.
Cette seconde peau accueille les nouvelles passerelles, reliant les 9 modules existants sans perturber la structure en béton, devenant ainsi l'expression même des visiteurs se déplaçant verticalement, horizontalement et en diagonale à travers le musée.
Une fois fermé, ce nouveau système de passages s'intègre à la structure en béton, préservant la forme emblématique du bâtiment existant et constituant un axe de circulation principal pour les différentes pièces réparties sur les trois niveaux. Dans les deux configurations, la structure métallique donne accès au pont supérieur, offrant un panorama à 360 degrés sur la ville, le port et la mer.
La façade mobile est constituée de huit grues sur rails se déplaçant latéralement à travers les ouvertures existantes du voile de béton. La façade et les grues sont conçues pour faire écho aux matériaux, aux activités et aux infrastructures portuaires, si caractéristiques de la ville du Havre, de sa situation et de son histoire.
Le musée s'étend et se rétracte au gré des événements et des saisons : le MVMNT respire en harmonie avec les éléments, s'adaptant aux forces naturelles et humaines… et se tournant vers l'avenir.
Pour le peuple Ifugao, la terre est sacrée. Ils croient que si l'on respecte la nature, elle nous le rendra. Leur riche histoire culturelle en témoigne : ils considèrent la nature comme un trésor qu'il faut préserver. De la nourriture aux vêtements, en passant par les habitations et pratiquement tout ce dont on a besoin, la nature est source de leur attachement.
Quand on associe le mode de vie du peuple Ifugao à la beauté époustouflante des rizières en terrasses de Banaue, il n'est pas surprenant que des gens parcourent le monde pour s'immerger dans cet environnement pendant un certain temps, afin de ralentir le rythme.
Le design de Huk-Ot s'articule autour de cette idée, générant une solution créative inédite à un problème, directement inspirée de ses prédécesseurs, de la culture et de l'environnement. En puisant des éléments clés dans ces sources, le processus de conception parvient à créer quelque chose d'entièrement nouveau et pourtant de profondément familier.
L'idée centrale repose sur la déconstruction et la reconfiguration de la maison traditionnelle Ifugao. Grâce à l'intégration des avancées technologiques modernes dans le domaine de la construction, le projet acquiert une dimension plurielle. Ainsi, les bénéficiaires de cet environnement bâti ne se limitent pas à ses seuls utilisateurs, mais s'étendent à la communauté et à l'environnement qu'il influence.
Le peuple Ifugao est fier de son artisanat, notamment la sculpture sur bois, le tissage et autres techniques. Lorsqu'il n'est pas occupé à cultiver le riz indigène « tinawon » sur les rizières en terrasses des montagnes de Banaue, il tire profit de cet artisanat pour compléter les revenus de ses familles. La culture du riz en terrasses, partie intégrante de leur culture, continue d'émerveiller des milliers de touristes du monde entier tout au long de l'année.
Dans cet esprit, ce projet offre à toute la communauté des rizières en terrasses de Banaue l'opportunité de participer à la rénovation du gîte. La conception s'appuie sur leurs savoir-faire, profondément ancrés dans leur culture et l'habitat traditionnel ifugao. Ainsi, cette rénovation contribue non seulement au soutien financier de la communauté de Banaue, mais renforce également la culture et la fierté des Ifugao.
Ce projet vise à insuffler un cycle régénérateur de croissance bénéfique. La conception de la maison d'hôtes privilégie non seulement l'expérience des touristes et des visiteurs des rizières en terrasses de Banaue, mais aussi la santé globale de la communauté et de son environnement. Nous sommes convaincus qu'aujourd'hui, l'intervention du concepteur doit adopter une approche multidimensionnelle afin de créer des environnements bâtis qui profitent non seulement à un groupe spécifique, mais aussi à tous les acteurs concernés et à la nature environnante.
Le projet MVMNT donne naissance à une institution culturelle dynamique et ludique qui redynamise le brise-vent du Havre. Baptisé Musée du Vent, de la Mer, de la Nature et des Technologies, il invite des publics variés – travailleurs, créateurs et visiteurs – à s'intéresser aux thématiques environnementales et à l'identité locale. La conception privilégie le mouvement, avec une façade flexible qui s'ouvre pour accueillir différents événements et expositions, créant ainsi un espace dynamique qui s'adapte aux éléments. L'intégration de passerelles relie les modules existants tout en préservant la structure d'origine, enrichissant ainsi l'expérience des visiteurs. En définitive, le MVMNT est un projet captivant qui incarne l'esprit du Havre et son riche patrimoine.
Mentions honorables
(classés par code d'enregistrement)
Neptune
Adelaide Tremori, Luciano Ligorio, Marta Rosati, Daniele Breschi [Italie ]
Le projet prend forme au sein d'une structure en béton apparente existante, un volume brut et monumental qui intègre de nouveaux éléments : des conteneurs maritimes transformés en espaces d'exposition. Cette intervention architecturale établit un parallèle frappant entre la forme et le contenu du musée. De même que les conteneurs, conçus à l'origine pour un autre usage, trouvent une nouvelle fonction dans le vide du béton, les œuvres exposées — des sculptures marines oubliées et redécouvertes — renaissent dans un contexte qui en rehausse la valeur. L'insertion des conteneurs n'est pas seulement fonctionnelle, elle est aussi hautement symbolique. Ces volumes métalliques évoquent visuellement le monde maritime et portuaire, le transport et la conservation d'objets précieux, à l'instar des sculptures exposées, récupérées en mer et sauvées de l'oubli. La nouvelle fonction muséale des conteneurs transforme leur perception, de simples objets industriels à gardiens de l'art et de l'histoire. Le contraste des matériaux entre le béton brut et le métal des conteneurs souligne davantage le dialogue entre passé et présent, entre la ruine et l'intervention contemporaine. L'aménagement intérieur des conteneurs est minimaliste afin de ne pas détourner l'attention des œuvres d'art. Les sculptures sont disposées de manière à émerger comme des trésors retrouvés, baignées d'une lumière diffuse qui évoque le milieu marin, dans le but d'offrir aux visiteurs une expérience immersive, un voyage visuel et sensoriel entre passé et présent, entre la mémoire de la mer et la nouvelle vie de ce qui a été récupéré. De plus, deux piscines ont été aménagées à l'intérieur de la structure afin de redonner vie à cet espace qui était autrefois au bord de l'eau, mais qui était devenu inaccessible en raison de son utilisation portuaire. Ces éléments aquatiques rétablissent le lien entre le bâtiment et son environnement, invitant le public à faire l'expérience directe de l'eau. Les bassins, intégrés au béton brut, améliorent non seulement l'expérience des utilisateurs, mais soulignent également le thème maritime, transformant un espace auparavant inutilisé en un lieu actif et contemplatif qui célèbre à la fois l'art et la mer. L'introduction d'éléments aquatiques au sein du bâtiment rétablit un lien profond avec l'environnement extérieur, invitant le public à interagir directement avec l'eau. Les bassins, intégrés au béton brut, enrichissent non seulement l'expérience des utilisateurs, mais amplifient également le thème maritime, transformant un espace auparavant inutilisé en un environnement vivant et contemplatif qui célèbre à la fois l'art et la mer. De plus, la conception de deux zones distinctes — l’espace d’exposition et la zone sportive — créera une double dynamique qui explorera deux usages différents de l’eau. Le premier espace illustrera l'eau comme moyen de transport, révélant comment la mer recèle des trésors perdus et des histoires fascinantes le long de ses routes. Le second espace, consacré aux piscines, mettra l'accent sur l'eau comme outil pour les activités sportives et la participation communautaire, permettant aux citoyens d'interagir et de bénéficier directement de cette ressource essentielle. Cette double approche améliore non seulement l'expérience globale, mais favorise également une meilleure compréhension et une plus grande appréciation des différentes dimensions de cet élément.
Voile de la Libération_Musée des droits de l'homme du Havre
Yunzhao Wei, Wenzhuo Cai, Ruoxi Li [Chine]
Le commerce triangulaire du Havre et l'héritage de l'esclavage
Le Havre a joué un rôle central dans l'implication de la France dans la traite transatlantique des esclaves, et cet héritage se reflète dans le nom de ses rues. La rue Jules Masurier porte le nom d'un maire qui a continué le commerce d'esclaves bien après son abolition. La rue Begouen rend hommage à Jacques-François Begouën, un négrier qui défendait l'esclavage comme un élément essentiel de l'économie.
La prospérité économique du port du Havre et son développement industriel reposent sur l'exploitation. Malgré cela, la reconnaissance par la ville de son sombre passé reste minime, une simple plaque commémorative rappelant son implication dans la traite négrière étant la seule chose qui compte. Ce projet vise à rompre ce silence et à explorer l'héritage complexe du Havre à travers l'architecture, en mettant en lumière les récits des opprimés.
Faire face à l'histoire : un moment pour la réconciliation
Il existe, à travers le monde, des exemples de communautés qui font face à leur passé. À Asunción, la statue du dictateur Alfredo Stroessner a été démontée puis remontée en un monument dédié à ceux qui lui ont résisté, transformant ainsi un symbole d'oppression en symbole de libération. Cette idée de reconfiguration des monuments oppressifs nous inspire pour notre approche du mur brise-vent du Havre.
Le mur brise-vent, tel une statue, incarne physiquement une histoire d'oppression, rappelant sans cesse la traite transatlantique des esclaves qui a bâti la prospérité du Havre. Sa présence massive et inébranlable symbolise le poids de l'injustice et de l'exploitation. En déconstruisant et en reconfigurant cette structure rigide, nous souhaitons briser symboliquement l'héritage d'oppression qu'elle représente. En réassemblant ses éléments en une structure dynamique, nous la transformons en symbole de libération, représentant la rupture des chaînes de l'esclavage. Cette transformation métamorphose un symbole d'injustice et d'oppression en un phare d'espoir et de liberté.
Inspiration architecturale : stabilité et fragilité
Notre projet s'inspire des œuvres de John Hejduk et Benjamin Langholz, qui explorent l'équilibre entre stabilité et fragilité dans leur architecture. « La Maison du suicidé » et « La Maison de la mère du suicidé » de Hejduk utilisent des formes architecturales pour protester contre l'oppression soviétique en Tchécoslovaquie, tandis que « Pierre 27 » de Langholz présente un fragile escalier circulaire de pierres suspendues à de fines tiges métalliques, créant une tension entre fragilité et force.
Pour le mur brise-vent du Havre, nous avons combiné ces thèmes. Le mur de béton existant, massif et stable, représente les forces oppressives du passé. Notre intervention introduit une structure membranaire légère et translucide qui traverse le béton, symbolisant la fragilité et la résilience de la libération. Cette tension dynamique entre le béton solide et la membrane délicate évoque la fragilité de la liberté et la force nécessaire pour surmonter l'oppression historique.
Au cœur de ce réaménagement se trouve la transformation du mur en musée des droits humains. Ce musée sera un lieu de réflexion, de mémoire et de plaidoyer pour la justice et l'égalité. Son architecture reflète l'équilibre fragile entre la force des mouvements de défense des droits humains et la fragilité de leurs progrès. En s'affranchissant du poids de l'histoire, le bâtiment devient un symbole de résilience, de transformation et d'espoir, incarnant un avenir qui transcende les injustices historiques tout en rendant hommage à la lutte continue pour la dignité humaine.
LE MOULIN À DOCK
Rémi Morisset, Léo Bansaye [France]
UN CHANGEMENT DE PARADIGME
Le projet Dock Mill est une invitation à renverser un paradigme ancestral lié aux forces élémentaires : « compagner » plutôt que subir. Pendant des siècles, l’être humain a exploité la puissance du vent pour se développer, naviguer, se nourrir et s’enrichir, mais paradoxalement, il a développé une attitude de crainte et de rejet envers lui. Il n’a jamais réussi à le dompter pleinement, et son aversion n’a cessé de croître. L’immense friche du brise-vent, vestige de l’âge d’or révolu de la ville, symbolise cette peur : sa forme a certes protégé le port du vent, mais sans jamais parvenir à le maîtriser. Comment apprivoiser à nouveau cette force élémentaire par l’architecture, afin de ne plus la subir, mais de la célébrer ?
CÉLÉBRER LE VENT
L'intervention proposée vise à préserver et à mettre en valeur le patrimoine plastique et formel du bâtiment, tout en incarnant des ambitions nouvelles et plus résilientes, à la hauteur des grands défis auxquels l'humanité est confrontée au XXIe siècle. Le Docklands Mill, véritable analogie avec le moulin à vent, éveillera les sens des visiteurs par l'animation de son architecture, qui se meut au gré des vents et des tempêtes. Il révélera ainsi et illustrera concrètement le caractère unique d'un lieu dominé par les forces élémentaires et les infrastructures portuaires monumentales.
L'éolienne attirera le public dans un espace muséal dédié à la découverte du vent, de son histoire et de ses liens avec l'humanité, les villes, la science et bien d'autres domaines. Elle éveillera les sens, popularisera cette force et incarnera les grands défis que le vent peut relever, grâce à un espace de production d'énergie immersif et accessible à tous.
LE DOCK MILL : UNE RECONNECTION ENTRE LE PORT INDUSTRIEL ET LA VILLE
Bien que le lien entre Le Havre et sa zone portuaire industrielle fasse partie intégrante de l'identité de la ville et de ses habitants, il s'est dégradé au cours des 50 dernières années. Aujourd'hui, le moulin ambitionne de recréer ce lien. Mais comment recréer cette connexion alors que la situation géographique du bâtiment rend difficile un raccordement physique au territoire ?
La plateforme mobile du moulin, véritable extension flottante du bâtiment, sillonnera les eaux de l'estuaire et des quais tel un signal, reconnectant ce site méconnu aux principaux centres urbains, culturels et festifs de la région. Elle transportera le public et animera différents espaces publics de la ville en y faisant escale de temps à autre.
Cela permettra au bâtiment et au Musée du Moulin de rayonner bien au-delà de leurs frontières, leur assurant une place de choix dans l'imaginaire collectif des Havrais et des voyageurs. Forte de cette ambition, Le Havre affirmera haut et fort son identité industrielle. C'est grâce au vent que cette nouvelle symbiose prend forme, conjuguant imaginaire partagé, programmes fédérateurs et reconnexion par une mobilité fluviale durable.
Musée maritime BVH
Marco Setaro, Laura Sirtori, Giuliano Coppola [Italie]
Le Musée maritime BVH incarne une vision novatrice pour l'avenir du port du Havre, mettant en lumière le Brise-Vent comme symbole du lien entre le passé et le présent de la ville. Ce projet vise à régénérer le port, à le transformer en un véritable pôle culturel, et non plus seulement en un espace physique, où la mer et la ville s'entremêlent. Ainsi, le port devient un pont entre l'eau et la terre, entre l'histoire et le futur. La mer, qui jadis apportait marchandises et personnes, retrouve toute sa place, reconnectant la ville à son âme maritime.
L'idée s'inspire de l'imagerie d'un chantier naval, réinterprétant la « Brise-Vent » comme la quille d'un navire. Le projet introduit une nouvelle structure légère en acier anodisé rouge, évoquant visuellement et symboliquement les échafaudages utilisés dans la construction navale. Cette architecture contemporaine fait office d'« échafaudage » qui, métaphoriquement, reconstruit la « Brise-Vent », lui conférant une nouvelle fonction et une signification renouvelée. La structure devient un système d'accès et de liaison entre le musée et le port, permettant une expérience fluide des espaces.
L'élément architectural se compose de piliers inclinés et de passerelles surélevées, cernés de parois vitrées offrant une vue imprenable sur le port et la mer. Le rez-de-chaussée, entièrement ouvert, invite le public à circuler librement, instaurant un dialogue direct entre le musée, la ville et ses visiteurs. Ce projet n'est pas seulement un bâtiment, mais un parcours dynamique, une invitation à redécouvrir l'histoire maritime du Havre à travers une expérience immersive.
Le Musée maritime BVH n'est pas un musée traditionnel, mais un centre pluridisciplinaire qui célèbre l'âme maritime du Havre. Le rez-de-chaussée abrite des expositions permanentes consacrées à l'histoire du port et de la vie navale, avec des reconstitutions immersives et des espaces thématiques. Les étages supérieurs accueillent des expositions temporaires explorant la culture maritime locale et internationale, ouvrant ainsi le musée sur le dialogue mondial.
L’ensemble du projet ambitionne de devenir un nouveau symbole culturel pour Le Havre, où tradition et innovation architecturale se rencontrent, créant une vision contemporaine de l’avenir du port et de la ville. Dans cet espace, le passé maritime s’entremêle au présent, transformant le port en un lieu de rassemblement, et non plus seulement en un lieu de transit.
LE HAV // RE
Victor Sanz, Hugo Rovirosa, Paula Grande, Sofía García, Luis Molinero [Espagne]
Afin de rénover Le Brise Vent et de le réintégrer à la ville, un système fonctionnel en bandes est proposé, adhérant à la structure en béton préexistante, constitué de trois volumes en bandes décalés les uns par rapport aux autres dans une tension géométrique.
Le volume A, une structure fermée nouvellement construite, abrite le nouveau musée, une salle de concert, une bibliothèque et des bureaux privés. Recouvert d'une structure continue en plastique translucide, il brille la nuit et devient un point de repère visible depuis le centre-ville.
Le volume B, le volume intérieur, contient les communications verticales, les toilettes et d'autres espaces auxiliaires spécifiques qui soutiennent les programmes principaux contenus dans le volume A, ainsi qu'un couloir intérieur qui distribue horizontalement le bâtiment.
Le volume C, qui correspond à la structure préexistante de Brise Vent, abrite des espaces commerciaux reliés au couloir intérieur, ainsi qu'un jardin extérieur où la nature reprend ses droits sur la structure en béton, offrant un lieu de repos extérieur final après la visite des expositions.
Une ouverture transversale extérieure traverse les trois bandes, formant une rue extérieure. Cet espace contribue à rompre la verticalité imposante du bâtiment et sert également de hall d'accès principal et de zone de distribution pour le complexe.
L'île restante se transforme en un nouvel espace urbain, intégrant des équipements sportifs et un parking. Les deux canaux prévus permettent à la mer de pénétrer dans ces espaces, soulignant ainsi comment cette nouvelle architecture se reflète sur la mer et devient un nouveau repère dans le paysage nocturne du Havre.
Brise-Vent Havre 2.0
Le chemin vers l’eau – Grzegorz Konieczny, Aleksandra Bator, Elina Timergalieva [Pologne – Russie]
Ce projet, qui privilégie la structure existante, vise non pas à en altérer la valeur, mais à souligner son importance dans le contexte actuel par la mise en œuvre d'une nouvelle architecture. L'approche proposée consiste à adapter la structure préservée à de nouvelles fonctions, à lui insuffler une nouvelle vie et à y intégrer divers programmes incitant les visiteurs à explorer le port du Havre. Son lien fort avec la mer, ainsi que l'expérience de l'eau, sont des éléments clés dans la conception des expositions muséales envisagées.
Concept
Le nouveau volume, intégré derrière la structure existante, a été ajouté tout en préservant sa fonction première de barrière physique protégeant les navires des intempéries. Le projet proposé réinterprète cette fonction dans une perspective plus symbolique : « Le Havre » protège les espaces nouvellement créés, assumant pleinement son nouveau rôle et devenant simultanément un repère marquant dans le contexte portuaire existant. La méthode de construction du nouveau bâtiment s’appuie sur le module de la structure existante, ce qui définit une configuration claire pour le nouveau projet.
Programme
Le nouveau programme s'articule autour de trois axes principaux. La partie nord est dédiée au musée, qui abrite des expositions temporaires et permanentes, et intègre des espaces de vie tels qu'un auditorium, une bibliothèque et un restaurant avec vue imprenable sur l'eau. La zone centrale, dédiée à la circulation principale, offre un espace ouvert qui guide les visiteurs à travers le bâtiment et leur permet d'interagir avec la structure préservée. La zone sud, occupée par le mur existant, a été aménagée principalement pour les services techniques, ainsi que pour des espaces verts propices à la détente et à la contemplation. Les ouvertures de la façade existante ont été conservées, permettant à la végétation de s'entremêler aux espaces intérieurs. Ceci renforce le lien entre le bâtiment et le parc aménagé à proximité. Les espaces intérieurs du musée, partiellement visibles de l'extérieur, s'étendent au-delà de la façade principale et forment des volumes variés. Cette conception offre une plus grande flexibilité d'adaptation à l'évolution future du bâtiment et crée une harmonie visuelle pour la façade extérieure.
l'énergie
La nouvelle partie du projet est spécifiquement dédiée aux espaces muséaux. À travers diverses expositions, elle vise à immerger les visiteurs dans une expérience immersive autour de l'eau et à approfondir leur compréhension des liens étroits qui unissent la ville et la mer. L'espace s'articule autour d'un nouveau parcours intérieur, conçu comme une promenade guidant les visiteurs de l'entrée à travers toutes les zones proposées, dont une exposition sous-marine. Enfin, les visiteurs atteignent un point de vue panoramique sur l'eau, point d'orgue de leur parcours. Ce point de vue met en lumière le thème principal de l'exposition : les relations physiques et spirituelles entre l'eau et l'humanité.
Musée des énergies Légères
Maxime Pauzon, Marion Filliatre [France] www.pauzonfilliatre.com
Le Musée des Énergies Légères ambitionne de revitaliser une partie du Brise-vent, site emblématique du Havre, en transformant cet édifice industriel en un espace culturel dédié aux énergies renouvelables. Le projet vise à harmoniser histoire et innovation en s'inspirant des contours de ce patrimoine industriel.
La première phase consiste à restaurer minutieusement le Brise-vent, en supprimant les ajouts ultérieurs afin de révéler sa structure d'origine et son esthétique brute et intemporelle. Cette restauration rend hommage à la force évocatrice de l'architecture industrielle tout en ouvrant la voie à de nouvelles possibilités fonctionnelles.
Le projet met ensuite l'accent sur l'adaptabilité et la fonctionnalité. Les réseaux et les services publics seront acheminés le long de la passerelle supérieure, qui servira à la fois de promenade et de point d'observation sur le paysage environnant – une solution alliant efficacité et élégance. Des escaliers, placés tous les deux évents, relieront les trois niveaux. À l'intérieur, la hauteur sous poutres du musée créera un espace propice à la découverte et à la contemplation. Une tôle ondulée perforée, alignée sur les poutres, offrira une protection discrète tout en préservant l'atmosphère industrielle du Brise-vent.
Les trois dernières travées du bâtiment abriteront les espaces d'exposition du musée, la boutique et le restaurant avec terrasse. Au premier étage, l'auditorium, situé à la proue du Brise-vent, offrira une salle polyvalente. Des laboratoires avec vue panoramique sur le musée seront complétés par une bibliothèque en mezzanine donnant sur les expositions temporaires.
Le musée aura pour objectif de sensibiliser le public au vent, force invisible et pourtant puissante qui a façonné le Brise-vent. À travers des installations interactives, des expositions pédagogiques et des œuvres artistiques, les visiteurs découvriront le vent comme une source d'énergie durable et une force vitale capable de transformer notre environnement. Le Musée des Énergies Lumineuses permettra aux visiteurs d'explorer le vent non seulement comme un phénomène météorologique, mais aussi comme une ressource précieuse pour l'avenir.
Le jardin des énergies lumineuses, situé au sud du bâtiment, servira de modèle d'autonomie énergétique pour le musée. Intégrant des éoliennes et des panneaux solaires, ce jardin produira de l'énergie renouvelable tout en illustrant la symbiose entre architecture et environnement. Les eaux pluviales collectées le long de la façade incurvée du Brise-vent seront stockées dans des bassins, et la replantation d'espèces locales permettra de restaurer la précieuse biodiversité de la zone portuaire industrielle. Au nord, le projet enrichira le tissu urbain en créant un parking à vélos, un skatepark, une scène musicale, des aires de jeux pour enfants et des espaces de contemplation soigneusement aménagés offrant des vues sur la mer, le port et la ville. Cette mixité fonctionnelle favorisera les mobilités douces et intégrera harmonieusement le musée à son environnement urbain.
Les travées restantes de la structure accueilleront des commerces, des bureaux et des espaces modulables, répondant ainsi aux besoins évolutifs du quartier. Le Musée des Énergies Légères ne se contentera pas de réhabiliter un bâtiment, mais incarnera une vision audacieuse pour Le Havre, tissant un lien entre histoire industrielle et promesse d'un avenir énergétique, tout en célébrant le dialogue entre architecture, environnement et communauté.
Inspiré par l'esprit communautaire des Dapay, le lodge dispose d'un vaste espace de rassemblement entourant une cheminée centrale, véritable cœur du lieu (1). Ici, habitants et touristes peuvent se retrouver pour partager des histoires, participer à des rituels et s'immerger dans la riche culture Ifugao.
S'inspirant des habitations traditionnelles Bale des Ifugao, Bahay Dap-ay associe des toits de chaume confectionnés dans le style vernaculaire à des toitures en ardoises de pierre locale, rappelant l'utilisation de la pierre par les populations autochtones, notamment sur les rizières en terrasses. Ce choix architectural original rend hommage à des techniques et matériaux de construction ancestraux et symbolise la résilience et l'indépendance du peuple Ifugao.
Le paysage villageois existant s'adapte aux contours naturels du terrain et des rizières en terrasses, s'intégrant harmonieusement au relief montagneux. L'agencement du lodge suit cette même logique, créant ainsi un microcosme de la société de Banaue. Cette intégration réfléchie fait de Bahay Dap-ay un modèle de développement respectueux et durable, harmonisant les nouvelles constructions avec le contexte historique et environnemental de Banaue (2).
Guidées par les murs des rizières en terrasses, des allées sinueuses ornées de carreaux aux motifs inspirés du tissage traditionnel de la Cordillère (3) invitent les visiteurs à une connexion plus profonde avec la terre et ses habitants. À chaque pas, ils s'immergent dans l'univers des Ifugao, le lodge offrant des espaces propices aux rencontres et à la contemplation (4).
L'emprise architecturale est volontairement réduite afin de souligner l'importance de la riziculture dans les zones préservées du site. Le riz est essentiel à la prospérité du peuple Ifugao, et Bahay Dap-ay en souligne l'importance en entourant tous les bâtiments et les allées de rizières et de leurs eaux. Symbole et motif omniprésent, le riz constitue le fondement même du lodge et de la communauté.
Bahay Dap-ay est bien plus qu'un simple lieu d'hébergement ; c'est un hommage vivant aux riches traditions et à l'esprit novateur du peuple Ifugao. En s'appuyant sur le patrimoine culturel matériel et immatériel de la région, Bahay Dap-ay offre une expérience immersive qui honore la culture Ifugao tout en promouvant un avenir durable pour la communauté de Banaue.
Zephyr
Samuel Cabiron, Louis Schreiner [France]
Il veille sur les rivages endormis du Havre. Au cœur de l'horizon, le colosse trapu se dresse tel un écran. L'édifice mystérieux, comme en apesanteur au-dessus de l'eau, étend son ombre noire sur les quais déserts. Le sifflement du vent qui s'engouffre dans sa structure évoque les chants de marins, entonnés pour se donner du courage dans la tempête.
Côté port, à mesure qu'on s'approche, le mur de béton se dessine. Véritable forteresse désertée, seules les inscriptions publicitaires encore visibles sur sa surface témoignent d'une époque révolue.
Au loin, côté ville, on aperçoit une étrange nappe blanche qui ondule au rythme des rafales de vent. Au pied du géant endormi, la parcelle de terre laissée en friche se métamorphose en un parc fertile où animaux, plantes et insectes vivent en harmonie.
Un quadrillage est tracé au sol : il structure, organise, délimite des sous-espaces et ramène cette vaste étendue à une échelle familière aux piétons. Les joints creux entre les dalles laissent entrevoir des rayons d’herbe qui s’étendent jusqu’à l’horizon.
Les arbres plantés projettent leur ombre rafraîchissante sur le sol, et le mobilier urbain invite les promeneurs à s'approprier les lieux.
Au niveau du sol, là où la coque de béton rencontre la terre, des escaliers en spirale, intégrés à la structure, permettent de quitter la terre ferme et de monter à bord du navire. On se retrouve projeté dans les entrailles du monstre. L'étrange paroi mouvante nous apparaît comme une voile tendue par des câbles, sa forme épousant la courbe du bâtiment. La paroi mince protège autant qu'elle dévoile le paysage portuaire à travers son tissu translucide. Telle une ligne continue, une passerelle relie tout le niveau, conçu comme un plateau aux possibilités infinies. Ses usagers peuvent se l'approprier, et le traverser est une expérience sensorielle. Il en résulte un étage où peuvent se dérouler toutes sortes d'activités culturelles. Expositions, projections et spectacles de toutes sortes peuvent coexister dans un espace flexible et évolutif.
Penché par-dessus la rambarde pour contempler le vide, on aperçoit une rue à ciel ouvert sous nos pieds, où les passants déambulent librement. Les murs en béton du rez-de-chaussée ont été conservés et les ouvertures ornées de fenêtres. Ces volumes cubiques se transforment en espaces d'exposition que les artistes peuvent louer à prix modique pour y présenter leurs œuvres.
Le dernier étage, sous le toit en pente, est un observatoire où l'on peut passer une nuit à la belle étoile. C'est un musée à ciel ouvert où l'on peut contempler les étoiles et les lumières de la ville.
Centre de nettoyage des mers
Julien Thomas, Joseph Linden [France]
Le Sea Cleanup Center est à la fois un espace culturel, environnemental et social.
Il anime le quai du Brise-vent et rassemble diverses activités, toutes liées à la thématique du musée, le nettoyage des mers. Situé au cœur du port industriel du Havre, il contraste avec cet environnement pollué et sensibilise aux enjeux environnementaux et à leurs solutions pour un avenir meilleur.
Ce centre, situé à l'écart du centre-ville, est accessible à vélo, en bateau ou à pied par les voies aménagées dans le cadre de ce projet. Le Centre de nettoyage des mers offre une conclusion pittoresque à ce parcours, depuis une longue passerelle piétonne. La promenade, élément central du projet, dessert le port et le brise-vent et offre de magnifiques points de vue. Sa couleur rouge, inspirée des teintes industrielles des conteneurs maritimes, contraste avec le brise-vent.
Le brise-vent, second élément, est réhabilité tout en préservant sa forme et sa structure d'origine, par la suppression de cloisons et de certains planchers. Ce choix préserve le caractère patrimonial de cette forme unique, inscrite dans l'histoire du Havre. Un mur-rideau habille la façade nord du bâtiment, dont le dessin fait écho aux façades d'Auguste Perret, architecte emblématique de la ville.
Le brise-vent abrite diverses activités. Le musée occupe l'extrémité de la structure, réunissant trois travées en un vaste espace continu. Le reste du brise-vent est conçu pour des usages flexibles et évolutifs, permettant une grande variété de fonctions qui animent le lieu. On y trouve des commerces, des ONG, un bar, des bureaux et un institut de recherche sur le nettoyage des milieux marins.
Au sud du brise-vent se trouve une butte qui prolonge sa courbe. Elle abrite un parc d'expositions artistiques et met en valeur la biodiversité des landes. Un second chemin traverse le parc et offre de magnifiques panoramas. Ce parc mêle espaces de végétation et abris pour la faune sauvage à des sentiers ponctués de plateformes pour des expositions de sculptures contemporaines. Un amphithéâtre face au brise-vent accueille des concerts, des pièces de théâtre et des conférences.
La promenade le long de la jetée offre une expérience unique : grâce à la nature qui fait son retour dans cet espace artificiel, grâce à des programmes variés qui offrent de multiples raisons de s'y rendre, et grâce à sa passerelle qui offre des vues exceptionnelles sur le Brisevent et le port.
Le site se situe à la limite entre les zones résidentielles et les terres agricoles. Pour les touristes venus admirer les rizières en terrasses de Banaue, le Banaue Ground offre un lieu de repos et une expérience inédite. Afin de présenter les rizières en terrasses dans leur état naturel, le Banaue Ground a été aménagé sans aucun remblayage ni excavation. Les touristes peuvent ainsi pleinement apprécier les rizières en terrasses de Banaue, tandis que les habitants bénéficient d'un espace qui conserve des formes et une atmosphère familières.
Banaue Ground sert d'espace tampon où résidents et touristes aux perspectives différentes peuvent se rencontrer. Grâce à ses divers programmes, il vise à devenir un bâtiment durable qui s'adapte à l'évolution de la société.
Les terres, cultivées par le peuple Ifugao grâce à la riziculture, sont inondées la moitié de l'année. Tirant parti de cette particularité, nous avons aménagé des espaces aquatiques sur le site et surélevé le premier étage au-dessus de ces zones d'eau. Nous nous sommes inspirés de la hiérarchie spatiale des maisons traditionnelles Ifugao, en concevant le premier étage comme espace public et le second comme logement privé, divisé en unités distinctes. Le Banaue Ground, composé de deux niveaux, a été conçu en terrasses afin de s'harmoniser avec le relief environnant.
La structure générale de Banaue Ground est construite sur une ossature en bois, évoquant les maisons traditionnelles, et vise à s'intégrer harmonieusement à l'environnement. Les touristes découvrent l'architecture traditionnelle des maisons à travers les structures en bois des chambres. L'architecture de ces dernières réinterprète la forme à pignon des maisons traditionnelles Ifugao et s'intègre au paysage de Banaue grâce à des structures segmentées d'une échelle similaire à celle des bâtiments voisins.
La cour intérieure, de forme circulaire et située au centre du premier étage, offre une vue panoramique à 360 degrés sur le paysage environnant. La lumière naturelle y pénètre de tous côtés, et le toit de la cour est ingénieusement relié au système d'irrigation sophistiqué de Banaue, qui achemine l'eau vers cet espace. Cette eau, en circulant, crée un spectacle unique et captivant pour les visiteurs.
La cour est conçue comme un espace aux multiples possibilités, où les visiteurs peuvent découvrir et échanger avec le peuple Ifugao.
L'hébergement au deuxième étage comprend cinq chambres privées et une chambre familiale, pouvant accueillir au minimum sept personnes. Après leur enregistrement dans le hall du rez-de-chaussée, les touristes accèdent à leurs chambres au deuxième étage, pour une immersion en pleine nature. Ces hébergements privés offrent un havre de paix pour la suite de leur voyage, avec des salles de bains privatives et une vue imprenable sur les magnifiques paysages de Banaue.
Lieu de Mémoire : 99 façons de s'attarder
Marcus Brett, Monroe Masa, Marcus Brett [Australie]
Le bâtiment s'inspire, sur le plan programmatique, du « Lieu de Mémoire » de Pierre Nora et des « Exercices de style » de Raymond Queneau, poète, romancier et philosophe littéraire havrien, qui proposait de raconter une même histoire de 99 manières différentes. De la même façon, nous concevons le Brise-Vent comme un lieu-réceptacle de souvenirs, un espace où ces souvenirs et expériences se façonnent au gré d'une multitude d'espaces uniques et variés. Chaque entrée, couloir, recoin, marche, escalier, passerelle, studio et hall est un espace propice à une reprogrammation constante. La conception y parvient grâce à des éléments plus ou moins importants et aux processus suivants :
- Temporalité : intégration d’éléments de design mobiles et modulaires. Il s’agit de murs de galerie modulables, de coins lecture près des fenêtres intégrant des œuvres d’art éphémères, de bannières imprimables au plafond et d’une programmation d’art public évolutive. Murs et fenêtres s’ouvrent, les voiles se déplacent.
- L'espace invite à la flânerie : un ralentissement délibéré du rythme de circulation, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. La conception encourage la déambulation, les pauses, la contemplation et la contemplation grâce à une circulation complexe offrant de nombreux espaces pour s'asseoir, se reposer, marcher, observer et admirer le paysage.
Le projet consiste en une réhabilitation respectueuse et potentiellement réversible du bâti existant, préservant ainsi la valeur patrimoniale du Brise-Vent. Tous les éléments, des structures principales aux petits bancs et appentis, seront installés avec précision et démontables lorsque cela est possible. La fonction première du Brise-Vent, celle de brise-vent, sera également rétablie grâce à la nouvelle construction.
Lieu de Mémoire : Éléments majeurs
Le long contexte militaire et maritime du site, sa destruction en 1944 et sa reconversion en grand port maritime et fluvial suggèrent une réinterprétation du langage architectural des docks et des chantiers navals à des fins culturelles, par le biais des matériaux et de la géométrie typique. À cette fin, nous proposons six formes principales :
- La Tourbière : une zone humide renaturée au périmètre sud prévue avec le FDC76.
- Un Phénix : une allée circulaire qui fait écho à la fonction des caissons Phoenix de 1944.
- Bâtiments linéaires : nichés derrière la façade nord abritée qui fait écho au rythme et aux formes des paquebots.
- Une cheminée : un escalier de navire et un noyau vertical reliant tous les niveaux.
- Trois Longerons ou 3 Spars : passerelles surélevées reliant tous les volumes du bâtiment et permettant des vues panoramiques du Havre.
- Une Nouvelle Voile : ressemblant à la coque d'un bateau renversé qui apparaît sur la crête de la Brise : sa fonction est d'ombre, d'abri pour les bateaux amarrés au nord et de panneau d'affichage pour le Havre.
Le langage matériel du projet revisite et adoucit la froideur fonctionnelle de l'acier et du béton brut des docks en privilégiant le bois local. Les géométries formelles font écho à celles de l'industrie : charpentes porteuses, pilotis et fermes, mais construites avec délicatesse, à ossature bois, enveloppées de verre finement travaillé et d'aluminium bronzé. Le projet offre des espaces propices à la flânerie : allées ouvertes, ateliers d'artistes à louer, galeries modulables et espaces de spectacle de toutes tailles : au moins 99 façons de s'attarder.
Finalistes
(classés par code d'enregistrement)
Le Havre – Maison de la Mémoire
Jo Janssen, Bram Bemelmans, Ilana van den Broek, Maud van Oerle [Pays-Bas – Belgique] www.jojanssenarchitecten.nl
Le Musée des Forces Naturelles
Liza Brilliantova, Alexander Meshin, Misha Ershov, Ekaterina Kasumova, Kristina Babyuk, Ksenia Korobchenko [Russie] www.abmayak.com
Un catalyseur pour la transition énergétique
Benjamin Henry, Géraldine Thomas, Alice Raimond, Agathe Ramadier [France] www.hethos.fr
Projets en vedette
(classés par date de demande)
Même si tous les projets ne sont pas retenus pour la phase finale, nous sommes convaincus que beaucoup méritent d'être mis en avant ! C'est pourquoi nous avons créé cette section spéciale afin de promouvoir les créations les plus innovantes et les talents émergents de notre communauté internationale.
Soumettez votre demande de publication de votre projet sur notre site web et nos comptes Instagram.
Port de l'Avenir
Gerrit Kuhn, Eric Pfromm, Sebastian Mends-Cole [Allemagne] – www.bfgf.de
Port de l'Avenir
C'est notre avenir. Brise Vent sera un lieu de concertation pour façonner le monde que nous bâtirons. Son architecture et sa programmation refléteront la fluidité de notre avenir.
Un musée central et un centre d'information organiseront sept Espaces d'Impact, où des projets seront développés et partagés. Ces Espaces seront renouvelés au fur et à mesure que de nouveaux thèmes émergeront.
L'architecture sera résolument futuriste. La conception circulaire s'appuie sur une application novatrice des traditions locales et le réemploi des matériaux. Héritière des bauhüttes, la construction est envisagée comme un processus en constante évolution.
Port de l'Avenir ne sera jamais achevé, mais toujours en évolution. À l'image de notre avenir.
Échelle et récit : une narration entre monolithes
David Covarrubias, Rémy Mendoza [États-Unis]
Scale & Story vise à stimuler la croissance culturelle et la participation citoyenne dans le paysage fortement industrialisé du port du Havre. Ce dernier abrite de nombreuses installations colossales d'infrastructures, d'industries et de commerces. L'immensité des pétroliers et des paquebots de croisière qui y passent laisse une impression durable d'échelle, les passants se sentant rapetissés en comparaison. S'inspirant de ce constat et de la présence de nombreuses sculptures monumentales permanentes disséminées dans la ville, Scale & Story construit un récit autour de cette impression d'échelle en transformant Le Brise Vent en un musée d'art dédié aux installations artistiques surdimensionnées. En explorant l'imposante présence du Brise Vent, les visiteurs déambulent à travers des expositions à l'intérieur du musée et sur le site même. Offrir à la communauté la possibilité de parcourir un espace apparemment conçu pour les géants transforme cette mégastructure, longtemps ignorée, en un phare culturel pour la zone industrielle environnante.
Un élément essentiel de ce projet est que la circulation dans les espaces d'exposition invite les visiteurs à interagir directement avec Le Brise Vent. Plusieurs parcours permettent d'accéder à l'espace d'exposition clos, guidant les visiteurs vers les ouvertures pratiquées dans la structure en béton du Brise Vent. Passer sous le monolithe et émerger de l'autre côté pour découvrir une autre structure imposante transporte les visiteurs dans un autre univers artistique.
Le nouveau Brise-Vent
Alessandro De Santis
La Juanita Cette région d'Argentine, située sur les rives du fleuve Paraná, est intimement liée à la nature. Le nouveau projet, entièrement construit en bois, accorde une grande importance à l'intégration de la végétation existante et à l'aménagement paysager des espaces extérieurs. L'agencement intérieur a été pensé pour optimiser la vue sur le magnifique paysage fluvial, la nature environnante et l'ensoleillement. La maison se déploie sur deux niveaux, avec une entrée principale et une entrée secondaire. Au rez-de-chaussée, on trouve un espace de vie comprenant cuisine, salle à manger, salon, salle de détente et salle de bains. À l'étage, l'espace nuit se compose de trois chambres, d'une buanderie, d'une salle de repassage, d'une salle de loisirs, d'une salle de bains et d'un appartement d'invités. Ce dernier comprend un séjour, une cuisine, une chambre et une salle de bains. À l'extérieur, un parking pour deux voitures maximum permet un accès pratique à la maison tout en minimisant l'impact visuel des véhicules sur les espaces de vie. De l'autre côté, un espace barbecue avec une tonnelle complète l'ensemble. Dans la partie basse, une piscine avec un espace détente et un accès direct à la plage ont été aménagés. Le reste du terrain est transformé en parc afin de préserver le lien avec la nature. Lors de la conception, certains arbres et végétaux existants ont été déplacés autour de la maison et dans le parc. Tous les matériaux, intérieurs et extérieurs, ont été choisis pour minimiser l'impact environnemental. Un jardin sur le toit du nouveau bâtiment contribue à renforcer le contact avec la nature et à améliorer le confort thermique intérieur.
LE RIDEAU COMME ICÔNE
Catarina Cruz, Inês Camilo, Raquel Barbosa
MUSÉE AUGUSTE PERRET : ARCHITECTURE, HISTOIRE ET ART
Ruines du port. Dans le port du Havre, en France, se dresse la brise-vent, une structure de béton et d'acier conçue à l'origine pour protéger les navires du vent. Aujourd'hui, devenue obsolète, elle est abandonnée, vestige de l'ère industrielle, et se fond dans le paysage de navires et de conteneurs. Cette gigantesque structure d'acier évoque les coulisses d'un théâtre.
Le rideau comme icône. Un plan translucide recouvre la structure préexistante afin de l'étendre et de générer un nouveau programme. La surface est conceptuellement en retrait, laissant une partie du Brise-Vent découverte. Il en résulte l'image d'un rideau qui fait simultanément office de nouvelle icône muséologique du Havre et de mémoire vivante de la structure originelle.
Centre culturel. Ce port, autrefois très industrialisé, connaît une nouvelle vie, avec pour objectif de rapprocher les gens. Des allées vertes sont aménagées dans les friches urbaines menant au Brise-Vent. Son parking est réorganisé afin d'améliorer l'accès aux véhicules, notamment aux bus. Des restaurants sont prévus le long des quais, ainsi que des espaces de détente et de musique au bord de l'eau. Des zones sportives pour les skateurs sont aménagées au sud des ruines, de même que des espaces de loisirs tels que des jardins et des sentiers.
Musée unique en son genre. L'extension volumétrique reprend la trame structurelle de la structure préexistante, reliant les différents espaces par des plateformes qui épousent le mouvement ondulatoire du rideau et dessinent le parcours de visite sur les trois niveaux. La nouvelle façade est constituée d'une structure de poutres d'acier fixées aux dalles de béton, qui s'élèvent jusqu'au dernier étage, où elle s'ouvre sur un belvédère offrant une vue panoramique sur le paysage. Ainsi, le musée Auguste Perret, emblème tant attendu du port du Havre, est inauguré en hommage à son architecte d'origine.
Coexister avec l'ancien et le nouveau. Le rideau recouvre les six derniers modules, laissant les trois restants quasiment inchangés, seules leurs cloisons intérieures étant modifiées pour s'adapter à de nouveaux usages. À l'intérieur, les espaces d'exposition sont dynamiques et modulables, capables d'accueillir tout type d'exposition, tandis que les zones de service, de soutien et de communication verticale sont aménagées dans des espaces plus fermés et contrôlés, déployés sous la voile de béton. Les escaliers deviennent partie intégrante de l'exposition permanente du musée, présentant des formes singulières, tandis que l'escalier central s'ouvre sur l'extérieur.
LE RIDEAU COMME ICÔNE
Catarina Cruz, Inês Camilo, Raquel Barbosa
MUSÉE AUGUSTE PERRET : ARCHITECTURE, HISTOIRE ET ART
Ruines du port. Dans le port du Havre, en France, se dresse la brise-vent, une structure de béton et d'acier conçue à l'origine pour protéger les navires du vent. Aujourd'hui, devenue obsolète, elle est abandonnée, vestige de l'ère industrielle, et se fond dans le paysage de navires et de conteneurs. Cette gigantesque structure d'acier évoque les coulisses d'un théâtre.
Le rideau comme icône. Un plan translucide recouvre la structure préexistante afin de l'étendre et de générer un nouveau programme. La surface est conceptuellement en retrait, laissant une partie du Brise-Vent découverte. Il en résulte l'image d'un rideau qui fait simultanément office de nouvelle icône muséologique du Havre et de mémoire vivante de la structure originelle.
Centre culturel. Ce port, autrefois très industrialisé, connaît une nouvelle vie, avec pour objectif de rapprocher les gens. Des allées vertes sont aménagées dans les friches urbaines menant au Brise-Vent. Son parking est réorganisé afin d'améliorer l'accès aux véhicules, notamment aux bus. Des restaurants sont prévus le long des quais, ainsi que des espaces de détente et de musique au bord de l'eau. Des zones sportives pour les skateurs sont aménagées au sud des ruines, de même que des espaces de loisirs tels que des jardins et des sentiers.
Musée unique en son genre. L'extension volumétrique reprend la trame structurelle de la structure préexistante, reliant les différents espaces par des plateformes qui épousent le mouvement ondulatoire du rideau et dessinent le parcours de visite sur les trois niveaux. La nouvelle façade est constituée d'une structure de poutres d'acier fixées aux dalles de béton, qui s'élèvent jusqu'au dernier étage, où elle s'ouvre sur un belvédère offrant une vue panoramique sur le paysage. Ainsi, le musée Auguste Perret, emblème tant attendu du port du Havre, est inauguré en hommage à son architecte d'origine.
Coexister avec l'ancien et le nouveau. Le rideau recouvre les six derniers modules, laissant les trois restants quasiment inchangés, seules leurs cloisons intérieures étant modifiées pour s'adapter à de nouveaux usages. À l'intérieur, les espaces d'exposition sont dynamiques et modulables, capables d'accueillir tout type d'exposition, tandis que les zones de service, de soutien et de communication verticale sont aménagées dans des espaces plus fermés et contrôlés, déployés sous la voile de béton. Les escaliers deviennent partie intégrante de l'exposition permanente du musée, présentant des formes singulières, tandis que l'escalier central s'ouvre sur l'extérieur.
PROGRAMMER L'INATTENDU
Élisabeth Lemercier, Philippe Bona – www.bonalemercier.com
MUSÉE AUGUSTE PERRET : ARCHITECTURE, HISTOIRE ET ART
Ruines du port. Dans le port du Havre, en France, se dresse la brise-vent, une structure de béton et d'acier conçue à l'origine pour protéger les navires du vent. Aujourd'hui, devenue obsolète, elle est abandonnée, vestige de l'ère industrielle, et se fond dans le paysage de navires et de conteneurs. Cette gigantesque structure d'acier évoque les coulisses d'un théâtre.
Le rideau comme icône. Un plan translucide recouvre la structure préexistante afin de l'étendre et de générer un nouveau programme. La surface est conceptuellement en retrait, laissant une partie du Brise-Vent découverte. Il en résulte l'image d'un rideau qui fait simultanément office de nouvelle icône muséologique du Havre et de mémoire vivante de la structure originelle.
Centre culturel. Ce port, autrefois très industrialisé, connaît une nouvelle vie, avec pour objectif de rapprocher les gens. Des allées vertes sont aménagées dans les friches urbaines menant au Brise-Vent. Son parking est réorganisé afin d'améliorer l'accès aux véhicules, notamment aux bus. Des restaurants sont prévus le long des quais, ainsi que des espaces de détente et de musique au bord de l'eau. Des zones sportives pour les skateurs sont aménagées au sud des ruines, de même que des espaces de loisirs tels que des jardins et des sentiers.
Musée unique en son genre. L'extension volumétrique reprend la trame structurelle de la structure préexistante, reliant les différents espaces par des plateformes qui épousent le mouvement ondulatoire du rideau et dessinent le parcours de visite sur les trois niveaux. La nouvelle façade est constituée d'une structure de poutres d'acier fixées aux dalles de béton, qui s'élèvent jusqu'au dernier étage, où elle s'ouvre sur un belvédère offrant une vue panoramique sur le paysage. Ainsi, le musée Auguste Perret, emblème tant attendu du port du Havre, est inauguré en hommage à son architecte d'origine.
Coexister avec l'ancien et le nouveau. Le rideau recouvre les six derniers modules, laissant les trois restants quasiment inchangés, seules leurs cloisons intérieures étant modifiées pour s'adapter à de nouveaux usages. À l'intérieur, les espaces d'exposition sont dynamiques et modulables, capables d'accueillir tout type d'exposition, tandis que les zones de service, de soutien et de communication verticale sont aménagées dans des espaces plus fermés et contrôlés, déployés sous la voile de béton. Les escaliers deviennent partie intégrante de l'exposition permanente du musée, présentant des formes singulières, tandis que l'escalier central s'ouvre sur l'extérieur.
Le Musée du Vent
Roberta Fonti, Maike Steidler, Teodor Cazan [Italie – Allemagne – Roumanie]
« Venez donc me rejoindre, voilà le pays dans son beau, il ya du vent, de beaux nuages, des tempêtes ?. »1 (Claude Monet, 1864) Haudiquet, Annette et al. Le Vent : « Cela Qui Ne Peut Être Peint ». Pieuvre; MuMa, 2022. p. 117
Ce projet vise à valoriser le Brise-Vent du Havre dans son statut de ruine, tout en célébrant sa fonction originelle. Celle-ci est ici entendue comme représentative de l'expérience que l'on fait du paysage français et de sa beauté : le Vent.
Le vent est un élément qui caractérise ce lieu. Et il a inspiré des générations d'artistes et d'architectes.
Son port, construit en béton, fut l'une des plus grandes prouesses technologiques et techniques de la civilisation européenne du XXe siècle. Aujourd'hui, il renforce sa vocation en développant la production d'énergie renouvelable grâce à l'énergie éolienne.
C’est pourquoi un musée du Vent est proposé ici. Il s’agit d’appréhender notre passé, notre présent et notre avenir comme un seul et même instant, intégrant ces trois moments de l’histoire en un « instant » unique.
« Le peintre ne saurait représenter la secousse instantanée de l'arbre sous le vent sans y ajouter un peu de ce passé qui persiste, empiète toujours sur le présent, de ce futur sur lequel déjà le présent s'évase et mord, lesquels dessinent autour dudit « instant » comme une traîne confuse, une « frange indécise », « indistincte et floue », en bref, sans l'auréole de ces effilochures du temps ».2 Idem, p. 118
De ce fait, le musée a été conçu autour d'une place centrale servant à la fois de palier et de lieu de passage, séparant et reliant ces trois moments. En suivant les trois parcours principaux représentant ces trois moments de l'histoire :
i. Le passéLe chemin qui longe le Brise-Vent est subdivisé en quatre allées principales (en jaune) : 1. La Harpe Éolienne (le nouveau porche en bronze) ; 2. La Rose des Vents (la nouvelle promenade du front de mer et son escalier), située à l’extérieur et dotée de bancs en bronze immergés ; 3. L’exposition permanente sur le vent, qui observe le passé, située à l’intérieur du Brise-Vent ; et 4. Le chemin du Moulin à Vent (spécialement conçu pour les enfants), installé à l’extérieur et faisant office d’éclairage nocturne. Le Brise-Vent est ici conservé et complété par deux ajouts majeurs : i. un platelage en béton avec des marches et des rampes afin de rendre le Brise-Vent accessible à tous depuis la nouvelle place d’embarquement ; et ii. un nouveau porche, conçu comme une contre-façade en bronze patiné et orné, au niveau des ouvertures du Brise-Vent, de boiseries et de cordes harmonieuses. L’objectif est de faire du Brise-Vent lui-même une harpe éolienne. Une promenade en bord de mer a également été aménagée juste devant. Celle-ci vise à prolonger le Brise-Vent vers la mer à son extrémité la plus éloignée, l'exposant ainsi en permanence au vent.
ii. Le présentCe chemin se situe à mi-chemin entre notre passé révolu (Brise-Vent) mais toujours présent, et notre avenir incarné par la nouvelle usine Siemens. Cette usine exploite l'énergie éolienne comme source d'énergie durable pour façonner les paysages de demain. Ce chemin a été conçu grâce à une importante extension : un corps de bâtiment inséré dans la mer, abritant un auditorium (environ 2 000 places) et un espace d'expositions temporaires sur le thème du vent – aussi éphémère que soit cette expérience du beau, figée dans un instant présent. Épousant la forme actuelle du port, il se situe entre l'usine Siemens et le Brise-Vent, juste à gauche de la nouvelle place d'embarquement (chemin bleu). L'objectif est de créer une nouvelle topographie urbaine, offrant aux Havrais un espace de loisirs et de détente, au-delà du musée du vent.
Tirant parti du cycle des marées, un espace public captivant a été conçu. Il comprend une place publique pouvant accueillir un théâtre de plein air, située sur le toit de l'auditorium sous-marin, ainsi que deux espaces d'exposition sur Wind at the Brise-Vent et dans l'extension sous-marine (chemin rouge). Des espaces intérieurs ont été aménagés pour le stockage du matériel et des loges, notamment pour le théâtre de plein air. Un vaste foyer, s'élevant sur une hauteur de 14 mètres, caractérise l'espace sous-marin. De grandes installations suspendues au plafond y sont présentées et visibles depuis un balcon intérieur. La lumière naturelle pénètre par des ouvertures situées sur la place publique/théâtre de plein air. Des sanitaires publics, dotés d'une entrée indépendante, ont également été aménagés dans les espaces sous-marins, permettant un accès sans obstacle à l'auditorium. D'autres entrées accessibles aux personnes à mobilité réduite ont été prévues sur les côtés, pour le foyer et l'espace d'exposition temporaire.
iii. L'avenirUn parcours pédagogique (en violet) a été conçu, reliant la place d'embarquement à l'usine Siemens. Ce parcours permet de traverser le port et de découvrir le processus de fabrication des éoliennes modernes, de leur transport jusqu'aux premières étapes de leur production.






















































































































