Résultats du concours du 19/01/2026
Situé à flanc de colline à Banská Bystrica , le concours invitait les architectes à imaginer un nouveau quartier résidentiel capable de redéfinir le lien entre habitat, nature et vie communautaire. Le défi consistait à concevoir un quartier compact, à faible hauteur, qui concilie densité et ouverture, durabilité et confort, individualité et identité collective. Les participants étaient encouragés à concevoir un tissu urbain cohérent où les allées piétonnes, les jardins et les petites places relient harmonieusement les bâtiments et le paysage, favorisant un dialogue constant entre espaces intérieurs et extérieurs.
Les projets primés ont été salués pour leur clarté, leur cohérence et leur capacité à traduire une ambition conceptuelle en systèmes urbains aboutis. Le jury a mis en lumière les projets témoignant d'une solide compréhension de l'organisation spatiale, structurant avec succès les îlots, la circulation et les espaces ouverts en environnements fonctionnels et visuellement attrayants. Une attention particulière a été portée à l'intégration du paysage et des infrastructures vertes, contribuant à améliorer la performance environnementale et la qualité de vie. Certains projets se sont distingués par leur cohérence et leur identité architecturales, alliant des stratégies de façade soigneusement élaborées à des approches de construction modulaires et réalisables. D'autres ont été reconnus pour leur prise en compte de la topographie et leur capacité à créer des relations harmonieuses entre bâtiments et espaces partagés, ainsi que pour leur capacité à affiner progressivement des concepts ambitieux en plans directeurs réalistes et réalisables.
Terraviva félicite chaleureusement tous les participants pour leur créativité et leur dévouement, dont les propositions ont contribué à imaginer de nouvelles formes de vie où l'architecture, le paysage et la communauté sont profondément imbriqués.
1er PRIX
Collines de Sásová
Guzel Amirova, Anastasiia Grudeva [Kazakhstan]
Le projet propose un quartier résilient et spatialement cohérent à la frontière entre tissu urbain et paysage protégé à Banská Bystrica. Situé sur un terrain escarpé entre la ville existante et les pentes boisées de la Sásovská dolina, le plan directeur établit un cadre intégrant topographie, infrastructures vertes, diversité de logements et activités communautaires dans un environnement de vie harmonieux.
Structure spatiale et cadre paysager
Le quartier s'organise autour d'un corridor vert continu orienté nord-sud, reliant la périphérie urbaine à la forêt. Un réseau de transport en commun structuré, en harmonie avec le réseau routier existant, fluidifie la circulation malgré la topographie escarpée. Le parc central forme un espace public continu, tandis qu'un sentier circulaire axé sur la santé relie parcs, cours intérieures, terrains de sport et lisières forestières, créant ainsi un système piétonnier intégré.
Le paysage joue un rôle primordial en tant qu'infrastructure. Jardins de pluie, cours intérieures résidentielles, placettes et bande végétalisée le long de la route garantissent la performance environnementale, la protection contre le bruit et un accès égal à la nature. Les panoramas s'étendent sur plusieurs échelles, des vues imprenables sur les montagnes aux perspectives intimes des cours intérieures.
Programmation fonctionnelle et logique de zonage
Au centre, la zone des équipements civiques constitue le cœur social et sanitaire du quartier.
Le Central Park sert de lien entre les quartiers résidentiels et le centre civique, ses abords animés accueillant des cafés au rez-de-chaussée, des services de proximité et des événements communautaires.
Les zones résidentielles sont exemptes de toute activité commerciale. Cours partagées, aires de jeux, jardins et espaces communs intérieurs modulables favorisent les échanges entre voisins.
Scénarios de vie et diversité sociale
Le quartier propose quatre scénarios de vie complémentaires, structurés selon des gradients d'intensité sociale et de proximité avec le paysage : vie civique urbaine, espaces verts communs, retraite urbaine et vie axée sur la forêt.
La diversité se manifeste à trois échelles : le logement, l’îlot résidentiel et le quartier urbain. La mixité des logements accueille des personnes seules, des couples, des familles et des ménages multigénérationnels, permettant ainsi aux résidents de rester dans leur quartier tout au long de leur vie.
Typologies de logements et stratégie de cartographie de l'habitat
Le cadre spatial se traduit par trois typologies résidentielles adaptables :
Maisons groupées – des environnements intimes et communautaires où des terrasses partagées et des cours verdoyantes prolongent la vie domestique.
Blocs d'accès aux terrasses – systèmes de galeries et terrasses partagées encourageant les interactions quotidiennes, avec des distinctions claires entre les façades publiques donnant sur le parc et les cours intérieures protégées.
Appartements à plusieurs étages – des logements individuels privés intégrés à la pente, pouvant accueillir une large clientèle.
Les îlots résidentiels sont agencés avec soin pour créer différents types de quartiers, alliant intimité et vie collective. Certains quartiers privilégient la tranquillité, tandis que d'autres favorisent les échanges grâce à des galeries et des espaces communautaires.
Composition de l'appartement et logique sectionnelle
La stratégie d'aménagement des immeubles d'appartements tient compte de la topographie, des vues et de la diversité démographique. La taille des logements est différenciée verticalement : les appartements compacts sont situés aux niveaux inférieurs, à proximité des infrastructures communes, tandis que les appartements plus spacieux de trois et quatre chambres se trouvent aux étages supérieurs pour bénéficier de vues panoramiques et d'une plus grande intimité.
Intégration des infrastructures
Un parking d'environ 500 places est entièrement intégré au terrain et accessible depuis les niveaux supérieur et inférieur de la rue. En intégrant le parking et certaines fonctions publiques à la pente, le projet préserve la continuité des voies piétonnes et l'intégrité de l'espace vert situé en surface.
« Ce projet représente un schéma urbain abouti et bien conçu, alliant une grande qualité spatiale à une logique de développement claire et cohérente. Il témoigne d'une excellente compréhension de la manière d'organiser les îlots urbains, les espaces ouverts et la circulation de façon à la fois fonctionnelle et esthétique. »
La qualité spatiale du projet est particulièrement remarquable, avec de généreux espaces ouverts, des espaces publics bien délimités et une forte harmonie entre bâti et paysage. L'intégration des infrastructures vertes est menée avec assurance et clarté, contribuant à la fois à la performance environnementale et à la qualité de vie.
Sur le plan architectural, le projet est remarquable. La stratégie de façade, mûrement réfléchie et clairement définie, confère au bâtiment une identité forte et cohérente tout en permettant une certaine variété au sein du développement. L'utilisation de systèmes modulaires et de techniques de construction contemporaines renforce encore la faisabilité du projet.
Globalement, il s'agit d'une proposition affirmée, aboutie et très convaincante qui intègre avec succès la qualité de la conception, la réflexion technique et la faisabilité.
Jan van Dijk – Architectes van Dijk
« Ce projet témoigne d’une approche sérieuse et professionnelle, menée de manière cohérente, approfondie et bien articulée. »
En particulier, le projet témoigne d'une remarquable capacité à allier une vision globale du plan directeur – incluant des aspects liés à la gestion des ressources et à la durabilité environnementale – à une attention particulière portée aux détails architecturaux et à l'usage quotidien.
Maria Lucrezia De Marco – Stefano Boeri Architetti
« La stratégie de conception globale se distingue par sa capacité à promouvoir une interaction progressive entre les résidents, articulée autour d'un système de cours intérieures qui non seulement favorise la vie collective, mais améliore également l'exposition solaire des logements. »
Du point de vue de la composition, le projet répond efficacement aux variations de niveau du site, en les intégrant dans l'organisation spatiale et dans la création de ces « pièces de cour », qui structurent l'expérience domestique.
Maria Virginia Theilig – FAPyD
2e finaliste
strate
Uladzislau Chabai, Dzmitry Serhienya [Pays-Bas – Géorgie]
Concept
Pierre Elle émerge lentement de la montagne. Non pas comme un objet posé dessus, mais comme une masse qui a toujours été là, attendant d'être révélée. Sa surface dévoile des cavités protégées – des espaces creusés dans un corps solide. L'habitat est imaginé à l'image de cette couche de roche exposée : continue et creusée pour créer des lieux de vie.
Le site se situe à la lisière de Banská Bystrica, entre ville et nature. Il concentre à la fois la densité et l'énergie de la vie urbaine et la liberté du milieu naturel. Dans un tel lieu, la première décision architecturale consiste à déterminer ce qu'il ne faut pas construire. La colline demeure l'élément central. L'architecture épouse la topographie au lieu de la défier.
La structure résidentielle est conçue comme une forme continue épousant la pente. Les volumes s'intègrent au terrain et offrent des vues dégagées sur la ville. Les maisons, volontairement simples et massives, affichent un caractère brut et contemporain.
L'eau est une autre force naturelle qui structure le projet. Elle traverse le site en suivant les lignes naturelles créées entre les bâtiments. Ces ouvertures recueillent l'eau de pluie et la dirigent vers le bas de la colline, dans des bassins de rétention, puis vers la zone naturelle en contrebas. Le système hydraulique reste visible et accessible. Il ne s'agit pas d'une infrastructure dissimulée ; il s'intègre au quotidien. On peut le longer, le traverser et interagir avec lui.
Le réseau de sentiers se déploie à partir de ces cours d'eau. Son aménagement suit une logique organique où petits jardins, places intimes, raccourcis et clairières s'entremêlent le long de la pente, créant ainsi un réseau d'espaces publics. Il en résulte un quartier verdoyant et agréable à parcourir à pied, offrant des perspectives et des expériences spatiales sans cesse renouvelées. Un chemin circulaire relie les terrains de sport situés en périphérie. Une passerelle piétonne suspendue relie la partie supérieure du site directement à l'arrêt de bus, assurant une liaison claire et sécurisée avec la ville.
Les logements sont organisés en rangées divisées en petits îlots. Chaque îlot accueille une douzaine de familles environ. Cette échelle favorise un esprit de communauté tout en préservant l'intimité de chacun. Des espaces extérieurs communs, situés entre les îlots, offrent un lieu de rencontre informel, de pratique sportive et de jeux pour enfants.
Ce projet s'intègre harmonieusement à un paysage déjà imposant. Il préserve l'intégrité de la colline, respecte le panorama urbain et introduit une structure à la fois massive et discrète, façonnée par la pierre et l'eau.
Infrastructures et espaces publics
Le parking souterrain, large de 16 mètres, longe toute la rangée de maisons et offre 510 places réservées aux résidents. Un parking visiteurs de 203 places est également disponible sous la place principale. Toutes les entrées sont situées au plus près de la rue principale, ce qui permet de maintenir la circulation automobile en périphérie du site et de préserver le calme, la sécurité et le caractère ludique du quartier.
L'allée menant à l'entrée du parking est conçue comme une voie partagée avec priorité aux piétons. Il n'y a pas de trottoirs aménagés dans cette zone. La surface est entièrement pavée, ce qui incite les conducteurs à la prudence.
Le centre civique constitue le cœur du quartier. Un ensemble de maisons civiques offre des services quotidiens aux habitants. Chaque bâtiment remplit plusieurs fonctions, tout en possédant son propre style. Ensemble, ils forment la place principale : un espace ouvert et généreux conçu pour accueillir des événements en plein air, des marchés de fin de semaine et des fêtes saisonnières.
Associé à une place secondaire plus petite et à une promenade longeant la limite est du quartier, le centre civique crée un réseau interconnecté d'espaces publics. Commerces, boulangeries et cafés animent ces lieux et participent à la vie quotidienne.
Les bâtiments civiques dégagent une atmosphère chaleureuse et accueillante, incitant aux échanges. Le corps central est revêtu de panneaux de cuivre, en écho au passé minier de la ville. L'utilisation de matériaux locaux authentiques confère au lieu une identité et une cohérence.
« Une proposition qui répond avec sensibilité aux conditions topographiques du site, avec une expression architecturale de grande qualité pour les bâtiments. »
Le projet crée un cadre de vie agréable entre les différents bâtiments. Les équipements collectifs, concentrés sur l'ensemble de la ville, se distinguent par leur caractère et leur architecture remarquables.
Katarina Michalková – Studio BMX
3e finaliste
Quartier « Confluence »
Aisylu Zaripova, Elina Timergalieva , Maria El Tabib [Russie – Liban]
Dans le silence suspendu entre ville et montagne, là où le tissu urbain cède la place à la nature sauvage, se trouve non seulement un lieu, mais une opportunité de profonde réconciliation. Notre vision pour le Karlovo Living Landscape Il ne s'agit pas d'imposer un projet, mais de l'intégrer, de concevoir un quartier comme un prolongement vivant et harmonieux de son environnement. Nous proposons une « porte d'entrée vers la nature » où les frontières entre habitat et paysage, vie privée et vie communautaire, s'estompent en douceur. Ceci se concrétise par une mosaïque de quatre identités résidentielles distinctes, chacune offrant une interprétation unique d'un mode de vie durable et axé sur la communauté.
Au cœur de notre concept se trouve la disparition de la barrière physique et psychologique de la clôture. Un réseau continu et fluide de sentiers piétonniers, d'espaces verts et de cours partagées tisse le tissu social du quartier. L'architecture, principalement en bois et autres matériaux biophiliques, ne domine pas le paysage mais dialogue avec lui, encadrant les vues sur la vallée de Banská Bystrica et les collines environnantes. L'eau n'est pas gaspillée mais valorisée : un système positif et circulaire de bassins de rétention, de jardins de pluie et de ruisseaux sinueux devient à la fois infrastructure écologique et cœur social de la communauté.
Le système de liaison du plan directeur tient compte des caractéristiques paysagères du site et vise à minimiser la présence de voitures dans les zones résidentielles. La route principale constitue l'axe central de circulation. En dehors de cette route, il n'existe pas d'autres voies de circulation quotidiennes pour les véhicules. Cependant, afin de faciliter l'accès des véhicules techniques, certaines liaisons autour des principaux quartiers sont semi-piétonnes, permettant ainsi aux véhicules d'urgence d'y accéder en cas de besoin. Des pistes cyclables et des voies piétonnes longent la route principale et se prolongent dans diverses zones résidentielles et publiques. L'objectif principal est de créer non seulement des liaisons, mais aussi de multiples options pour les déplacements à pied et à vélo sur l'ensemble du site.
Concernant la stratégie d'aménagement du stationnement, le projet propose de regrouper tous les parkings et les entrées le long de l'axe routier principal, très fréquenté. Le parking souterrain épouse la topographie en descendant par paliers successifs.
En ce qui concerne l'architecture et les zones résidentielles, le site est divisé en quatre quartiers principaux :
Le bord urbain
À sa limite sud, au plus près de la ville et de la voie d'accès principale, le quartier marque l'entrée de Banská Bystrica. Des immeubles hybrides de quatre à cinq étages, dont l'architecture reprend avec respect les matériaux et le rythme du centre historique, abritent des équipements publics et des logements plus denses. L'activité commerciale s'étend le long de la rue principale, créant une interface dynamique et renforçant la connectivité urbaine.
Ici, l'innovation prend le pas sur la verticalité : des jardins vitrés sur les toits offrent un espace horticole utilisable toute l'année, symbolisant les valeurs fondamentales du quartier que sont la culture et le développement durable.
Le quartier de l'étang
Ici, le dialogue entre l'architecture et l'environnement est particulièrement dynamique. Un réseau de bassins de rétention et de canaux en cascade structure l'espace, l'architecture s'intégrant harmonieusement à ce paysage aquatique. Ponts, terrasses et allées étagées offrent de multiples possibilités d'interaction avec l'eau, transformant le drainage durable en un élément enchanteur et omniprésent.
Une école maternelle est intégrée au bord de l'eau, faisant de la nature sa principale salle de classe. Le grand étang devient un lieu de rassemblement pour la communauté, ses rives formant un amphithéâtre naturel. Des panneaux solaires coiffent les toits, bouclant ainsi un cycle de vie durable où l'énergie, l'eau et l'activité sociale circulent de manière constante et visible.
Le groupe de la cour
Au cœur du quartier, un tissu urbain plus dense se dessine, se fondant harmonieusement avec la ville existante. Ici, des bâtiments modulaires en bois s'agencent en une succession de cours intérieures intimes et sécurisées, véritables espaces extérieurs propices aux échanges entre voisins. Les rez-de-chaussée accueillent des espaces communs modulables : salons de coworking, bibliothèques et cuisines partagées.
L'architecture s'ouvre sur l'extérieur avec des façades dynamiques et attrayantes le long des allées intérieures, créant une douce effervescence urbaine. Mais son véritable développement est vertical : des jardins sur les toits, accessibles à tous, superposent verdure et panorama montagneux. Ce complexe résidentiel s'adresse à ceux qui aspirent à un mode de vie plus compact et connecté, sans pour autant renoncer au contact essentiel avec la nature.
Les maisons de la galerie
Inspiré par les expériences visionnaires et sociales de logements communautaires des années 1920, ce quartier est dédié à la vie familiale en harmonie avec la nature. Des bâtiments bas (2 à 3 étages), à ossature bois et donnant accès à des galeries, s'intègrent harmonieusement à la pente, leurs parties surélevées préservant la topographie naturelle. En contrebas, un espace au sol libéré se déploie : aires de jeux protégées, espaces de loisirs collectifs et une végétation luxuriante et naturelle s'y déploient librement.
Les toits sont des paysages productifs : des serres et des panneaux solaires intégrés permettent aux habitants de cultiver leurs propres aliments, transformant ainsi l'acte de vivre en un acte de soin.
Un système vivant et cohérent
Ces quatre espaces ne sont pas des zones isolées ; ils déclinent un même thème, reliés par un chemin piétonnier continu qui serpente depuis la périphérie urbaine, traverse des cours ombragées, longe des étangs scintillants et monte jusqu’aux maisons-galeries aérées, pour finalement offrir des points de vue sur les réserves naturelles. Des plantations indigènes, des jardins potagers et des aires de jeux ombragées jalonnent ce chemin, faisant de chaque promenade une expérience sensorielle.
Notre projet est par nature pérenne, fondé sur une conception bioclimatique, la construction en bois local et un développement progressif qui permet à la communauté de s'enraciner et de se développer naturellement. Il s'agit de bien plus que de simples logements : c'est un véritable habitat pour une nouvelle forme de vie urbaine montagnarde, profondément ancrée dans la beauté singulière des flancs de la colline de Banská Bystrica.
« Cette proposition témoigne d’une évolution particulièrement marquée entre les différentes phases, faisant évoluer avec succès un cadre conceptuel clair vers un système plus abouti et réalisable. L’introduction de typologies de bâtiments et de plans d’étage renforce considérablement la clarté spatiale et la faisabilité du projet. »
Le plan directeur conserve son identité propre et son ambition paysagère affirmée, tout en répondant de plus en plus aux exigences pratiques de sa mise en œuvre.
Dans l'ensemble, il s'agit d'un projet abouti et bien développé qui parvient à concilier efficacement ambition conceptuelle et résolution technique croissante.
Harrison Stallan – OMA
4e finaliste
Un quartier en pleine expansion
Petra Ristic Abdou [Autriche]
Concept
Ce projet repose sur un profond respect du paysage existant et de sa valeur écologique. Plutôt que de considérer la nature comme un simple décor pour le développement, il appréhende les arbres, la topographie et les cours d'eau comme la structure spatiale primordiale qui façonne la forme urbaine.
Les arbres matures existants représentent des décennies de croissance écologique et constituent une infrastructure vivante qui procure ombre, biodiversité, régulation du microclimat et identité spatiale. C’est pourquoi le projet privilégie la préservation au remplacement. L’architecture s’adapte au paysage, et non l’inverse.
Les bâtiments épousent la topographie naturelle, minimisant les travaux de terrassement et réduisant l'intervention humaine. Les volumes sont soigneusement positionnés et légèrement pivotés pour respecter les zones racinaires, garantir l'éclairage naturel et
La ventilation transversale crée une structure d'habitat poreuse. Les espaces bâtis et non bâtis s'imbriquent harmonieusement, formant un réseau de cours, de sentiers et de corridors écologiques.
Stratégie spatiale
Une succession de cours intérieures distinctes constitue l'ossature sociale du projet. Chaque espace répond à une vocation spécifique, allant de places publiques animées à des jardins propices à la contemplation. Le rez-de-chaussée est conçu comme une interface ouverte et transparente entre vie privée et vie collective. Des espaces communautaires tels que des cuisines partagées, des espaces de coworking, des petites bibliothèques, des ateliers et des salles polyvalentes animent l'espace public.
Plutôt que de privilégier la dimension d'objet architectural, le projet met l'accent sur des environnements à échelle humaine qui favorisent l'interaction. Au XXIe siècle, la qualité urbaine réside moins dans une architecture emblématique que dans des espaces significatifs pour les usagers.
rassemblement, échange et coexistence quotidienne.
Paysage et écologie
Le paysage n'est pas un ajout, mais le principal moteur de la conception. Les corridors de biodiversité relient les arbres préservés aux espèces indigènes nouvellement plantées. Les prairies, les jardins communautaires et les paysages comestibles favorisent les pollinisateurs et la production alimentaire locale, tout en améliorant la qualité des sols et le microclimat.
L'eau de pluie suit la pente naturelle à travers des surfaces perméables, des zones de rétention plantées et des zones d'infiltration, contribuant ainsi à la recharge des nappes phréatiques et au refroidissement local. Au fil du temps, la valeur écologique s'accroît grâce à la croissance de la végétation plutôt qu'à des constructions supplémentaires.
Approche architecturale
Les bâtiments sont conçus comme une structure sobre et adaptable, favorisant une durabilité à long terme. Un système de construction hybride bois-matériaux associe des structures en bois renouvelables à des matériaux durables, réduisant ainsi l'empreinte carbone tout en garantissant la robustesse de la structure.
La végétation verticale, les toitures végétalisées et les éléments d'ombrage en bois améliorent les performances thermiques et créent une variation saisonnière. Des panneaux photovoltaïques sont intégrés aux toitures, contribuant à la production d'énergie renouvelable sur site. Le rez-de-chaussée ouvert favorise la perméabilité et renforce le lien entre l'intérieur et le paysage.
L'architecture reste volontairement sobre, laissant le paysage, la lumière et la vie communautaire façonner l'identité du quartier.
Stratégie de développement par étapes
Le projet propose un modèle de développement flexible et progressif :
Phase 1 – Priorité au paysage
L’espace public, la continuité écologique et les infrastructures essentielles sont mis en place avant la construction.
Phase 2 – Architecture adaptée au paysage
Les bâtiments sont soigneusement positionnés autour des arbres préservés et en tenant compte des conditions topographiques.
Phase 3 – Croissance du paysage et adaptation verticale
La croissance future se fera principalement par le biais de la maturation écologique et des extensions verticales potentielles plutôt que par une consommation accrue des terres.
Cette stratégie garantit la résilience, l'adaptabilité et la performance environnementale à long terme.
Visionnaires
Le projet propose un modèle de développement qui s'intègre au paysage plutôt que de le contrer. En conciliant sensibilité écologique, interaction sociale et clarté spatiale, il crée un environnement résilient et agréable à vivre, privilégiant les processus à long terme à l'expression architecturale à court terme.
Dans cette vision, l'architecture n'est pas le protagoniste — elle est le cadre qui permet à la communauté, à la nature et à la vie quotidienne de s'épanouir.
« Le projet de construction s'adapte à la topographie en pente du site, respecte le zonage défini par le plan directeur et propose une mixité de types de bâtiments en harmonie avec les éléments naturels. Un élément fort et un atout majeur du projet réside dans la prise en compte cohérente de la végétation mature existante, considérée comme un patrimoine durable du site. »
Katarina Michalková – Studio BMX
5e finaliste
CŒUR DE LA MONTAGNE
Serge Khudyakov, Nino Utiashvili, Elizaveta Ulanova, Anna Karneeva, Anastasia Ulyanovskaya [Russie – Espagne]
Banská Bystrica est une vieille ville à l'histoire longue et fascinante. Dans le respect de la culture et du patrimoine slovaques, nous avons commencé par étudier le contexte local. Montagnes et collines pittoresques, plan radial et en rayons des quartiers, centre médiéval compact aux monuments architecturaux remarquables : tout cela s'y trouve. Des bâtiments disparates sont unifiés par un plan en damier sur la place principale. En examinant d'autres monuments remarquables de Slovaquie, nous avons également constaté des structures logiques et ordonnées qui laissent place à des accents artistiques et à une audace architecturale, comme le Musée du soulèvement national slovaque et le bâtiment de la Radio slovaque.
L'architecture, envisagée comme une entité organique , peut s'organiser conceptuellement à l'instar des systèmes vivants. L'exemple réussi du quartier Sásová de l'époque socialiste nous a inspirés : là-bas, les méthodes architecturales ont permis d'organiser une communauté durable qui insuffle la vie au quartier. C'est pourquoi nous avons conçu un puissant pôle d'attraction public sous la forme d'un stylobate (podium) multifonctionnel, comprenant une place piétonne et un bâtiment emblématique au sud du site. Cet espace abrite un complexe thermal et de spa, un centre de remise en forme, les locaux techniques nécessaires et des bureaux . Tel un cœur , ce pôle agit comme le moteur du nouveau quartier, alimentant la circulation des personnes et la vie urbaine. Les connexions rayonnant de ce centre sont comparables à des vaisseaux et à un système circulatoire. C'est en grande partie pour cette raison que notre projet s'intitule « Cœur de la montagne ».
Ces solutions flexibles et multifonctionnelles requièrent une superstructure élégante et simple , reposant sur des fondations solides. Nous avons choisi comme cadre une grille tridimensionnelle transparente composée de modules similaires. Ce pixel volumétrique constructif – une cellule spatiale – peut s'étendre en vastes ensembles ou, à l'inverse, rester très compact. Il peut accueillir diverses fonctions : logements, espaces de communication et techniques, et unités locatives. Telle une membrane transparente, ce système tridimensionnel se fond dans la colline verdoyante, devenant partie intégrante de celle-ci. Banská Bystrica s'est développée comme une ville minière ; ces structures évoquent donc les charpentes et les vastes constructions souterraines, elles aussi d'une grande importance structurelle.
Le projet tient compte de la route prévue traversant le site. Les entrées du parking souterrain se font par les rues périphériques. Il intègre un système de circulation piétonne logique . Au sud, près du noyau multifonctionnel, une place piétonne constitue la porte d'entrée du quartier ; une place similaire se trouve également au nord. À chaque intersection importante, des places piétonnes locales de petite taille sont aménagées. La partie est du quartier est reliée à la partie ouest par une passerelle piétonne qui épouse le relief, complétant ainsi harmonieusement les itinéraires piétonniers. De courts itinéraires diagonaux sont prévus à l'intérieur de l'îlot, réduisant les temps de déplacement. Ils rendent cette zone topographiquement complexe perméable et ouverte aux flux urbains, tandis que le terrain permet l'aménagement de cours privatives sans clôtures ni accès restreint.
Le projet respecte des exigences strictes en matière de zonage, de densité, de hauteur des bâtiments et de répartition des appartements. La plupart des appartements sont orientés sud-ouest. Plusieurs zones sont réservées au stationnement souterrain, pouvant accueillir environ 700 voitures et 1 000 vélos.
Les bâtiments, construits en terrasses, présentent une silhouette complexe et une végétation luxuriante. Assemblés selon un plan en damier, ils arborent différents éléments de façade qui confèrent au quartier une grande diversité esthétique. Le bois est le matériau principal des structures hors sol et se retrouve également dans les finitions. Des systèmes de murs-rideaux en profilés d'aluminium, rehaussés de touches de métal cuivré aux tons chauds, s'harmonisent avec la couleur du bois et évoquent le passé minier de la ville. Le revêtement des sols privilégie les matériaux perméables et respirants tels que le gravier, les galets et les dalles de terrassement. Seuls les axes routiers et les places principales sont revêtus d'un pavage rigide.
Une option envisageable est l'aménagement d'un cours d'eau. Un ruisseau d'eau de pluie asséché pourrait être canalisé le long du versant. Par ailleurs, à l'est, une place piétonne agrémentée d'un petit bassin symbolise un lac de montagne et structure l'espace environnant.
Le projet intègre des solutions écologiques et tient compte des caractéristiques climatiques de la Slovaquie , où les précipitations sont suffisantes (600 à 900 mm par an). La gestion des eaux pluviales est primordiale, notamment en raison du relief accidenté. Un système de récupération des eaux de pluie est prévu.
- Les eaux de toiture sont collectées par des gouttières ouvertes (ou fermées) et dirigées vers des réservoirs souterrains (citernes) situés dans la partie basse du site.
- En surface. Des caniveaux perforés sont conçus le long des terrasses et des routes pour collecter l'eau et la diriger vers le système.
Principe de collecte et de traitement des eaux grises . Des zones racinaires (zones humides artificielles) sont aménagées. Dans la partie basse du site (où la pente diminue), une cascade de petits bassins de biorétention est installée près de la place piétonne. Les eaux des douches et des lavabos (hors toilettes), après un premier traitement mécanique, sont acheminées vers ces bassins plantés de végétaux aquatiques (roseaux, joncs, iris jaunes). Ce procédé favorise la biodiversité et purifie l'eau naturellement. L'eau traitée peut être réutilisée pour l'irrigation des terrasses. Lutte contre l'érosion et infiltration . Création de fossés secs le long des allées paysagères sinueuses et dans les axes de plus fort débit. Des canaux secs revêtus de pierres sont aménagés.
Dans le cadre de ce projet, de nombreuses toitures et terrasses sont végétalisées. Des plantes typiques d'Europe centrale y sont plantées. Le climat slovaque est tempéré, avec des étés relativement ensoleillés et des hivers nuageux. Il est important de ne pas surchauffer les bâtiments en été et d'optimiser les apports de chaleur passifs en hiver. C'est pourquoi une orientation solaire est privilégiée. Le versant sud accueille les espaces de vie avec de grandes baies vitrées. Le versant nord, quant à lui, est principalement composé d'espaces non résidentiels et annexes. Grâce à la topographie, les maisons peuvent être positionnées de manière à ne pas s'ombrager mutuellement ; la trame se transforme ainsi en une structure évoquant un nuage.
« Un aménagement bien pensé et très efficace, organisé en grille rectangulaire, exploite au maximum le potentiel de la zone tout en préservant la qualité des logements. »
Un espace public généreusement aménagé pour les services publics. Une architecture simple composée de modules réguliers, le bois étant le matériau principal.
Martin Pavelek – Architecte municipal
Mentions dorées
(classés par code d'enregistrement)
La colonnade vivante
Taulant Haxhiu, Blina Rabi, Flor Haxhiu [Kosovo]
Situé dans le cadre naturel de Karlovo, le projet Living Landscape – The Living Colonnade propose un plan directeur qui harmonise l'architecture avec le terrain en pente plutôt que de le dominer. Dès sa conception, le projet est guidé par un principe essentiel : respecter le territoire, préserver sa densité naturelle et créer une relation symbiotique entre l'architecture et l'écosystème forestier environnant.
En harmonie avec le terrain en pente
Au lieu de niveler le flanc de la colline par des fouilles, le bâtiment s'intègre harmonieusement à la pente, épousant les contours naturels du site. Son emprise au sol suit le terrain, permettant à la structure de s'élever et de descendre de façon organique tout en minimisant les travaux de terrassement.
L'un des principaux atouts de cette stratégie réside dans la préservation d'environ 65 à 70 % des arbres existants. Grâce à un positionnement judicieux des volumes, le projet protège la végétation mature et préserve la richesse écologique du site. L'architecture s'intègre harmonieusement à la forêt sans la remplacer, protégeant ainsi la biodiversité, favorisant les microclimats et renforçant l'identité du site en tant que paysage vivant.
Une réduction consciente du volume
Le règlement du concours prévoyait une surface de plancher brute (SPB) totale potentielle de 123 491 m² et une surface de plancher nette (SPN) de 86 443 m². Cependant, l’analyse a révélé qu’une construction atteignant cette capacité saturerait le terrain et réduirait la qualité de vie.
La proposition limite donc le développement à 70 000 m² de surface de plancher brute (SPB), produisant environ 49 000 m² de surface de plancher nette (SPN) – soit une réduction de 53 491 m² de SPB et de 37 443 m² de SPN. Cette décision privilégie l’intégrité environnementale et la qualité de vie à la maximisation de la densité.
Au lieu de blocs monolithiques et denses, le projet propose un ruban architectural fluide qui se fond dans le paysage. Ce volume réduit évite d'étouffer le site et permet aux commerces, cafés et structures d'accueil de la petite enfance situés au rez-de-chaussée de s'ouvrir directement sur des jardins partagés, des terrains de sport informels et des espaces verts ensoleillés. En construisant moins, le projet offre davantage d'espace ouvert, de lumière naturelle et de convivialité.
Construction modulaire et adaptation topographique
Le système architectural repose sur une méthode de construction modulaire qui garantit clarté et adaptabilité.
1. Adaptation topographique
Des portiques de hauteurs variables permettent à la structure d'épouser naturellement la pente. Grâce à un système de niveaux décalés, le bâtiment s'intègre harmonieusement au flanc de la colline sans nécessiter de gros travaux de nivellement, répondant ainsi précisément aux contours existants.
2. Le toit en tant que module fonctionnel
La structure répétitive transforme la toiture en une surface active. Des persiennes solaires et des panneaux photovoltaïques sont installés selon des systèmes standardisés le long de la ligne de toit. Aux endroits où la hauteur des ossatures varie, le toit d'un module inférieur devient une terrasse pour le module supérieur adjacent, optimisant ainsi l'espace extérieur et créant des plateformes communes étagées.
Les plans des logements s'organisent autour d'un module spatial répétitif composé d'un noyau de circulation central et d'un ensemble d'appartements standardisés. Appliqué de manière uniforme à tous les îlots résidentiels, ce système garantit l'efficacité constructive, la cohérence typologique, l'uniformité des façades et la flexibilité programmatique. Cette même logique se déploie dans toute la zone résidentielle PB 02, avec des adaptations mineures permettant une transformation au sein de la zone mixte PZ 03. Cette répétition préserve l'unité architecturale tout en autorisant une diversité fonctionnelle.
Stratégie solaire et systèmes environnementaux
Le développement durable est intégré à la forme architecturale. Au total, 645 panneaux solaires sont positionnés le long des courbes les plus méridionales du toit afin de maximiser l'exposition et d'éviter l'ombrage naturel, intégrant ainsi la technologie renouvelable au design.
D'autres stratégies comprennent des fenêtres à triple vitrage haute performance pour un éclairage naturel optimal et une isolation renforcée, réduisant ainsi les besoins en chauffage et en climatisation. Un système souterrain de collecte et de traitement des eaux pluviales récupère les eaux de ruissellement et les recycle pour un usage interne. Les toitures végétalisées améliorent l'isolation, atténuent les effets d'îlot de chaleur urbain et favorisent la biodiversité. Ensemble, ces mesures optimisent la performance environnementale et réduisent la consommation d'énergie.
Centre communautaire des toits verts
L'une des caractéristiques essentielles est la transformation du toit en un espace communautaire dynamique. Le « toit vert actif » convertit les surfaces de toit inutilisées en un espace vert commun polyvalent.
Des jardins communautaires surélevés invitent les résidents à cultiver des légumes, des herbes aromatiques et des fleurs. Des espaces de loisirs avec gazon synthétique amortissant les chocs permettent la pratique du yoga, de sports occasionnels et de jeux, tandis que des pergolas ombragées et des zones de détente accueillent des rassemblements et des événements.
Une structure ouverte crée un espace de vie baigné de lumière, véritable « salon suspendu » offrant une vue panoramique. Des pelouses et des allées paisibles invitent à la détente, tandis que des nervures structurelles permettent l'installation d'équipements de fitness en plein air et de filets de loisirs. La végétation environnante rafraîchit le bâtiment, améliore la qualité de l'air et crée des habitats pour les pollinisateurs, renforçant ainsi la résilience environnementale et la cohésion du quartier.
Stratégie de végétation et de saisonnalité
La palette végétale est choisie selon une approche phénologique afin de garantir un intérêt visuel tout au long de l'année. Les espèces sélectionnées offrent des floraisons printanières, un feuillage estival, des couleurs automnales et une structure hivernale. La préservation des arbres matures et l'introduction de nouvelles plantations compatibles renforcent la biodiversité tout en maintenant le caractère forestier du site.
Cette stratégie saisonnière renforce à la fois la continuité écologique et l'expérience quotidienne.
Conformité urbaine et architecturale
La proposition est conforme aux exigences réglementaires tout en préservant la cohérence architecturale.
PB 02 - Zone résidentielle de faible hauteur
La réglementation autorise 2- Bâtiment de quatre étages hors sol, avec un cinquième étage optionnel en retrait occupant moins de 50 % de l'emprise au sol. La surface construite maximale est de 60 %, avec un objectif de DER (surface nette/surface de plancher brute). ≥ 0.80. Le projet adopte une configuration à quatre étages avec un cinquième niveau potentiel en retrait, allouant des surfaces de toit à des terrasses et des espaces verts tout en assurant la continuité de la lumière du soleil et de la verdure.
PZ 03 – Adaptation des zones à usage mixte
Cette zone autorise jusqu'à cinq étages, une surface au sol maximale de 65 %, des rez-de-chaussée actifs, des logements ou des locations de courte durée aux étages supérieurs, et un parking intégré. Le même système modulaire s'adapte parfaitement : les rez-de-chaussée accueillent des commerces et des services avec une hauteur sous plafond accrue, tandis que les étages supérieurs conservent des plans résidentiels standardisés.
Conclusion : Un cadre de vie symbiotique
La Colonnade Vivante démontre que la gestion environnementale, le respect des réglementations et la clarté architecturale peuvent coexister au sein d'une structure modulaire unifiée. En réduisant le volume bâti, en préservant la densité naturelle et en intégrant la structure au terrain, le projet établit un équilibre harmonieux entre architecture et nature.
Plutôt que de maximiser la surface habitable, le plan directeur privilégie la qualité de vie. Il intègre les énergies renouvelables, favorise la biodiversité, crée des espaces communs diversifiés et préserve le caractère forestier de Karlovo , offrant ainsi un quartier durable à échelle humaine, fondé sur l'harmonie plutôt que sur la domination.
Porte de la nature
Sang Kim, Giheon Lee [Corée du Sud]
Contexte
Banská Bystrica se caractérise par l'étroite relation entre le quotidien et l'imposant horizon montagneux. Le terrain de 53,105 21 m², objet du concours, est situé sur un versant sud, à l'extrémité ouest de Sásová , entre des zones résidentielles établies et les contreforts des Basses Tatras. Ce cadre confère une ambition claire : un quartier du XXIe siècle où la nature n'est pas une limite, mais bien le cadre structurant de la vie quotidienne.
Lecture du site
Le site présente une pente douce, passant d'un terrain plus élevé au nord à un terrain plus bas au sud, où l'accès principal et un arrêt de bus à proximité assurent la desserte par les transports en commun. Au nord, il est bordé par une végétation de coteau plus naturelle, tandis qu'au sud-est, il s'intègre au réseau viaire du quartier . Le projet, conçu comme une porte d'entrée vers la nature, prolonge la continuité écologique jusqu'à Sásová tout en introduisant une structure compacte et à échelle humaine sur cet espace en friche.
Cadre d'organisation
Une grille simple assure la cohérence, la clarté des adresses et la logique des phases, mais elle est avant tout conçue comme un cadre pour les piétons et le paysage. Deux axes définissent l'identité et la circulation. Un axe nord-sud, orienté vers la nature, intègre la forêt au cœur du site, tandis qu'un axe est-ouest, orienté vers le quartier , prolonge le réseau viaire environnant, renforçant la connectivité et définissant une périphérie à usage mixte plus dynamique.
Passage sinueux
Le flanc de la colline exige une adaptation au-delà du quadrillage, et le passage sinueux la traverse avec force, devenant l' organisateur principal des déplacements et de l'architecture. Il suit les lignes de crête et les courbes de niveau pour maintenir des pentes douces et des paliers réguliers, améliorant ainsi la praticabilité au-delà d'un système orthogonal. Il devient le principal espace public du quartier, reliant la nature sauvage à l'espace urbain par une succession continue de cours, de jardins et de terrasses partagées où circulation, paysage et vie sociale ne font qu'un.
Gradient d'espace public
L'espace public s'organise le long du passage, passant d'un état passif à un état actif. Dans les parties nord et centrale, plus calmes, il se déploie en espaces communautaires du quotidien tels qu'un amphithéâtre en plein air , des jardins partagés, une garderie et des aires de jeux. Vers l'extrémité sud, où l'accès est le plus direct, l'aménagement se concentre en espaces civiques comprenant une place, un belvédère et des installations sportives, le tout dominé par le paysage aquatique.
Paysage à vocation hydrique
La stratégie paysagère épouse la pente naturelle du site, du nord au sud. Des surfaces perméables, des fossés végétalisés et des jardins de rétention ralentissent et filtrent les eaux de ruissellement, complétés, le cas échéant, par des couches de drainage souterraines qui dirigent le trop-plein vers le point le plus bas. Un bassin de rétention y joue un double rôle d'infrastructure et d'espace public, améliorant la qualité de l'eau, favorisant la biodiversité et la recharge des nappes phréatiques, tout en créant un point d'intérêt climatique et social. Les toitures végétalisées et les terrasses sur toit prolongent les surfaces végétalisées vers le haut, réduisent l'apport de chaleur et renforcent un réseau écologique continu en minimisant les surfaces imperméables, pour une durabilité accrue et un entretien réduit.
Architecture et typologies
La volumétrie et la typologie sont guidées par la lumière du soleil, l'intimité et le contexte montagnard. Les îlots résidentiels combinent des blocs compacts autour de cours intérieures et des formes en terrasses épousant la pente. Des toitures à pentes variées préservent les perspectives, réduisent les obstructions visuelles et dessinent une silhouette urbaine à l'échelle d'un village, faisant écho au profil de la montagne. Le bloc commercial, orienté à l'est, descend en pente douce avec le terrain afin de maintenir une rue animée sans compromettre la luminosité et les vues pour les logements situés derrière, prolongeant ainsi le paysage grâce à des toitures végétalisées et des terrasses, tout en accueillant les services de proximité . Le bâtiment civique est surélevé pour préserver la continuité du rez-de-chaussée et permettre au principal passage piétonnier de traverser un sous-sol ombragé. Son toit se transforme en terrasse publique surélevée, et sa section fait office de pont, assurant la continuité du Portail de la Nature tout en encadrant le bassin de rétention comme un premier plan urbain.
Mobilité
La mobilité est structurée selon une hiérarchie privilégiant les piétons et les cyclistes, tout en limitant la circulation automobile dans les espaces publics intérieurs afin de préserver la continuité paysagère. L'accès des véhicules suit le tracé des rues prévues, le stationnement étant regroupé en sous-sol ou sous un podium pour minimiser les perturbations en surface et préserver une structure verte perméable. Le projet prévoit une capacité d'environ 900 places de stationnement regroupées le long des voies d'accès, facilitant ainsi l'orientation et permettant une grande flexibilité dans le phasage des travaux. Environ 1 000 emplacements pour vélos sont répartis à proximité des entrées et des halls pour plus de sécurité et de commodité au quotidien, renforçant les liaisons avec les trottoirs, les pistes cyclables et les transports en commun environnants.
En phase
Le plan directeur est structuré en trois phases distinctes afin de garantir un échéancier réaliste tout en préservant l'essence même du projet. Chaque phase aboutit à la création d'un quartier fonctionnel , doté d'un accès clair, d'espaces verts essentiels et d'une portion continue de l'axe piétonnier « Nature Gateway », assurant ainsi la fluidité des déplacements à pied et la continuité paysagère dès le début. La phase 1 comprend le premier ensemble résidentiel, incluant le bloc commercial à l'est et le premier tronçon de « Nature Gateway ». La phase 2 finalise le tissu résidentiel principal et le réseau de cours intérieures. La phase 3 intègre les équipements civiques et mixtes, ainsi que l'espace public articulé autour de l'étang, pour achever le quartier. Le plan en damier permet un développement progressif, tandis que le passage sinueux constitue l'armature publique continue reliant les différentes phases en un quartier cohérent.
Conclusion
Nature Gateway propose un quartier où l'architecture du quotidien et les écosystèmes du flanc de la colline sont conçus comme un système unique. En épousant la topographie, en préservant l'ensoleillement et les perspectives, et en utilisant le passage sinueux comme un espace public continu reliant la lisière de la forêt à la place publique, le plan directeur concilie densité compacte et généreux espaces ouverts, intimité et vie communautaire. La gestion de l'eau est intégrée au paysage urbain grâce à une stratégie paysagère valorisant l'eau, articulée autour du bassin de rétention, renforçant ainsi la biodiversité, le confort et la résilience à long terme. Il en résulte un modèle de quartier cohérent, peu automobile et nécessitant peu d'entretien , profondément ancré dans l'identité montagnarde de Banská Bystrica.
Valley Commons
Ana Castellano Vidalle [Argentine]
topographie comme terrain urbain
Valley Commons propose un projet de développement résidentiel et civique à Banská Bystrica , axé sur le paysage, où la topographie devient le principal outil urbain pour une performance écologique, une vie collective et une continuité spatiale optimales. La pente naturelle du site est perçue comme un cadre spatial actif, capable de structurer les déplacements, l'espace public et les relations programmatiques à travers le paysage de la vallée.
Le projet s'articule autour de la création d'une vallée hydrologique artificielle creusée dans le terrain existant. Ce nouveau relief remplit simultanément les fonctions de système de gestion des eaux pluviales, d'espace public continu et d'axe de circulation piétonne. Conçue comme une infrastructure bleue et verte, la vallée constitue la colonne vertébrale écologique et spatiale du plan directeur, structurant les connexions visuelles, les voies de circulation et la distribution des programmes sur l'ensemble du site. Ainsi, le terrain en pente devient un paysage civique habité où performance environnementale et interaction sociale s'intègrent au sein d'un même système spatial.
Les volumes résidentiels sont agencés en terrasses étagées qui épousent la pente naturelle du site. Cette organisation en terrasses minimise l'impact sur le sol tout en préservant la continuité visuelle de chaque logement avec le paysage environnant. Les rez-de-chaussée des bâtiments sont conçus comme des seuils perméables permettant la circulation à travers ou le long des habitations. Cette perméabilité crée un réseau de passages piétonniers qui reconnectent des itinéraires auparavant fragmentés et intègrent le projet au tissu urbain.
Au niveau du sol, la vallée hydrologique se déploie en une succession d'espaces variés, allant des zones humides aménagées et des bassins de rétention aux terrasses accessibles et aux passages piétonniers. Ces éléments paysagers favorisent les loisirs informels, les déplacements doux et les interactions sociales quotidiennes, tout en préservant la performance environnementale du système hydrique. Ainsi, le paysage fonctionne comme une infrastructure urbaine qui structure la vie quotidienne et les déplacements au sein du quartier.
Les espaces extérieurs privatifs des logements en rez-de-chaussée sont intégrés à l'aménagement de plateformes flottantes en bois, positionnées en bordure du bassin central. Ces terrasses prolongent les appartements dépourvus de jardins privatifs traditionnels, permettant aux résidents d'établir un lien spatial et visuel direct avec le paysage aquatique, tout en préservant la continuité de l'espace public au sol. Des variations d'intimité sont créées par des transitions spatiales entre les allées publiques, les zones partagées et les terrasses privatives.
Un centre communautaire compact , élément central du plan d'aménagement, est implanté le long de la vallée. Sa structure intègre des cours intérieures végétalisées qui prolongent le paysage à l'intérieur du bâtiment, renforçant ainsi la continuité entre le terrain et l'espace clos. Jouxtant ce programme , une rue commerçante linéaire, réservée aux piétons, est intégrée au réseau de circulation de plain-pied. Cafés, commerces de proximité et équipements partagés animent la transition entre les espaces résidentiels et civiques, favorisant les échanges entre voisins tout au long de la journée et contribuant à la vitalité de la façade publique le long de l'axe paysager.
La circulation automobile est limitée au périmètre du site, tandis que le stationnement est aménagé dans les niveaux de sous-sol répartis sur l'ensemble du complexe. Cette stratégie de réduction de la circulation automobile permet de préserver l'espace au sol pour les piétons, offrant ainsi des itinéraires piétonniers et cyclables sûrs et continus reliant les espaces publics intérieurs aux transports en commun situés au sud du site.
Sur le plan architectural, les bâtiments résidentiels adoptent une ligne de verre en retrait qui crée des balcons ombragés orientés vers le paysage de la vallée. Cette stratégie de façade améliore la performance environnementale tout en offrant des vues dégagées sur le paysage central. Sur les façades opposées, des ouvertures plus compactes répondent aux exigences d'intimité et de proximité avec les parcelles voisines . Les volumes de béton apparent sont complétés par des éléments en bois et une végétation intégrée, instaurant un langage architectural sobre, axé sur la durabilité et la continuité contextuelle.
Le projet est structuré selon une stratégie de mise en œuvre par étapes qui harmonise l'aménagement paysager et la réalisation des programmes. Une première phase établit le centre civique et son plan d'eau central comme un noyau public dynamique. Les phases suivantes consolident la façade commerciale et achèvent le tissu résidentiel en coordination avec le réseau paysager global.
Par l’intégration des systèmes d’eau, des circulations piétonnes et des espaces publics au sein d’un cadre topographique partagé, Valley Commons établit un modèle contemporain d’habitat où l’architecture émerge du modelage du sol urbain. L’environnement ainsi créé fonctionne comme un paysage habité continu qui favorise la résilience écologique, l’accessibilité collective et l’adaptabilité spatiale à long terme.
Du carburant et de la forêt
Timothy Simons [Pays-Bas]
Le projet ne part pas des bâtiments, mais de la colline elle-même. Le site est appréhendé comme un territoire vivant, façonné par l'eau, la forêt et l'agriculture, à la croisée des chemins entre habitat et paysage, sans appartenir pleinement à l'un ou à l'autre. Au lieu d'imposer un nouvel ordre, la proposition conçoit le versant comme un système actif dont la logique est déjà présente : l'eau s'écoule vers le bas, la végétation se concentre sur les bords et l'habitat s'installe là où le terrain devient praticable. Le plan directeur découle de cette conception, laissant le paysage guider l'architecture qui s'y intègre.
Le titre « Of Fuel & Forest » (Des combustibles et de la forêt ) reflète le passé productif du site, où la forêt servait autrefois de source de matières premières et d'énergie, reliant la nature et les populations. Cet héritage se traduit par des éléments spatiaux contemporains, loin d'être figé dans la nostalgie. Une série d'artefacts contemporains, notamment des rigoles en acier Corten, des seuils et des repères infrastructurels, révèlent des systèmes autrefois invisibles, permettant à l'eau, aux matériaux et à la mémoire de s'intégrer au quotidien.
Le quartier s'organise selon un gradient entre formalité et naturel. Un noyau civique structuré concentre les terrassements, les infrastructures partagées, les parkings et les programmes collectifs là où l'intervention est inévitable. La gestion de l'eau y est particulièrement visible, façonnant l'espace public et révélant le rôle environnemental de la colline. En s'éloignant du centre, la structure s'assouplit, les bâtiments s'adaptant aux contours du terrain, à la végétation et aux rythmes écologiques. L'architecture devient plus discrète, intégrée au paysage plutôt que de le dominer.
Trois sentiers interconnectés proposent différentes interprétations d'un même système intégré. « Marcher avec la nature » longe les contours plus doux du paysage, où l'eau s'infiltre à travers les dépressions et les sols forestiers, et où des éléments écologiques invitent à une rencontre directe avec la biodiversité. « Marcher avec la mémoire » , véritable colonne vertébrale civique, conjugue vie sociale et infrastructures : l'eau s'écoule dans des canaux en acier Corten, bordant des aires de jeux, des terrasses de restaurants, des exploitations agricoles à petite échelle et des espaces collectifs. « Marcher avec l'innovation » gravit le flanc de la colline grâce à des aménagements paysagers en gradins qui illustrent la coexistence possible de l'habitat et de la topographie.
L'eau est l'élément moteur principal du projet. Les eaux de pluie sont retenues sur les toits, absorbées par les aménagements paysagers, canalisées par des rigoles municipales, stockées dans des bassins intermédiaires et finalement collectées dans un nouveau lac de rétention, ce qui permet de ralentir, de filtrer et d'apprécier l'eau avant qu'elle ne quitte le site.
Les bâtiments compacts épousent le terrain, ancrés sur des socles en béton et revêtus de bois de mélèze local qui se patine avec le temps pour se fondre dans le paysage. Le projet débute par le centre civique et le parking, suivi des îlots côté ville, et s'achève par des logements plus paisibles en bordure de forêt. En laissant les écosystèmes paysagers guider l'aménagement, le projet adopte une densité réduite d'environ 45 000 à 50 000 m², privilégiant la performance écologique et la qualité de vie à long terme.
Plutôt que de séparer la ville et la nature, le projet propose une condition symbiotique où le paysage, l'infrastructure et la communauté forment un système vivant continu.
La forêt habitée
Juan Camilo Bonilla Herrera, Laura Liliana Rubiano Camacho [Argentine – Colombie]
Ce projet propose la création d'une transition douce entre le tissu urbain et la densité forestière, envisagée non comme une frontière rigide, mais comme un paysage vécu où architecture, flore, faune et communauté coexistent en harmonie. Situé à Banská Bystrica, en Slovaquie, en bordure stratégique de la réserve naturelle de Šastovská, le site abrite des arbres matures, une végétation établie et une faune sauvage qui reflètent un écosystème à l'état pur. Plutôt que d'imposer un objet architectural, le projet vise à s'intégrer comme un élément du paysage, offrant une douce introduction à la forêt et une transition progressive entre le rythme effréné de la vie urbaine et le silence protecteur du paysage naturel.
Cette intervention découle d'une réflexion sur le rapport entre construction et territoire dans un contexte d'urgence environnementale mondiale. Si l'architecture a historiquement contribué à la fragmentation des écosystèmes, ce projet propose une approche inverse : restaurer, régénérer et coexister. Le bâtiment est conçu comme un système vivant, connecté aux cycles de l'eau, à la dynamique des sols et à l'activité humaine, où le respect des agents biotiques guide chaque choix de conception.
Dans ce cadre, le projet accorde une attention particulière aux personnes âgées, reconnaissant que le vieillissement requiert des espaces adaptés, prévisibles et sans obstacles. Il rejette la ségrégation fonctionnelle et intègre la mobilité réduite comme critère directeur de l'ensemble de la volumétrie et de la circulation. C'est pourquoi l'intervention s'organise autour d'un système de rampes douces garantissant une véritable accessibilité universelle. Ces circulations ne sont pas de simples liaisons logistiques, mais des points de vue dynamiques permettant aux habitants d'appréhender les variations topographiques avec fluidité, assurant ainsi l'accessibilité du paysage à tous, quels que soient l'âge ou les capacités physiques.
Le concept central repose sur la régénération écologique et la coexistence des espèces. Le projet fonctionne comme une « forêt habitée », où la frontière entre naturel et bâti s’estompe grâce à des jardins de pluie, des plans d’eau aménagés et des biocanaux qui structurent le paysage. Ces systèmes permettent l’absorption, la filtration et la restitution de l’eau au sol, reproduisant ainsi les processus hydrologiques de la forêt environnante. Au-delà de leur importance environnementale pour la gestion des eaux pluviales, ces infrastructures créent également une expérience sensorielle qui utilise le son et l’humidité comme outils de conception atmosphérique.
La végétation devient la véritable structure du projet. Les pins, sapins et mélèzes existants sont rigoureusement préservés, conservant ainsi la mémoire écologique du site et sa capacité de séquestration du carbone. Des espèces locales telles que l'érable rouge (Acer rubrum), le hêtre commun (Fagus sylvatica) et le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) sont intégrées, apportant une variation chromatique saisonnière qui confère une dimension poétique à l'ensemble. Les strates inférieures comprennent un sous-bois fonctionnel composé d'arbustes comme l'hydrangea paniculata, la spirée du Japon (Spiraea nipponica) et le berbéris pourpre (Berberis atropurpurea), offrant un refuge à la petite faune et aux pollinisateurs. Dans les zones humides, des espèces comme le carex aigu (Carex acuta), l'iris de Sibérie (Iris sibirica) et le jonc épars (Juncus effusus) agissent comme filtres biologiques le long des canaux de biofiltration. Cette sélection contribue à réguler le microclimat, à stabiliser le sol et à maintenir la continuité de l'habitat pour les oiseaux et les insectes, considérés comme des cohabitants légitimes du projet.
Le programme architectural intègre habitat, apprentissage et soins au sein d'un tissu spatial continu qui abolit la hiérarchie entre public et privé. Les logements sont organisés en typologies flexibles, allant d'une à quatre chambres, répondant à diverses structures familiales et prévenant la ségrégation intergénérationnelle. Tous les bâtiments sont reliés par des rampes, supprimant les obstacles physiques dans les déplacements quotidiens. Les espaces communautaires – comprenant un jardin de contemplation, un verger productif, une serre pédagogique, une bibliothèque et un centre pour les aînés – favorisent les échanges intergénérationnels en lien avec les cycles de la terre. Le projet intègre également un centre de vélos, des points d'interprétation environnementale et des points de rencontre pour les guides d'écotourisme, renforçant le lien entre la communauté locale et la réserve de Šastovská. Ces infrastructures encouragent une relation douce et attentive au territoire, faisant des habitants les gardiens de l'écosystème.
Sur le plan matériel, le projet vise à dissoudre visuellement l'objet bâti afin de mettre en valeur le contexte. Le bois local est utilisé comme matériau principal de façade, avec des motifs de grain vertical qui évoquent la texture des troncs d'arbres et permettent à l'architecture de se fondre dans la forêt grâce à des jeux d'ombres et de reflets. L'intention n'est pas de créer un geste dominant ou un objet iconique, mais une présence sereine qui respecte l'échelle et le rythme du paysage. Les volumes sont fragmentés pour s'intégrer à la topographie et à la végétation, créant un jeu de pleins et de vides semblable à la canopée des arbres, où la lumière du soleil filtre doucement à l'intérieur. Avec le temps, la végétation sur les balcons, les terrasses et les toits permettra à la nature de reconquérir l'architecture, qui se comportera davantage comme un organisme vivant que comme un objet statique et renforcera l'intégration de l'ensemble grâce à la patine du temps.
Ce projet est avant tout une réflexion sur le temps, la résilience et la responsabilité éthique des architectes envers leur territoire. Il est conçu non comme une intervention figée, mais comme un système ouvert, capable d'évoluer et de se transformer au rythme du paysage. La régénération végétale, les cycles de l'eau et la vie communautaire façonneront progressivement l'identité du lieu, lui permettant d'atteindre naturellement sa maturité écologique. L'architecture ne fait que poser les conditions initiales, tandis que la nature achève le processus de construction.
En substance, le projet envisage un nouveau mode d'habitat, fondé sur une relation symbiotique entre humains, animaux et paysage, où oiseaux, insectes et végétation indigène sont des composantes essentielles de l'écosystème. Il crée une transition harmonieuse entre ville et forêt : un espace de ralentissement propice au calme, au respect et à la conscience écologique. Plutôt que de se détacher du paysage, il aspire à s'y intégrer pleinement, comme un élément vivant, où architecture et nature s'entremêlent pour que le paysage ne soit pas seulement observé, mais vécu dans toute sa complexité et sa beauté.
Le village des éponges de Karlovo
Patryk Wlodarczyk [Pologne]
Le complexe résidentiel proposé se veut une interprétation contemporaine d'un village de piémont, s'intégrant harmonieusement au paysage de Karlovo et à sa topographie naturelle. Le projet tire parti du terrain en pente comme élément de composition clé, façonnant à la fois la structure urbaine et le caractère des espaces publics. La variété des hauteurs des bâtiments permet une intégration fluide à flanc de colline, minimisant l'impact sur le paysage tout en garantissant à tous les résidents un accès à la lumière naturelle, à des vues dégagées et à la verdure.
Les bâtiments sont disposés en terrasses épousant la pente naturelle du terrain, ce qui permet une division claire en petits îlots résidentiels reliés par un réseau de voies piétonnes et d'espaces verts partagés. Cette configuration favorise la création de cours intérieures intimes et semi-privées qui font office de véritables centres de vie de quartier . Chacune d'elles offre un lieu de rencontre, de détente et d'activités quotidiennes, renforçant ainsi les liens sociaux et le sentiment d'appartenance.
La structure urbaine s'inspire de l'analyse des îlots urbains classiques. Au lieu de blocs périmétraux fermés, elle propose une réinterprétation : des blocs ouverts et perméables qui s'intègrent au paysage. Il en résulte une structure d'« îlot souple » qui préserve une façade sur rue dégagée et une impression d'intimité urbaine, tout en introduisant des ouvertures, des passages et des perspectives sur la végétation. L'aménagement épouse la pente, s'adaptant aux contours naturels du terrain plutôt que de les aplanir . Ainsi, le projet évite les trames rigides et s'intègre harmonieusement à la topographie, conférant aux espaces entre les bâtiments un caractère dynamique et séquentiel.
Le concept urbain s'inspire également de la structure des rues historiques de Banská Bystrica , qui mènent souvent d'espaces étroits et intimes à des places ouvertes. À Karlovo Living, ce motif se transforme en une succession de passages verts et de places paysagées. D'étroits chemins piétonniers s'élargissent progressivement en espaces partagés : cours intérieures verdoyantes, jardins de pluie et clairières récréatives. Il en résulte une hiérarchie spatiale claire, allant du privé au semi-privé, jusqu'au public. Chaque îlot comprend un bâtiment principal doté d'une terrasse végétalisée sur le toit, dédiée au jardinage collectif de quartier et favorisant ainsi l'intégration communautaire.
La priorité est clairement accordée aux piétons et aux cyclistes dans l'ensemble du projet, grâce à un réseau soigneusement conçu de voies sûres, confortables et accessibles qui favorisent une mobilité active et durable. La circulation automobile est principalement limitée à la rue d'accès principale et à quatre parkings souterrains, ce qui réduit le trafic de surface, minimise les nuisances sonores et la pollution atmosphérique, et améliore la qualité des espaces publics. Cette approche crée un environnement calme et convivial qui encourage la marche et le vélo au quotidien, tout en garantissant un accès efficace aux résidents et aux services.
L'architecture du complexe s'inspire du régionalisme contemporain. Façades en bois, volumes simples et toits à pignons réinterprètent l'architecture traditionnelle à travers le prisme d'une conception moderne et écoénergétique. L'utilisation de matériaux locaux, de textures naturelles et de couleurs douces permet aux bâtiments de se fondre dans le paysage et de préserver la continuité culturelle. Plutôt que de dominer leur environnement, les bâtiments forment un arrière-plan calme et harmonieux pour la vie quotidienne .
L'un des principes clés du projet est la mise en œuvre du concept de « ville éponge » : une ville capable de retenir, de purifier et de restituer progressivement l'eau de pluie à l'environnement. Le système de gestion de l'eau repose sur des solutions d'infrastructures vertes et bleues, notamment des jardins de pluie, des bassins d'infiltration, des réservoirs de rétention, des surfaces perméables et des étangs. L'eau de pluie n'est pas rejetée directement dans le réseau d'égouts, mais reste au sein du projet, nourrissant la végétation, améliorant le microclimat et réduisant les risques d'inondation.
Les espaces verts se caractérisent par une végétation abondante, adaptée aux conditions climatiques locales et nécessitant un entretien minimal. Prairies fleuries, graminées et plantes vivaces favorisent la biodiversité et filtrent naturellement les eaux pluviales. Des bassins et des étangs, situés au centre du site, servent à la fois à la rétention d'eau et aux loisirs, tout en contribuant à l'esthétique du paysage.
Les toits aménagés constituent un autre élément important du concept. Des jardins collectifs, accessibles aux résidents, sont conçus sur les toits plats des ensembles résidentiels. Ils servent d'espaces de loisirs partagés, de lieux de culture, d'échanges et de détente. Ces jardins sur les toits renforcent l'écosystème local, améliorent l'isolation des bâtiments et forment une barrière supplémentaire contre l'eau. Chaque ensemble résidentiel dispose de son propre jardin, favorisant ainsi la création de liens sociaux au sein du quartier.
La partie basse du site est conçue comme une zone de loisirs et de services. Elle comprend des installations sportives, des espaces de détente et des commodités du quotidien telles que des cafés, des commerces de proximité et des espaces de coworking . Cette partie du projet fonctionne comme un centre ouvert et accessible, reliant les résidents au tissu urbain environnant.
Karlovo Living forme un ensemble cohérent et durable où architecture, paysage et infrastructures environnementales se complètent harmonieusement. Le projet allie identité locale et solutions écologiques modernes, créant un quartier résilient face au changement climatique qui favorise l'intégration sociale et une qualité de vie élevée. C'est un lieu où le quotidien se déroule en harmonie avec la nature et où la responsabilité environnementale s'intègre pleinement au récit architectural.
TERRASSE VIVA : Karlovo Living Landscape
Petra Sitárová, Katarína Holicová, Vanessa Rýsová [Slovaquie]
Génie du lieu et récit historique
Le quartier de Karlovo, qui tire son nom de l'illustre famille Karlov, propriétaire de ces terres au nord du centre historique de Banská Bystrica dès le XIVe siècle, constitue un axe de développement essentiel. Notre proposition urbaine n'introduit aucun élément étranger ; elle réinterprète l'histoire du paysage. Les champs agricoles d'origine, disposés perpendiculairement aux pentes, et les haies qui protégeaient les sols de l'érosion, forment la trame principale de notre projet. Ce dernier poursuit ainsi harmonieusement la transformation de cette périphérie agricole en un quartier urbain intégré et durable.
Masse et porosité
L'objectif principal de cette solution urbaine était d'éviter la création de barrières visuelles ou physiques sur le versant exposé. Nous proposons une structure hybride, combinant immeubles d'appartements isolés et modulaires regroupés en îlots ouverts. Cette fragmentation des volumes assure une grande porosité, maximisant les vues au sud sur la ville et les montagnes environnantes. Les espaces entre les bâtiments sont végétalisés, favorisant la circulation naturelle de l'air provenant du massif du Panský Diel et le rafraîchissement passif du quartier.
Trois secteurs : de la dynamique urbaine à la sérénité des parcs
Le territoire est fonctionnellement divisé en trois secteurs. La zone résidentielle supérieure (4.5 étages) offre un havre de paix. La zone intermédiaire, appelée « Corso Urbain », regroupe des espaces à usage mixte (5.5 étages). Ce Corso est situé dans le prolongement du sentier existant menant à la vallée de Sásová. Nous proposons un rez-de-chaussée animé avec une boulangerie, une épicerie et un point de retrait pour les habitants de Karlovo et du quartier. Le troisième secteur, situé dans une dépression naturelle (la « Fosse »), est transformé en un parc public central. L’architecture y est plus intimiste et de forme pavillonnaire (jusqu’à 2.5 étages) : un centre communautaire, une école maternelle, une résidence pour seniors et un restaurant s’intègrent harmonieusement à la végétation, créant un environnement sûr et convivial.
Infrastructure technique et mobilité
La solution de transport allie les impératifs de compétitivité à la logique du terrain. Tout en respectant la route prévue au sud, une seconde voie de desserte est ajoutée, traversant une haie nouvellement aménagée. Cette voie suit les courbes de niveau, desservant efficacement le secteur sans dénivellation importante. L'élément clé de la mobilité piétonne est la « connexion ». En alignant les îlots le long des courbes de niveau, les résidents peuvent accéder au Corso urbain quasiment sans obstacle. Le lien principal demeure une passerelle piétonne, qui permet aux passants de rejoindre en toute sécurité le cœur du projet, la zone verte inférieure et l'arrêt de bus. Les voitures sont « disparaissent » dans des garages semi-enterrés construits sur deux niveaux, permettant aux résidents d'accéder à leurs appartements directement depuis leur place de parking, les pieds au sec.
L'infrastructure bleue-verte comme priorité
L'eau est un élément visible et structurant. Nous mettons au jour d'anciens cours d'eau et les suivons à travers le parc. L'ancien système de canaux d'irrigation se transforme en un réseau moderne de jardins de pluie et de corridors de rétention. Les haies, traversées de sentiers piétonniers, jouent le rôle de filtres et de corridors écologiques. Karlovo Living Landscape Il ne s'agit pas simplement d'un développement ; c'est un écosystème vivant où l'architecture moderne s'incline devant la logique de la nature.
Flux vivant
Katarína Fejo, Tomáš Hanáček, Nikoleta Mitríková, Róbert Lipták, Zuzana Kačírek, Roland Búš, Slavomír Černický, Ján Urban, Simona Hasprová, Ema Hečková [Slovaquie]
01. La structure découle de la morphologie
La composition urbaine s'adapte avec sensibilité à la topographie naturelle du site, adoptant des configurations en terrasses ou en gradins. La pente est perçue comme une opportunité pour les vues, la diversité et une échelle humaine. Une liaison diagonale est établie avec la zone de loisirs de Sásová et de Sásovská dolina. Des plateformes construites (60 × 15 m) épousent la pente et l'orientation du terrain. La liaison de plain-pied entre la structure urbaine Ecopap et la BSB-Sásovská cesta constitue le cadre du développement futur. La liaison diagonale entre la gare de Kostiviarska, Sásová et la zone de loisirs de Sásovská dolina relie différents niveaux de terrain. Les bâtiments sont orientés vers le sud et le sud-ouest afin de maximiser la lumière naturelle, la pénétration de la végétation et les échanges microclimatiques.
02. Nouvelle porte urbaine
Mise en œuvre du modèle des Axes Verts axé sur la conception piétonne, les infrastructures environnementales et la création d'espaces verts urbains. La promenade au cœur de la nature relie les différents niveaux du site. Un réseau continu de cours, de sentiers et de places favorise la marche comme mode de mobilité écologique. L'objectif principal est de stabiliser et de réhabiliter le réseau informel de chemins et d'abris. Un parcours piétonnier diagonal, accessible à tous, suit les itinéraires touristiques depuis le belvédère jusqu'aux berges du marais. Réaménagement du marais pour un accès public libre avec une terrasse en bois dédiée aux loisirs et aux événements, enrichissant le quartier d'infrastructures vertes et de services de proximité. Un chemin longitudinal relie le site au village de Sásová et aux zones de développement potentielles (Ecopap et BSB-Sásovská cesta), le tout de plain-pied. Des passerelles piétonnes relient les différents niveaux de l'espace public sans obstacle, offrant des vues exceptionnelles et des promenades dans la cime des arbres.
03. Les systèmes vivants de la nature
La végétation se développe à partir de l'environnement naturel environnant, avec une intensité variable. Une approche d'urbanisme doux favorise la biodiversité et une gestion durable de l'eau. Cette gestion intègre des bassins de rétention naturels, des jardins de pluie et des surfaces perméables. Le projet respecte la zone humide existante et le marais local afin d'assurer une rétention d'eau naturelle et une infiltration lente. Les jardins de façade et les terrasses végétalisées s'inscrivent dans la continuité de l'espace vert de Stará Sásová. L'objectif principal est d'accroître la résilience face au changement climatique et de créer de nouvelles possibilités de loisirs pour les habitants et les touristes. La stratégie de reboisement prévoit l'utilisation de plantes nourricières, des espèces à croissance rapide qui procurent ombre et protection tout en améliorant la qualité du sol. Il convient de préserver la végétation invasive et rudérale existante, qui rend des services écosystémiques essentiels à la ville. Le choix des espèces végétales tient compte de leur position par rapport à l'eau retenue, de la pente du terrain et de leur usage.
04. Voisinage cohésif
Quartier compact et peu élevé, en harmonie avec la nature. Formes fluides et unifiées, volumes distincts créant des espaces intermédiaires attrayants. Orientation sud-ouest pour une luminosité optimale des appartements. Divers volumes bâtis s'intègrent naturellement au terrain. La hauteur et la diversité fonctionnelle des logements respectent les limites réglementaires du plan d'urbanisme.
PO 01 / Zone civique / équipements tels que jardin d'enfants, centre de remise en forme, restaurant ou maison de retraite
PB 02 / Zone résidentielle / Immeubles d'appartements de quatre étages seulement
PZ 03 / Zone mixte / Appartements avec rez-de-chaussée ouvert au public / Commerces, cafés, boulangerie, pharmacie
05. Coins communautaires
Les futurs résidents seront principalement des familles avec enfants, des personnes âgées ou de jeunes couples. « Un lieu où il fait bon vivre » signifie créer des espaces favorisant les « bons voisins ». Des espaces communs sont aménagés pour accueillir des parcours de santé en plein air, des mini-terrains de basketball, des tables d'échecs, des aires de jeux pour enfants et des tables de pique-nique avec potagers. Ces espaces partagés sont conçus avec des dimensions et des orientations variées, et proposent différentes activités à découvrir.
06. Tissu conjonctif
Ce secteur a le potentiel de renforcer le lien de la ville avec son écosystème environnant. Les espaces publics sont conçus comme des lieux ouverts favorisant une vie sociale diversifiée. De petites places et des recoins offrent des espaces ombragés où habitants et visiteurs peuvent se détendre. Ces espaces proposent des aménagements récréatifs avec de nombreuses possibilités de promenade et de repos, notamment une aire de jeux pour enfants, des plateformes de détente, des terrasses en bois, des escaliers italiens et des jardins partagés. Deux passerelles permettent de franchir les ravins sans obstacle. L'aménagement paysager s'inspire des principes de la permaculture et de la nature sauvage cultivée, préservant ainsi le caractère naturel du site et garantissant un design ouvert, inclusif et respectueux de l'environnement.
Habiter la pente fluide
Wentao Lyu, Zuohao Qiu, Tianwu Zheng [Chine]
Le projet s'appuie sur le langage architectural vernaculaire du site et son cadre paysager exceptionnel. Les précédents locaux suggèrent une dualité productive : des ensembles d'habitation collectifs linéaires qui structurent le pourtour de la rue et des hameaux dispersés aux toits en pente qui investissent le flanc de la colline et les bois. Plutôt que de reproduire littéralement les formes historiques, le projet transpose cette logique spatiale dans un cadre contemporain, instaurant un dialogue entre le public et l'intime, le linéaire et le perméable, tout en renforçant une structure communautaire claire et identifiable.
Une hiérarchie de développement claire structure le plan directeur. La densité de construction est maximale le long de la voie urbaine, où les espaces publics et les commerces donnant sur la rue animent les façades et définissent l'identité du quartier. À partir de cette limite, la densité diminue progressivement vers le sommet de la colline et l'intérieur de la forêt, permettant à l'architecture de s'alléger, de se fragmenter et de s'intégrer davantage au terrain. Ce gradient répond non seulement aux enjeux de vues, d'ensoleillement et d'intimité, mais il clarifie également la transition entre espaces publics et privés sur le site.
Deux typologies de logements complémentaires mettent en œuvre cette stratégie. Des immeubles résidentiels en forme de barre donnent sur la rue principale et structurent le site en bandes cohérentes. Leurs façades sur rue sont en retrait, formant une série de terrasses qui réduisent l'impression de masse et fluidifient la circulation le long du corridor linéaire. Ces retraits concentrent verticalement les espaces extérieurs partagés, aboutissant à des jardins sur les toits accessibles qui prolongent la vie quotidienne vers le haut et adoucissent la silhouette urbaine. À l'inverse, les logements en îlot adoptent une configuration de deux unités par noyau central et sont répartis de manière sélective en altitude, parmi les arbres existants. Les micro-ensembles ainsi formés constituent des communautés plus petites et plus intimes, offrant une plus grande intimité et un lien plus fort avec le paysage qu'avec la rue.
Une logique matérielle cohérente unit ces différentes expressions architecturales. Tous les bâtiments reposent sur un soubassement en maçonnerie, créant une base robuste et ancrée au sol, en harmonie avec les traditions de construction locales. Au-dessus, des superstructures majoritairement en bois allègent les volumes et permettent à l'architecture de se patiner avec élégance au fil du temps, développant une patine maîtrisée qui renforce un caractère tactile et authentique. L'acier est utilisé de manière sélective – principalement dans les éléments de circulation tels que les rampes, les passerelles et les ponts surélevés – là où la finesse des portées, la durabilité et la précision des détails sont essentielles.
Compte tenu des fortes précipitations sur le site, l'eau est considérée à la fois comme une ressource et un élément générateur d'espace. Un réseau de récupération des eaux pluviales capte les eaux de ruissellement provenant des toitures et des surfaces imperméables, réduisant ainsi la demande en eau potable et permettant leur réutilisation. Le parcours de l'eau est rendu visible par une succession de canaux de surface, de chenaux secs et d'aménagements paysagers terminaux, transformant la gestion des eaux pluviales en une expérience écologique immersive. Les espaces aquatiques sont intégrés à l'espace piétonnier, faisant des processus hydrologiques non pas une infrastructure invisible, mais des aménagements publics visibles et accessibles.
Enfin, un système de mobilité douce et continue relie les différentes zones du plan. Une promenade linéaire fait le lien entre les commerces de rue et les bars, favorisant les flâneries et les échanges. Plus loin, des rampes, des allées d'accès, des passerelles en bois et des sentiers intimes serpentent entre les îlots, harmonisant les déplacements avec le terrain et l'eau pour orchestrer une transition progressive des espaces communs ouverts aux jardins privés. Ensemble, des typologies inspirées de l'architecture vernaculaire, un développement progressif et des réseaux intégrés de voies d'eau et de piétons forment un quartier cohérent et résilient, à la fois résolument contemporain et profondément ancré dans son territoire.
KRAJINA DOMOVA – PAYSAGE DE LA MAISON
Juan David Botello, Marc Laibacher [Colombie – Allemagne]
Le projet de logements dans le paysage de Karlovo propose une structure qui, par son intégration profonde à la topographie existante, crée à la fois un foyer et une communauté. Plutôt que d'imposer un ordre urbain extérieur, les volumes linéaires des bâtiments épousent les contours naturels du terrain, s'y fondant harmonieusement. Cette stratégie permet à l'architecture et au sol de nouer une relation spatiale continue, où la forme bâtie émerge du site lui-même. Le rythme des longs modules d'habitation est rythmé par de fines tours verticales qui font office de noyaux de circulation et d'ancrages structurels. Ces éléments organisent non seulement les accès, mais confèrent également une identité et une échelle à l'ensemble, créant une succession d'accents verticaux au sein de l'habitat horizontal.
Ce projet s'inspire du patrimoine culturel des villages de maisons longues et des villages de rues traditionnels slovaques, où l'habitat est étroitement lié à la logique du paysage et à la vie collective. Plutôt que de reproduire des formes historiques, il réinterprète leurs principes spatiaux dans un langage architectural contemporain. Il en résulte une structure ancrée dans l'identité locale tout en répondant aux besoins actuels en matière de logement.
Sur le plan de la construction, le projet repose sur un système hybride bois - béton. La base en béton et les noyaux verticaux assurent la stabilité structurelle, la protection contre l'incendie et une durabilité à long terme. Entre ces éléments massifs, des modules préfabriqués à ossature bois sont insérés, formant les unités d'habitation principales. Cette approche hybride allie la robustesse du béton à la flexibilité et à la durabilité de la construction bois. Les modules en bois permettent une reconfiguration intérieure et des transformations futures, garantissant ainsi une adaptabilité au fil du temps.
Le concept de logement est volontairement évolutif. La trame structurelle anticipe la possibilité d'extensions verticales, permettant la construction de logements supplémentaires en fonction des besoins futurs. Des jardins sur les toits, agrémentés de brise-soleil, créent des espaces extérieurs collectifs tout en constituant une réserve pour une densification future. Ainsi, le projet ne définit pas un état final, mais offre un cadre spatial susceptible d'évoluer.
Au cœur du concept se trouvent les espaces partagés entre les bâtiments. Ces zones interstitielles constituent le cœur social du quartier, accueillant jardins communautaires, lieux de rencontre informels et aménagements paysagers productifs. Le jardinage urbain permet aux habitants de cultiver collectivement, renforçant ainsi la cohésion et la résilience sociales. L'architecture se présente comme une infrastructure : elle fournit le socle structurel, tandis que les habitants se l'approprient au fil du temps. À Karlovo, le logement n'est donc pas conçu comme un objet figé, mais comme un cadre vivant – ancré dans le paysage, enraciné dans la mémoire culturelle et ouvert à la transformation.
Mentions honorables
(classés par code d'enregistrement)
BOUCLE DE CRÊTES CONNECTÉES
Inci Shoainia, Emil Shoainia [Turquie]
LA TOPOGRAPHIE COMME INFRASTRUCTURE SOCIALE
« Un système d'habitat hybride où le terrain , l'eau et les espaces communautaires façonnent la vie quotidienne . »
Ce règlement est un pas d' correct la terre, mais l'écouter. pente n'est pas traités en tant que obstacle, mais en tant que guide qui formes le rythme de la vie, mouvement et rencontres. Topographie is approché pas comme un intouchable donnéemais en tant que terre vivante qui est conservé et prudemment en réponse. Naturel contours rester le primaire référence; toutefois, limité et contrôlée tarifaires ont été LES PLANTES in à un besoin identifié à la obligatoire géométrie du système prévu principal routières. Ces interventions ne sont pas prévu à dominer le terrain, mais à établir a balanced relations jusqu'à XNUMX fois sciences naturelles forme et public accessibilité,.
Connectée Crêtes boucle est un modèle de règlement qui accepte topographie comme principal générateur of spatial organisation plutôt que aplanissement les pentes or imposant rigide SchémasL’ Projet apporte together extérieurs crêtes Abonnement sciences naturelles contours , l’aspect économique et une transition qui soit juste.-eau réseau qui connecte ces crêtes à travers les vallées. En tant que résultat, le règlement gains an accessible et continu public espace Système distribué tout au long de Tous les jours life plutôt ; of s'appuyer sur un seul centre.
Vie crêtes re-établir un l'humanité plus vieux des relations grâce à la fonction paysage d'été: marche, faire une pause, observateur et partage. Ces et les sciences sociales épines courir parallèle à contour lignes, générateur ininterrompu piéton routes at différent niveauxÀ chaque pas, de visualiser change; à chaque niveau, New rencontres émerger. Public mode la vie est organisé pas autour une seule grand parc, mais à travers petit carrés, reposant les poches, transitionnent jardins et connexion nœuds le long de la crêtes. Ordinaire actes-marche à Fournisseur, salutation a voisin, reposant by eau-devenez significative les pièces of tous les jours la vie.
La vallée fonctions car Cœur du système Système, pas comme résiduel espace mais comme un endroit of collectif Mémoire et a partagé la publication de identité. It exploite à la fois comme un écologique couloir , l’aspect économique et les sciences sociales rassemblement sol. Eau is compris pas seulement en tant que géré ressource, mais en tant que visible narrateur of saisonnier et environnementales Change. Rétention bassins, zone humide les poches et perméable paysage d'été terrasses intégrer environnementales infrastructure développement public la vie, Rendre le eau gestion visible, accessible et pédagogique. Architecture cela pas produire isolé objets; il crée des des relations entre les gens, la terre et écologique les process. Murs Vous permet de définir transitions plutôt que rigide frontières jusqu'à XNUMX fois Privé, des graines-public et public les espaces.
Le environnementales stratégie is centré sur un des services eau de pluie récolte et rétention Système. Surface ruissellement à partir de terrasses les pentes is dirigé en central bassin à travers perméable indirect, bioswales et planté couloirs Systèmeréglemente pic eaux pluviales charges, réduit inondation risque, et supports eaux souterrainesrecharger. Au même le temps, le bassin devient an infection partie du système publicpaysage d'été à travers sièges terrasses et marche plates-formes. Saisonnier change in eau niveaux devenez partie of Tous les jours Culinaire, renforcement environnementales .
Le logement disposition is organisé le long de ajusté contours Abonnement accompagnant de minimum excavation et minime intervention. Housing bandes sont aménagées en terrasses pour s'adapter à terrain, tout en limité contour modifications Ces introduit in à un besoin identifié à routières exigences et accessibilité, . Eau bandes, plantézones et en bois allées mis jusqu'à XNUMX fois retenue murs et logement unitéscréer des microclimatique tampons qui réglementer la réactivité, humidité et Ventexposition. Ces de transition zones améliorer Extérieure confort, réduire énergiedemande et fonction comme semi-public interfaces soutenir quartierl'interaction.
Public mode service à fort trafic Ces en réponse as faible hauteur structures avec une maximales la tailleof deux étages. Orienté vers la communauté fonctions comme jardins d'enfants, Fitness/espaces de yoga, et personnes âgées installations Ces hébergé dans les recyclé applicationCONTENANT les systèmes approche permet RÉPONSE construction, faible incarnécarbone et adaptabilité à programmatiques Change. Modulaire unités peuvent être reconfiguré, étendu, transformé plus de le temps, aportando flexible réponses à évolution démographique et et les sciences sociales .
Le usage mixte Zone is un en tant que perméable bloc Système intégrationRésidentiel, la photographie commerciale, et service fonctionsBâtiments de up jusqu'à cinq étages organisé autour interne cours et semi-ouvert des rues, améliorer sciences naturellesventilations, lumière du jour accès et et les sciences sociales l'interactionRez-de-chaussée hôte cafés, boulangeries, pharmacies et Tous les jours détail unités qui activer public la vie, tout enRésidentiel unités occuper supérieur niveaux, créez. a continu Tous les jours rythme.
Mobilité dans les le règlement priorise piéton mouvement. véhiculecirculation is organisé le long de la obligatoire principal routières et périphériqueliens, tout en accès dans les central public à fort trafic is limité pour servir routes. Tous parking installations sont situés souterrain et des services into the topographie, assurer ininterrompu, sécuritaire et socialement infection ouvert espaces. Ceci stratégierenforce à l'échelle humaine et rapides. et spatial continuité.
Développement suit a phasé et flexible . Chaque projet récompensé par un extérieurs crête fonctions en tant que indépendant phase avec ses propre infrastructure, accès et public nœud. Terminée phases fonctionner as fonctionnel quartier unités, tout en New phasesCes ajoutée sans compromettre spatial cohésion approche supportsfinance faisabilité, construction gestion et long-term à long terme.
Connectée Crêtes boucle n'est pas seulement a masterplan; c'est un cadre pour collectifvivant. Topographie devient a et les sciences sociales infrastructure l'organisation mouvement, l'interaction et identité. Eau, paysage d'étéet l'architecture sont des services en un seul écologique et et les sciences sociales réseau. Par priorisation terrain, climat et tous les jourshumain Culinaire plus de rigide grilles et banlieue expansion, le Projet proposea enraciné, adaptatif et résilient modèle de vie together.
Continuum fragmenté
Jeongsub Shin, Gwangjin Rho, Sanghyun Lee [Corée du Sud]
Lorsqu'il nous est confié la mission d'établir des règles au sein de la nature, comme dans le cadre d'un plan directeur ou d'un projet d'urbanisme, nous explorons délibérément le degré de respect que la nature doit recevoir. Au XVIIe siècle et auparavant, la confiance dans la puissance humaine a conduit à croire que la maîtrise de la nature était un symbole d'autorité. Avec l'industrialisation, la fonctionnalité et l'efficacité sont devenues des valeurs centrales, donnant naissance à divers mouvements architecturaux à travers l'histoire. Intégrée à un vaste paysage naturel, Banská Bystrica a développé des formes d'habitat en harmonie avec la nature. Pourtant, la frontière entre nature et espace résidentiel persiste. Dans cette tâche d'établir de nouvelles règles au sein d'un vaste environnement naturel, nous proposons une stratégie qui déconstruit progressivement les frontières profondément ancrées dans le site. Pour estomper la frontière entre nature et architecture, nous proposons une stratégie d'aménagement spatial en quatre étapes.
01 Ordre urbain condensé
Le projet s'articule autour d'une forme dictée par la douce pente du terrain et l'orientation requise pour l'habitat. La régularité qui incarne l'ordre urbain constitue un cadre fondamental favorisant les relations humaines au sein de la nature.
02 Continuum parental
À mesure que les territoires se divisent, des axes les reliant se forment simultanément. L'espace généré à l'intersection de ces deux axes constitue l'espace le plus dynamique. Les zones définies le long de ces axes se préparent à l'interaction avec l'extérieur, établissant des points de contact avec le village voisin.
03 Continuum fragmenté
Le continuum reliant les deux extrémités du site se fragmente au gré des besoins changeants de la vie quotidienne. Dès lors, la logique urbaine s'efface devant la sensibilité de la nature. Ce qui était un système ordonné se mue en un flux irrégulier.
04 Vivre en continuité avec la nature
Le logement assure sa continuité grâce à une structure de cour intérieure modelée par la pente du site et la nature environnante. Le long de cet axe, des territoires délimités s'orientent vers l'extérieur et deviennent des espaces communs semi-privés. Par ces quatre procédés, le centre culturel se situe à l'intersection linéaire formée par le Continuum Fragmenté. La volumétrie en forme de cour intérieure épouse le flux naturel et organise organiquement les relations entre les différentes zones. De ce fait, les frontières entre intérieur et extérieur s'estompent, et l'architecture et le paysage fusionnent en une structure spatiale continue. En suivant ces deux axes monumentaux, on arrive à leur point d'intersection. C'est là que résidents et membres de la communauté locale se rencontrent pour la première fois. Ensemble, ils façonnent un espace culturel intimement lié à la nature.
Dans l'espace résidentiel, les logements sont organisés selon le concept de Continuum Fragmenté, reliant l'intérieur à la cour. Cette continuité prolonge les qualités naturelles de la cour à l'intérieur, améliorant ainsi la qualité spatiale et le confort environnemental. De plus, un mur en gabions pivotant le long du couloir module avec souplesse la frontière entre nature et habitation.
Le Continuum Fragmenté, conçu comme un cadre public, relie les habitations à cour privée au complexe public à usage mixte. L'ordre spatial et les limites définies par les murs ne fonctionnent plus comme des instruments de division ; au contraire, ils croisent les espaces et créent une continuité. L'espace ouvert entre les bâtiments accueille des activités publiques.
Cette méthodologie abolit la frontière entre l'ordre naturel et l'ordre architectural, permettant un continuum vie-nature.
Synapse
Jakub Hencze, Martin Grelnet, Valeriia Latysheva, Adela Tichá, Eva Hrivňáková [Slovaquie]
Un lien vivant entre la ville et la nature
SYNAPSE is imaginé en tant que conjonctif structure - an mobilier urbain et écologique lien jusqu'à XNUMX fois le ville de Banská Bystrica, ces le plus grand logement biens Sásová, le proche village of et les sites anciens Sásová, et le environnant établissement de montagne paysage d'été. Le site, actuellement, en ce moment sous-utilisé et fragmenté, se trouve à le порог jusqu'à XNUMX fois mobilier urbain densité et ouvert la nature. We sur le lien it pas en tant que périphérie, mais comme point de contactez - a synapse oùdifférent et rapides., collectivités et les systèmes rencontrer. Notre proposition se transforme ceci. bord condition développement a vibrante Résidentiel quartier pour jeunefamilles, enrichi by civique équipements et ouvert à le plus large public. Le Projet cela pas fonction as an isolé logement développant; it devienta a partagé la publication de paysage d'été des services développement le life of le ville.
Au-delà le frontières of le site lui-même, SYNAPSE réparations cassé des relations in le environnant la surface. Ancien storage et industrielbâtiments Ces de manière adaptative transformé as co-travail surpeuplés, Découvrez le tout nouveau New économique activité. An abandonné le sport beouf is reconstruitdéveloppement a toute l'année Multifonction public espace capable of hébergement concerts, le sport l'évènementiel et communautés rassemblements. Privé mode légumes, jardinsin le voisinage Ces connecté aux nouvellement proposé locales Les agriculteurs» solutions innovantes et durables aux acteurs industriels, ce qui permet résidents à vendre localement cultivé nourriture et renforcementà l'échelle du quartier nourriture réseaux. A précédemment inutilisé piéton passage souterrain sous le principal routières is restauré, assurer sécuritaire et continuaccès jusqu'à XNUMX fois le New quartier et existant collectivités. At le bord of le développant, petit en bois cabines fournir adaptable pour visiteurs, randonneurs et hiver le sport Les amateurs de, renforçant le des sites proximité à établissement de montagne sentiers et skier installations.
Le en pente terrain sous le boisé collines définissant le architectural à un besoin identifié. Résidentiel bâtiments suivre le sciences naturelles topographie, tournantle long de contour lignes à minimiser travaux de terrassement et préserver le caractère of le terre. véhicule infrastructure is mis souterrain, ce qui permet lepaysage d'été au dessus de à rester orienté piétonnier et sécuritaire pour enfants. Au-dessus de ceci. caché mobilité couche sans voiture public royaume se déroule - rempliau verdure, cours de récréation et communautaire surpeuplés. Le masser of le bâtiments reflète le environnant établissement de montagne ligne d'horizon. En pente et une transition qui soit juste. toitsecho le géométrie of lointain pics, créez. visuel continuité jusqu'à XNUMX fois architecture et paysage d'été. pivotée et en saillie balcons Ces inspiréby le Dynamic mouvement of le Samara - le tournant seed d'un l'érable arbre - symbolisant revenu, dispersion, et nouveau débuts. Ce gesterenforce le projets sciences naturelles identité tout en donnant le bâtiments a distinctif architectural caractère. Façades Ces habillé in vertical boislamelles LES PLANTES à partir de localement source épicéa, exprimant chaleur et essence de bois authenticité. Subtil pastel et une transition qui soit juste. fenêtre cadres act as accents, améliorer identité sans irrésistible le sciences naturelles palette. Rez-de-chaussée appartements profiter à partir de Privé avant jardins, tout en supérieur-niveau et individuelles jouir encadré vues et le montagnes et le ville.
SYNAPSE exploite as an des services écologique Système. Le baisser une partie de le site, naturellement la collecte ruissellement à partir de environnant collines, devientle stratégique Localisation pour a rétention-biotope étang. Ce eau corps captures eau de pluie, supports biodiversité et crée des habitat pour des oiseaux et amphibiens. En hiver, Il se transforme développement a public Patinage sur glace surface, renforçant saisonnier adaptabilité. Eaux pluviales is gérés entièrement sur place à travers a réseau of et une transition qui soit juste. toits, pluie jardins, infiltration swaleset souterrains storage les chars. Récolté eau de pluie is réutilisés pour systèmes d'irrigation et non potable fonctions tel as toilette rinçage, établissement a en boucle fermée, eau Système. Meadows pour pollinisateurs et microhabitats pour petitfaune de renforcer biodiversité à travers le site. Un périmètre de arbres document a et une transition qui soit juste. tampon, atténuer circulation bruit et air Pollution tout en assurer a graduel transitionnent développement le environnant forêt paysage d'été. Le mobilier urbain arbre dais contribue à air filtration et microclimat réglementation, directementsoutenir public la santé.
Avant le premier Résidentiel phase is réalisé, we introduire a adaptable encore iconique structure: à vertical en bois apprentissage tour situé à côté de leétang. Ce "Verticale Nature Observatoire » sert as an pédagogique et expérimental repère, attirer visiteurs et activation le actuellement, en ce momentdormant site. Le tour représente a vertical chemin à travers sciences naturelles les systèmes - à partir de communautés life at beouf niveau, à travers végétation et arbredais, to oiseau habitats, Vent poules pondeuses et enfin le ouvert ciel et soleil. It incarne le idée de SYNAPSE physiquement et symboliquement: à connexion jusqu'à XNUMX fois humain et sciences naturelles et rapides.. Entre le tour, petit adaptable pavillons pour café, nourriture et locales d'activités créer des an tôt public destination, assurer le la surface gains et les sciences sociales pertinence pair avant plein Résidentiel occupation.
A central piéton promenade structures le tout développant. Début at le apprentissage tour, it traces le bord of le étang, passes lejardin d'enfants au ces circulaire atrium, se déplace à travers communautés jardins et toits verts civique surpeuplés et continue et le Résidentielbâtiments. Sol étages hôte petit magasins, cafés et services, renforçant tous les jours l'interaction. Ce promenade devient le et les sciences sociales colonne vertébrale of le quartier - a espace où mobilier urbain life et sciences naturelles les process entrelacer.
SYNAPSE is pas seulement logement sur un flanc de coteau. It is a régénérateur cadre qui intègre architecture, écologie, économie et communautés. par enrobage mobilité souterraine, embrassement topographie, restauration eau cycles et ouverture le territoire à le plus large ville, leProjet se transforme a négligé bord développement a extérieurs connecteur.
Ici, la ville et la nature do pas rivaliser.
Ils communiquer.
LA PORTE DE LA NATURE
Tanyadhorn Dumrongkijkarn, Osbert Leung, Mei Yan Chau, Lok Yu Angel Wong [Thaïlande – Hong Kong]
Situé à la frontière entre le tissu urbain de Banská Bystrica et la réserve naturelle au nord, ce quartier résidentiel est conçu comme une porte d'entrée vers la nature, redéfinissant le rapport entre ville et paysage. Le projet prolonge l'axe vert existant depuis le centre-ville tout en reliant les quartiers voisins de Kostiviarska et Sásová par un réseau d'espaces civiques partagés. Plutôt que de considérer le logement comme un programme isolé, le projet envisage l'habitat comme une interface active entre les écosystèmes et la vie urbaine quotidienne. Fondé sur le principe de la cohabitation entre l'humain et la nature, le projet privilégie à parts égales le confort des habitants et la vitalité écologique, faisant du paysage à la fois une infrastructure sociale et un médiateur environnemental.
Formes et aménagements des bâtiments
Les typologies des bâtiments sont développées en réponse directe à la topographie existante, utilisant le terrain naturel comme cadre générateur plutôt que d'imposer un terrain aplani. En alignant les immeubles d'habitation avec la pente, le projet minimise les terrassements artificiels tout en préservant la continuité et l'intégrité écologique du paysage. Cette approche respectueuse du terrain permet à l'architecture de suivre la logique du site, réduisant ainsi les perturbations environnementales et renforçant le lien étroit entre les constructions et le sol naturel.
Tous les logements sont orientés au sud, ce qui permet, grâce à une configuration en gradins, de maximiser l'apport de lumière naturelle, les apports solaires passifs et les vues panoramiques sur le paysage. Cette disposition en cascade améliore la performance environnementale tout en établissant une hiérarchie spatiale claire, où les bâtiments s'intègrent au terrain plutôt que d'y être simplement posés. Architecture et paysage fonctionnent ainsi comme un système continu, façonnant à la fois l'adaptation à l'environnement et l'expérience spatiale.
Adapté au climat continental tempéré du site, chaque logement intègre un jardin d'hiver prolongeable en balcon. La transition entre le jardin d'hiver et le balcon est conçue comme une interface flexible, grâce à des portes coulissantes et des volets pliants. Cet espace modulable permet aux habitants de moduler l'ouverture sur l'espace en fonction des saisons, de leurs besoins d'intimité et de leur confort thermique. Véritable tampon climatique, le jardin d'hiver fait office d'espace de vie intermédiaire, optimisant l'efficacité énergétique et prolongeant son utilisation domestique tout au long de l'année.
L'exploitation du relief existant crée un paysage de toitures en terrasses naturelles. Les différences verticales entre les bâtiments permettent une connexion harmonieuse des toitures, formant un réseau accessible d'espaces extérieurs partagés. Ces toitures collectives accueillent des potagers communautaires, des espaces de rencontre informels et des espaces verts de loisirs, favorisant les échanges et la gestion collective de l'environnement. L'ensemble des toitures et des rues interconnectées crée des environnements sociaux stratifiés qui prolongent la vie domestique au-delà des habitations individuelles, proposant un modèle d'habitat futur fondé sur l'intégration écologique et le partage d'espaces communautaires.
Paysage
La stratégie paysagère vise à répondre aux régimes pluviométriques de plus en plus irréguliers, notamment aux risques de sécheresse et d'inondations extrêmes, tout en favorisant la biodiversité et en renforçant le sentiment d'appartenance collective. Les aménagements paysagers tels que les jardins à papillons, les jardins-éponges et les potagers sont intégrés au tissu urbain du quartier et non considérés comme des éléments isolés.
Ces jardins jouent un rôle à plusieurs échelles : sur le plan environnemental, en retenant, filtrant et ralentissant le ruissellement des eaux ; et sur le plan social, en créant des espaces communs identifiables et adaptés au quotidien. Répartis sur l’ensemble du site, ils constituent à la fois une infrastructure écologique et des espaces de vie, reliant les zones résidentielles, mixtes et civiques et renforçant la connectivité spatiale. Ensemble, ces aménagements paysagers créent un environnement confortable, dynamique et lisible, offrant aux résidents comme aux visiteurs des expériences de vie et de visite harmonieuses.
Différents ensembles de bâtiments résidentiels, à usage mixte et civiques sont reliés par des aménagements paysagers, selon une hiérarchie de tailles et d'ouverture au public. La ceinture verte sert de zone tampon entre la route prévue et le projet de logements, atténuant ainsi les impacts environnementaux et protégeant les bâtiments environnants. De grands espaces publics, comme l'amphithéâtre, sont situés à proximité des équipements collectifs, favorisant les activités communautaires, notamment les spectacles et les rassemblements publics. Par ailleurs, des corridors verts et des cours partagées servent d'espaces de transition, reliant les zones résidentielles, à usage mixte et civiques et encourageant les échanges entre les différents programmes.
À une échelle plus intime, de petits jardins communs au sein des immeubles favorisent les rencontres spontanées entre voisins. Parallèlement, les toitures végétalisées de chaque immeuble prolongent cette gradation spatiale en offrant des espaces de retraite semi-privés et surélevés, visuellement connectés au réseau d'espaces verts environnant. Ainsi, cette hiérarchie d'espaces ouverts, allant du public au privé, répond aux divers besoins sociaux des ménages mixtes en équilibrant harmonieusement espaces collectifs et privés.
Mettant la biodiversité au cœur de sa conception, le quartier est structuré autour des besoins du cycle de vie des papillons, et plus particulièrement du Bleu commun (Polyommatus icarus). Les éléments paysagers sont conçus pour répondre à des besoins essentiels tels que l'habitat, les sources de nourriture, la connectivité et la protection, traduisant ainsi les connaissances écologiques en stratégies spatiales. La prise en compte de cette espèce spécifique sert de point de départ pour favoriser d'autres espèces environnantes, notamment celles d'importance européenne à Baranovo, site Natura 2000, comme le Cuivré commun (Lycaena dispar), l'Azuré des pagodes (Maculineanausithous) et l'Euplagia quadripunctaria. Le quartier devient ainsi un habitat de transition reliant les espaces (péri)urbains et naturels, tout en réconciliant l'humain et la nature.
Ainsi, le projet fonctionne comme un habitat de transition, faisant le lien entre développement périurbain et paysages naturels protégés, tout en redéfinissant les relations entre l'humain et la nature comme interdépendantes plutôt qu'opposantes. Dépassant son contexte immédiat, il constitue un modèle résidentiel expérimental et exemplaire qui intègre des stratégies d'adaptation au changement climatique et de préservation de la biodiversité dans des environnements écologiquement sensibles. Son importance réside non seulement dans la préservation, mais aussi dans la réinvention des espaces de vie quotidiens comme résilients, régénérateurs et pérennes, où performance écologique et habitat humain se renforcent mutuellement.
POLY-NITÉ
Qitong Liu [États-Unis]
Géométrique et pourtant vivant, organique et pourtant rationnel
Ce projet résulte de la conciliation de plusieurs exigences contradictoires : un besoin important de surface habitable, des impératifs d’éclairage naturel, de vues dégagées et d’intimité, et la topographie en pente du site. La proposition vise à les intégrer dans une logique spatiale unifiée qui régit la circulation, la volumétrie et les typologies de logements.
La plupart des site is incliné à un taux entre 1:4 et 1:8. Si la circulation était alignée Perpendiculairement aux courbes de niveau, la circulation des piétons s'effectuerait par des escaliers. Cependant, pour accueillir les vélos et assurer accès sans obstacleLes sentiers doivent présenter des pentes plus douces. Le projet établit doncs Pente 1:12 chemins à travers le terrain, qui devient le principal contrôle formelLes routes suivent cette trajectoire oblique, créant ainsi un réseau de « sentiers de montagne » sinueux..
L'implantation des bâtiments répond à tous les deux ce réseau de circulation et les préoccupations liées à la vie privée. Au lieu d'agencer les volumes parallèlement aux rues, les bâtiments sont décalés et imbriquée dans le réseau routier, formant un hexagonal grille dispositionComparée aux barres parallèles, cette configuration permet d'obtenir une densité plus élevée tout en délimitant des espaces extérieurs semi-indépendants. Plus jePlus important encore, la géométrie hexagonale garantit que la plupart des angles at "Fourchettes » du bâtiment dépasser 90 degrés, minimisant ainsi la confrontation visuelle directe entre les unités. Pendant ce temps, le the surpeuplés entre Les bâtiments et les routes sont transformés en espaces paysagers or terrains d'activités.
Les volumes résidentiels s'étendre linéairement, en s'alignant sur le terrain avec une hauteur fluctuante. It vars de deux à quatre étages, avec parfois des sections de cinq étages, qui ferait servir à plusieurs fins. It façonne l'ombre de sorte que bâtiments recevoirla lumière du jour suffisante, et cela permet presque tout résidentdes étages supérieurs au niveau du sol permettent d'accéder aux terrasses extérieures par des couloirs, sans monter ou descendre les escaliersMalgré ces ajustements, la grille polygonale permet une densité globale élevée, avec une surface de plancher développée totale d'environ 82 700 mètres carrés.
Sur la majeure partie du site, la forme architecturale reste constante : 15-linéaire d'un mètre de large bâtiments, unifié par un toit en pente doucetopdes appartements qui épousent le relief. Bien que la taille des appartements varie, tous les logements suivent les normes. un axe structurel partagé, leur permettant de combiner de manière flexibleet s'agréger de manière transparente au sein d'un rassemblés volume du bâtiment:
Le bâtiment, d'une profondeur de 15 mètres, intègre un couloir central . De part et d'autre, les appartements sont subdivisés par un module de 4.2 mètres, formant ainsi une unité de base de 27 mètres carrés (Type 1). Deux appartements de Type 1 peuvent être combinés pour former un appartement de Type 2. Quant aux appartements de Type 3 et 4 , plus spacieux, ils partagent un même escalier. Ces appartements sont dotés de terrasses extérieures attenantes, offrant des vues panoramiques et des espaces extérieurs privatifs .
En dehors de Le plan directeur intègre le logement civique complémentaire et la photographie commerciale bâtiments, conformément aux exigences de planification municipale. Le PO-La zone 01 comprend des équipements communautaires et des services publics au rez-de-chaussée. La zone PZ03 abrite une rue commerçante. qui soutenu par des commerces de détail actifs au rez-de-chaussée, ainsi que des commerces indépendants au Deck restaurant, caféet les bâtiments commerciaux. Arrêt de bus suggéréLes emplacements sont intégrés au réseau de circulation, garantissant ainsi aux résidents et aux visiteurs un accès efficace aux destinations clés, à pied ou à vélo.
Ensemble, ces stratégies créent un environnement résidentiel compact mais aéré , géométrique mais vivant, organique mais rationnel , qui concilie densité, lumière naturelle, paysage et intimité grâce à un système géométrique et topographique unifié.
Terrains communs
Antorip Choudhury [Royaume-Uni]
Introduction
L'émergence de pratiques créatives en Slovaquie et dans le contexte européen plus large engendre de nouveaux besoins spatiaux en matière de logement. Si le travail créatif est souvent associé aux studios, aux ateliers ou aux quartiers culturels, une part importante de la création, de la conception et de la production se déroule désormais au sein même des foyers. Or, le logement reste largement inadapté à ces nouvelles formes d'activité.
Ce projet explore comment l'architecture résidentielle peut favoriser des modes de vie et de création hybrides. Plutôt que de séparer production et habitation, il propose un quartier structuré autour de cours de travail partagées et de terrasses publiques. À l'inverse des îlots urbains prédominants dans les environs, caractérisés par une clôture périmétrique, une hiérarchie des façades et un espace public axé sur la circulation, la cour fonctionne comme un espace productif. Elle privilégie l'occupation à la circulation, permettant aux ateliers, petits studios et espaces de travail partagés de s'ouvrir directement sur des pièces extérieures communes. Ces cours deviennent des lieux d'échange pour la fabrication, la discussion, la réparation et la collaboration informelle entre les résidents.
L'intégration du travail s'accompagne de celle des soins et du jeu. Les espaces domestiques s'élargissent pour favoriser les échanges collectifs, prolongeant ainsi le quotidien au-delà de la sphère privée. Un enfant peut passer de son salon à un bac à sable partagé dans le jardin, tandis que les adultes se réunissent à proximité pour des clubs de lecture, des réunions ou des activités créatives à petite échelle. Jeu et création coexistent dans un même espace, grâce à la proximité et à la visibilité mutuelle.
Typologie
Dans ce projet, les blocs d'accès linéaires aux galeries sont privilégiés en raison de leur capacité à s'adapter aux variations topographiques du site. Ce type de bloc peut être décalé et s'abaisser lorsqu'il est orienté perpendiculairement à la pente, à la manière d'un habitation en terrasses. Aligné parallèlement à la pente, le bloc peut se décaler latéralement, se fragmentant en sa largeur pour élargir la circulation, les seuils et les espaces partagés.
Cette double flexibilité d'agencement et de plan permet aux logements de s'adapter aux variations de niveau sans interrompre la continuité des accès. Les galeries, véritables axes de vie sociale, s'intègrent harmonieusement aux reliefs du terrain, offrant ainsi une générosité spatiale et une sensibilité environnementale au sein d'un système architectural cohérent.
Masterplan d'organisation
Le site est organisé en quatre quadrants, structurés autour d'un axe central qui constitue, comme prévu, le principal axe de transport est-ouest . Cet axe est relié à un réseau de parkings souterrains continus qui s'étend sous les logements, libérant ainsi le reste du site de la circulation automobile et privilégiant un environnement piétonnier propice à des modes de vie actifs et sains. Une offre de logements diversifiée est répartie dans les quatre quadrants, comprenant des logements en accession à la propriété, des logements locatifs et des résidences étudiantes, favorisant ainsi un quartier socialement et économiquement mixte.
La Garden Street, conçue comme un paysage en terrasses étagées, constitue le cœur social et fonctionnel du projet. Cet espace public segmenté accueille divers services partagés, avec des niveaux dédiés aux cafés, restaurants, studios de yoga et de Pilates, espaces de coworking et une crèche. L'aménagement en terrasses favorise la continuité visuelle tout en structurant les activités grâce à la hauteur.
Au sud de l'axe central, le programme prend une dimension plus ouvertement civique. Des équipements ouverts au public, tels qu'un espace de santé intergénérationnel , une école d'art et un centre d'apprentissage pour enfants, favorisent l'éducation, la créativité et l'entraide, contribuant ainsi à un quartier autonome structuré autour d'infrastructures sociales de proximité.
matérialité et infrastructure verte
Le bois et le métal sont les matériaux principaux, choisis pour leur durabilité, leur adaptabilité et leur faible impact environnemental. Une attention particulière est portée à la préservation du paysage existant, au maintien des écosystèmes locaux et à l'intégration harmonieuse des nouveaux aménagements.
Chaque immeuble d'habitation intègre des terrasses vertes paysagées aux étages supérieurs, favorisant le jardinage communautaire et la culture partagée. Ces espaces verts surélevés encouragent les échanges entre voisins tout en étendant la valeur écologique verticalement à l'ensemble du projet. Les modules d'habitation sont reliés entre eux par des abris à vélos intégrés, conçus pour accueillir l'ensemble des vélos utilisés par les résidents. Au-delà du simple rangement, ces éléments de liaison renforcent la mobilité active et constituent un réseau d'infrastructures partagées supplémentaire reliant les différents ensembles d'habitations.
Conclusion
En substituant à la rigidité de l'îlot urbain un réseau de cours et de terrasses publiques, le projet conçoit le logement comme un cadre de vie partagé, intégrant la création, l'entraide et les échanges sociaux au sein même de l'architecture domestique. Plutôt que de séparer les fonctions domestiques, productives et communautaires, le projet les rapproche spatialement, permettant ainsi aux routines quotidiennes de se chevaucher et de s'enrichir mutuellement.
Cette intégration crée un modèle de quartier fondé sur la visibilité, l'entraide et la participation collective, favorisant un mode de vie actif . Les espaces d'accès deviennent des lieux de rencontre, les seuils des zones d'apprentissage et de bienveillance, et les espaces partagés permettent à la création artistique et à la vie sociale de s'épanouir de manière informelle. Ainsi, le logement fonctionne non seulement comme un abri, mais aussi comme une infrastructure civique, capable de pérenniser les relations intergénérationnelles, les pratiques créatives et la résilience communautaire.
Les strates de la vie publique
Dana Matouk, Francesca Zanotto, PiotrOśko, Virginia Bennati, Mane Karapetyan, Valeria Martinez, Kseniia Popova, Ivan Antonio Suazo Reyes [Pologne – Italie – Arménie – Honduras – Russie]
Le paysage comme outil de hiérarchie spatiale
Le projet repose sur une idée simple : créer une transition progressive entre vie privée et vie publique. Au lieu de diviser le quartier en zones fonctionnelles rigides, le plan directeur propose une expérience spatiale continue. Les espaces s’enchaînent naturellement, passant de zones résidentielles plus intimes à des espaces civiques pleinement publics. Le quartier devient un tissu urbain connecté où l’intimité évolue par étapes et où les interactions sociales se font naturellement grâce à la proximité et à la connexion visuelle des espaces.
Les immeubles résidentiels s'organisent autour de cours intérieures verdoyantes, principalement partagées par les résidents. Ces espaces leur appartiennent, mais restent visuellement ouverts, créant ainsi un sentiment d'unité dans le quartier, loin de la fragmentation en îlots distincts. La vie quotidienne se prolonge au-delà des portes des appartements, dans ces espaces extérieurs partagés. Places et espaces verts sont modulables et s'adaptent à différents usages au fil de la journée et des saisons. Les enfants peuvent y jouer, les familles y pique-niquer, les adultes y faire de l'exercice en plein air et les personnes âgées s'y retrouver pour lire. Le paysage accompagne le quotidien de manière simple et naturelle.
Le terrain en pente structure l'ensemble du projet. Les sentiers et pistes cyclables épousent les courbes de niveau naturelles, évitant ainsi d'imposer des géométries artificielles. Se déplacer dans le quartier devient une expérience progressive, révélant peu à peu différents degrés d'intimité et de convivialité. Une rue d'accès en diagonale assure la fluidité des déplacements tout en servant d'axe de circulation plutôt que de voie de séparation. Elle sépare les zones résidentielles des équipements collectifs sans rompre la continuité visuelle. Un bâtiment à usage mixte, initialement prévu dans l'angle sud-ouest, a été démoli afin d'éviter la création d'un espace isolé et de préserver la cohérence globale du système.
Au cœur du projet se trouve la place civique principale, face au théâtre. Conçue comme un amphithéâtre paysager creusé à flanc de colline, elle présente des gradins épousant la topographie et transformant celle-ci en un espace d'architecture publique. Ce lieu peut accueillir des spectacles, des événements publics et des activités quotidiennes informelles. Associé au pôle éducatif et culturel voisin, il devient un point de repère emblématique pour le quartier et la ville. Parmi les autres équipements publics figurent un centre sportif avec des espaces extérieurs dédiés aux activités physiques et une école maternelle ouverte aux habitants du quartier et des environs.
Le développement durable est intégré dès la conception paysagère. Des dépressions peu profondes et plantées servent de bassins de rétention d'eau lors de fortes pluies, tout en restant des espaces verts utilisables pour les loisirs en période sèche. Entourées de gravier perméable, elles collectent et absorbent l'eau de pluie, contribuant ainsi à prévenir les inondations. Une rangée d'arbres le long de la route principale atténue le bruit et crée une barrière naturelle.
Le logement joue un rôle central dans la structuration sociale du quartier. Les immeubles familiaux proposent des appartements de trois et quatre pièces conçus avec une double orientation pour optimiser l'éclairage naturel. Les appartements du rez-de-chaussée disposent d'une entrée privée et d'un petit jardin. Les appartements des étages supérieurs sont accessibles par l'autre côté, ce qui met en valeur les deux façades et distingue clairement les accès privés et partagés. Au rez-de-chaussée, des équipements partagés tels que des espaces de rangement pour poussettes, des locaux à vélos, des laveries et des espaces de détente communs facilitent le quotidien des familles et renforcent le sentiment d'appartenance à la communauté.
Adaptabilité et vie multigénérationnelle
L'agencement offre une grande flexibilité au fil du temps. Il est possible de réunir des appartements adjacents en supprimant les cloisons non porteuses. Ainsi, des familles nombreuses peuvent vivre à proximité tout en préservant leur indépendance. Le quartier peut donc s'adapter à l'évolution des structures familiales.
Dans les immeubles à usage mixte, les logements sont organisés en îlots selon un modèle de colocation. Deux appartements d'une chambre partagent une loggia ou une terrasse commune, faisant office d'espace semi-privé entre voisins. Des couloirs extérieurs surplombent ces terrasses partagées, favorisant la visibilité et les échanges informels. Il est également possible de réunir plusieurs logements pour former des appartements plus spacieux, tout en conservant l'accès aux espaces extérieurs communs.
Le rez-de-chaussée des immeubles à usage mixte est conçu comme un espace urbain dynamique. Il comprend une aire de restauration, des commerces de proximité, des espaces de coworking et une salle de sport. Ce socle productif anime la rue tout au long de la journée et mêle habitat et travail au sein d'une même structure, contribuant ainsi au dynamisme de l'économie locale.
Les voitures sont principalement stationnées en sous-sol. Les parkings sont situés en contrebas du niveau du sol et de nombreux bâtiments y sont directement reliés depuis le bas de la pente. La surface reste majoritairement piétonne, avec des stationnements pour vélos répartis dans tout le quartier afin d'encourager les déplacements durables.
Certains volumes bâtis sont surélevés au niveau du sol pour créer des passages couverts reliant allées et cours intérieures, offrant des espaces de rencontre abrités et renforçant la continuité visuelle. Les façades sont définies par des dalles de béton horizontales se prolongeant en vastes terrasses, maximisant les vues sur le paysage. Ces terrasses procurent ombre et espace de vie extérieur. Un bardage vertical en bois apporte chaleur et échelle humaine, contrebalançant la solidité du béton. De grandes baies vitrées inondent l'espace de lumière naturelle et créent un lien visuel fort avec le terrain environnant. Les toitures les plus vastes sont végétalisées, tandis que les surfaces exposées au soleil intègrent des panneaux solaires positionnés pour une performance optimale. La palette de matériaux associe le béton, qui reflète le caractère urbain de Banská Bystrica, et le bois, reliant ainsi l'architecture au patrimoine naturel environnant.
Le quartier se développe par étapes distinctes afin de garantir sa viabilité dès le départ. Dans un premier temps, les infrastructures principales, c'est-à-dire les rues, sont construites. Ensuite, le noyau civique, avec sa place, son école maternelle et ses équipements publics, lui confère son identité et ses services. Viennent ensuite les immeubles à usage mixte, qui animent le quotidien grâce à leurs commerces et espaces de travail. Enfin, les immeubles résidentiels sont achevés, permettant ainsi aux nouveaux habitants d'emménager dans un quartier déjà fonctionnel et doté des commodités essentielles.
Ce projet propose bien plus que de simples logements. Il crée un quartier relationnel où paysage, circulation et vie quotidienne s'entremêlent. Le terrain se structure, l'espace public devient infrastructure sociale et l'architecture fait le lien entre habitation privée et vie urbaine collective. Il en résulte un quartier flexible, capable d'évoluer tout en conservant une identité forte et cohérente.
Na Úpätí – Au pied des collines
Rachel Borovska, Max Daalhuizen, Minjeong Kim [Pays-Bas]
Niché entre ville et montagne, NaÚpätí relie le tissu fluvial de Sásová aux contreforts boisés. Ce paysage résidentiel surplombe Banská Bystrica et s'étend doucement jusqu'aux contreforts du parc national des Basses Tatras.
Tirant parti de la pente exposée au sud, le plan d'aménagement adopte une structure urbaine épousant la topographie naturelle. Les bâtiments sont disposés en bandes étagées est - ouest, assurant une orientation solaire optimale, des vues panoramiques et une ventilation naturelle croisée. Le site crée un gradient d'espaces : d'une zone plus urbaine et mixte au sud-est à des appartements de plus en plus résidentiels, intimes et intégrés au paysage vers le nord et l'ouest. Les immeubles de faible hauteur constituent le tissu résidentiel prédominant , et leurs volumes sont segmentés afin de préserver une échelle humaine et une perméabilité visuelle entre les bâtiments.
Trois piliers : écologique, social et actif
Le quartier est structuré autour de trois axes principaux continus qui organisent le paysage, la communauté et l'activité :
Écologique (Vert-Bleu) Colonne vertébrale
Un corridor paysager piétonnier travailler en tant que un système de rétention, formant un fossé végétalisé allongé qui recueille l'eau de pluie provenant des points les plus élevés de la pente et de le toits environnants. Le fossé, environ 40 Profond de quelques centimètres, le cours d'eau amortit les fortes pluies tout en traversant des cours, des points de rencontre et des aires de jeux, créant ainsi un environnement paisible et verdoyant. Les pentes atteignent 8 %, mais les entrées des appartements sont de plain-pied et un chemin de gravier agrémenté de petits ponts facilite l'accès piétonnier. La végétation mêle espèces riveraines, de prairie et résistantes à la sécheresse, telles que l'aulne glutineux (Alnus glutinosa), le bouleau verruqueux (Betula pendula), le souci des marais (Caltha palustris) et des fougères indigènes.. Ccours extérieures et de luxuriants jardins à l'arrièreespèces aimant le soleil offrant de l'ombre et attirer pollinisateuret oiseauxÀ travers ces couloirs, la nature s'intègre au quotidien, invitant les habitants à s'attarder et à faire une pause.
Colonne vertébrale communautaire
S'étendant entre les unités résidentielles et la périphérie à usage mixte, cet axe central agit comme un catalyseur social. CafééDes commerces de proximité (boulangeries, pharmacie, épicerie et magasin de sport/randonnée) sont accessibles à pied, favorisant un mode de vie sans voiture. Les pentes atteignent 10 % et l'accessibilité universelle est assurée sur les petites places et les espaces communs.
Colonne vertébrale active
S'étendant vers le centre du terrain, cet axe central offre des équipements sportifs et de loisirs multifonctionnels. Intégré au paysage et situé en bordure de route, il propose des espaces modulables pour les jeux informels, le fitness et les activités plus petites.-Événements communautaires à grande échelle.
Intégration routière et microclimats
La route principale est taillée en 4 m de profondeur, créant un environnement sûr et sans voitures dans la rue(niveau de vie). Cette approche préserve le flanc de la colline»continuité visuelle. Trois passerelles piétonnes assurent une connectivité totale entre la partie nord et la partie sud de la collineLes murs de soutènement le long de la route favorisent des microclimats, permettant à la flore indigène de coloniser les lieux.se les murs minéraux et fournire refuge pour insectes et des espèces de fougères, renforcer la continuité écologique.
Typologie des logements et composition des unités
Un mélange flexible favorise un quartier diversifié pour toutes les générationsDans les étages supérieurs résidentiels et à usage mixte, les logements se répartissent comme suit : 14 % d’appartements d’une pièce, 30 % de deux pièces, 35 % de trois pièces et 21 % de quatre pièces. Les logements du rez-de-chaussée disposent de jardins privatifs avec accès direct au… Écologique Colonne vertébrale; étages supérieurs maximiséssla lumière du soleil et les vues panoramiques. Deux typologies résidentielles sont établies : les petits immeubles de 2-Trois logements par étage et des immeubles de taille moyenne comprenant jusqu'à quatre logements de quatre pièces chacun. Les plans sont flexibles, permettant de relier ou d'agrandir les logements au fur et à mesure que les résidents se réunissent.» Les besoins évoluent, soutenant divers types de ménages des jeunes couples et célibataires aux familles. La construction en bois, avec son bardage biosourcé, ses briques recyclées et ses panneaux de bois, assure une ambiance chaleureuse. À l'intérieur, les finitions en bois se marient à des détails en terrazzo recyclé. Le rLa superficie résidentielle totale est d'environ 26 400. m².
Zones à usage mixte et zones civiques
Les îlots mixtes du sud-est s'intègrent progressivement à la pente. vers la route en contrebasLes rez-de-chaussée abritent des commerces et des services de proximité.s, L'immeuble dynamise les abords de la rue et favorise un mode de vie sans voiture. Les étages supérieurs proposent des appartements compacts et des logements de courte durée, contribuant ainsi à une communauté dynamique et diversifiée.
Les bâtiments civiques du sud se situent au point le plus bas naturel, près de la zone de captage des eaux, formant un pôle dédié au bien-être, aux loisirs et à l'exploration de la nature. avec des vues magnifiques en pleine nature et installations de loisirs comme un sauna et un foyer extérieur sont nichées dans des espaces verts publics, offrant des activités aux visiteurs, aux camps scolaires et de jeunes, et aux personnes âgées. RLes résidents et les visiteurs peuvent accéder aux grottes, aux cascades et aux sentiers de montagne situés à proximité. faciliter aventure en plein air.
Parking & Mobilité
Le parking souterrain peut accueillir environ 400 voitures et 700 vélos, répartis de manière équilibrée. sur les versants nord et sud de la pentePiéton en sécurité Des voies d'accès relient tous les espaces intérieurs, favorisant un environnement piétonnier et automobile.gratuite quartier.
Surface de plancher nette
La surface nette totale est d'environ 53 000 pieds carrés. m² reste en dessous des valeurs maximales de la concurrence (PB02 : 42 000) m²; PZ03 : 27 000 m²; PO01 : 17 000 m²Cette réduction est un choix de conception stratégique pour Échelle humaine, connectivité écologique et espaces publics de grande qualité : en limitant le volume des bâtiments, le plan directeur crée de généreux corridors écologiques. pour la faune, zones de rassemblement pour les résidents, et une expansion Intervention pour la rétention d'eau.
Faisabilité et phasage
Matérialité
Les bâtiments sont construits en bois biosourcé, avec des façades en panneaux de bois et des finitions neutres. Les terrasses, les allées et les ponts publics sont réalisés en pierre et en gravier locaux, s'intégrant harmonieusement au terrain naturel. Les murs de soutènement le long de la route en contrebas et des berges du fossé intègrent des détails en pierre, favorisant la flore indigène et les microhabitats écologiques.
Relier les gens par la nature
Roman Ruhig, Tomáš Kadlec, Ema Ruhigová [Slovaquie]
Le site s'inscrit dans un contexte paysager naturel exceptionnel et occupe une position stratégique entre deux ensembles résidentiels distincts et spatialement séparés. Conformément au plan d'urbanisme, la zone est destinée à être transformée en un ensemble résidentiel de grande qualité, respectueux de son environnement et de son tissu urbain. Notre vision pour ce site, « Créer des liens entre les personnes grâce à la nature », repose sur trois principes fondamentaux :
Le concept urbain repose sur un réseau hiérarchisé d'espaces publics qui garantit la perméabilité et la continuité spatiales du site. Il s'appuie sur les flux piétonniers existants et la végétation préservée. Le plan d'aménagement respecte le milieu naturel et le valorise, optimisant l'exposition sud et tirant parti de la morphologie du terrain.
Structure de l'espace public de la zone de conception
L'espace public constitue la structure porteuse du projet, assurant l'intégration du site tout en renforçant ses connexions extérieures. L'axe public principal est orienté vers le sud, en direction de la zone d'équipements collectifs définie par le plan d'urbanisme. Un réseau public secondaire relie les zones résidentielles au noyau public central. Des axes transversaux épousent la topographie et introduisent une perméabilité spatiale au sein du bâti. Les espaces communautaires – comprenant jardins, aires de jeux et équipements de loisirs – sont situés dans des environnements résidentiels calmes et favorisent les échanges intergénérationnels dans des espaces extérieurs de grande qualité.
Structure d'utilisation des sols de la zone de conception
La répartition de l'usage du sol est conforme au plan d'urbanisme. Les équipements collectifs de proximité sont concentrés le long de l'axe public principal, renforçant un centre-ville dynamique avec des commerces de proximité en rez-de-chaussée et des services essentiels (école maternelle, crèche, centre communautaire, commerces et pharmacie). Des zones à usage mixte sont aménagées en périphérie du site, permettant une transition progressive des fonctions publiques vers les zones résidentielles. Les logements sont situés dans la partie la plus favorable du site : un environnement calme et verdoyant, exposé plein sud et offrant une vue panoramique sur Banská Bystrica. Les espaces verts sont répartis uniformément sur le site, tandis qu'une haie végétale en bordure de périmètre crée une zone tampon écologique protectrice contre l'infrastructure routière environnante.
Infrastructures de transport de la zone de conception
L'infrastructure de transport s'appuie sur la voie d'accès principale existante traversant le site. La circulation automobile est réduite au minimum grâce à deux voies de desserte stratégiquement positionnées, offrant un accès efficace au parking souterrain intégré sous les bâtiments. Les rues internes sont conçues comme des voies partagées à vitesse réduite, donnant la priorité aux piétons et aux cyclistes, tout en permettant la dépose-minute et l'accès aux services d'urgence. L'intégration des transports en commun est assurée par des arrêts de bus stratégiquement situés, desservant à la fois le site et les quartiers adjacents. Un système de vélos en libre-service encourage également la mobilité durable.
Infrastructures vertes de la zone de conception
La stratégie d'infrastructure bleue-verte s'appuie sur les structures paysagères et les corridors écologiques existants. Le terrain en pente est mis à profit pour la gestion des eaux pluviales par gravité grâce à des lignes de rétention suivant les courbes de niveau. Les eaux pluviales sont acheminées vers le point le plus bas au sud du site, où un bassin de rétention principal est intégré. Ce bassin sert à la fois de dispositif de gestion de l'eau et d'élément paysager clé, relié au cœur récréatif et social principal. Le système est complété par des toitures végétalisées et des bassins de rétention, ainsi que par des aménagements végétaux linéaires et ponctuels soigneusement composés, qui améliorent la qualité des rues et des espaces publics.
Structure spatiale et composition urbaine de la zone de conception
Le noyau public central est positionné en fonction des qualités spatiales dominantes du site et articulé autour d'un axe de composition principal. Cet axe est renforcé par des fonctions civiques, un élément architectural distinctif et un élément aquatique majeur. Des axes de composition secondaires structurent et hiérarchisent les espaces publics, interconnectés par des perspectives et des éléments paysagers. Les bâtiments résidentiels s'adaptent au terrain et optimisent l'orientation sud et les vues principales. Des ouvertures stratégiquement placées dans la structure bâtie assurent la perméabilité visuelle, notamment dans les zones résidentielles. L'ensemble est unifié par un cadre végétal intégré.
Phases de développement de la zone de conception
La stratégie de phasage s'articule autour de la mise en œuvre de la voie d'accès principale, qui constitue le cadre infrastructurel fondamental. Chaque phase de développement garantit une répartition équilibrée des fonctions résidentielles, des équipements collectifs et des espaces publics, incluant des services essentiels comme une école maternelle. Les phases suivantes sont ajoutées progressivement afin d'assurer une croissance cohérente, compacte et efficace du quartier.
Architecture
Le concept architectural repose sur la composition de blocs de masses différentes, créés à partir de modules conçus de manière rationnelle. Le module de base s'appuie sur la trame du système structurel porteur, qui se manifeste non seulement dans l'agencement, mais aussi dans la division et la tectonique de la façade.
La conception de la façade s'inspire des bâtiments préfabriqués typiques de la région, dont la caractéristique principale est la trame bien définie de leurs façades. L'insertion du plan de façade dans la masse du bâtiment met en valeur la structure porteuse apparente, qui crée un cadre protecteur pour les loggias. Ce principe de conception assure la protection des espaces de vie extérieurs contre les intempéries et contribue simultanément à la protection passive des appartements contre la surchauffe estivale. La structure porteuse est conçue pour offrir une grande flexibilité dans la configuration des appartements, permettant ainsi la réalisation de différents types d'appartements en termes de nombre de pièces à vivre, sans modifier l'agencement de base ni l'emplacement des gaines techniques. Autre avantage significatif de ce système modulaire : l'aménagement efficace du parking dans le sous-sol semi-enterré de l'immeuble.
Aperçu quantitatif
Surface bâtie : 15 943 m²2 (31 % de la zone)
Surface totale de plancher développée : 72 255 m²2
Domaine de équipements collectifs dans le sud-est du territoire (territoire mixte) : 7 500 m2
Superficie dans la zone des équipements collectifs : 3 780 m²2
Nombre de logements : 400
Nombre de places de stationnement : 703
Nombre de places de stationnement pour vélos : 1000 (environ)
VERDELINE
Elif Ferice Kurşun, Talha BerkanKutlu [Turquie]
Le projet se situe dans le district de Sásová, à Banská Bystrica (Slovaquie), sur un site de 53 105 m² caractérisé par un terrain en pente et une structure paysagère marquée. Il propose un modèle d’habitat intégrant les formes bâties à la topographie grâce à un système vert continu – la « Verdeline » – qui organise les relations spatiales, les réseaux de circulation et les processus écologiques sur l’ensemble du site.
Le projet est structuré en trois zones principales. La zone résidentielle comprend une quinzaine de logements répartis selon les courbes de niveau naturelles. La zone commerciale et mixte inclut cinq immeubles à usage mixte et une galerie marchande regroupant neuf petits commerces et espaces événementiels, créant ainsi un espace public dynamique. La zone publique, également dynamique, abrite trois équipements municipaux ( un centre de remise en forme, un pavillon de yoga et une école maternelle ) intégrés au paysage et directement reliés au réseau de parcs central.
Un futur axe routier est susceptible de diviser le site en deux parties principales. Plutôt que de le considérer comme un obstacle, le projet renforce la continuité spatiale grâce à des corridors paysagers, des liaisons piétonnes et une répartition des espaces de part et d'autre. La stratégie d'aménagement privilégie des bâtiments de faible hauteur, principalement de quatre étages, intégrés à des espaces verts continus, garantissant ainsi que le paysage demeure l'élément dominant de l'espace.
Trois typologies architecturales définissent l'environnement bâti. Le type en V répond directement à la pente, permettant aux bâtiments de s'adapter aux variations topographiques tout en optimisant l'exposition des façades et l'apport de lumière naturelle. Le type en L structure l'espace, créant des cours semi-privées et définissant des espaces extérieurs communs. Le type rectangulaire s'adapte aux parcelles étroites et aux zones de transition, assurant une continuité spatiale entre les îlots de bâtiments. Ensemble, ces typologies génèrent un tissu urbain flexible et réactif, en harmonie avec le terrain.
Le stationnement résidentiel est souterrain, avec un accès pour les véhicules depuis les limites du site donnant sur la rue. Les entrées des bâtiments sont orientées vers des espaces paysagers, permettant aux résidents de passer directement à un espace vert en entrant ou en sortant de chez eux. Cette approche renforce l'objectif central du projet : maintenir un lien spatial constant entre la vie quotidienne et l'environnement naturel.
L’aménagement paysager est l’élément structurant principal du projet. Un corridor vert continu épouse la topographie, formant l’épine dorsale écologique et spatiale de l’agglomération. Ce système relie les îlots résidentiels, les espaces publics et les zones commerciales grâce à des réseaux piétonniers et cyclables ininterrompus. Le déplacement est conçu comme une expérience intégrée au territoire plutôt que comme un simple système de circulation fonctionnel.
Des stratégies paysagères respectueuses de l'eau sont intégrées à l'ensemble du site. Jardins de pluie, bassins de rétention et systèmes de drainage végétalisés collectent et gèrent les eaux pluviales tout en créant des habitats écologiques et des points d'intérêt visuels. Les différentes zones paysagères se distinguent par leur caractère et leur fonction, allant des pelouses et espaces de détente aux zones de plantation productives et aux corridors de biodiversité. Les espèces végétales sont sélectionnées en fonction de leur adéquation climatique et de leurs performances écologiques, favorisant la diversité des habitats tout en assurant une résilience à long terme.
La zone à usage mixte forme une lisière animée le long de l'axe piétonnier principal. Des commerces de proximité et des services communautaires favorisent les activités quotidiennes et les échanges sociaux. L'élément spatial le plus distinctif de cette zone est une série de terrasses intégrées au terrain, creusées dans la pente abrupte. Ces plateformes transforment les dénivellations en espaces publics utilisables, servant de belvédères, de lieux de rencontre et d'aires de repos. En s'étendant depuis le terrain plutôt qu'en le modifiant, les terrasses préservent le relief naturel tout en enrichissant l'expérience spatiale.
L'espace public s'organise autour d'un grand parc central qui constitue le cœur récréatif et social du projet. Ce parc propose diverses activités, notamment des espaces de détente, des installations sportives, un parc canin, ainsi que des terrains de basketball et de tennis. D'autres équipements collectifs – tels qu'un pavillon de yoga, une salle de sport et une école maternelle – sont intégrés au parc et gérés comme des services publics. Une hiérarchie claire des flux organise l'accès, avec des pistes cyclables, des allées piétonnes et des voies de service définies par des strates spatiales distinctes.
La stratégie d'aménagement paysager écologique privilégie une approche multisensorielle et expérientielle. Les compositions végétales favorisent la diversité visuelle, les variations saisonnières, la formation d'habitats et le bien-être humain. Les espaces paysagers sont conçus non seulement comme des espaces verts passifs, mais aussi comme des environnements actifs qui encouragent les interactions sociales, les loisirs et les usages quotidiens.
À l’échelle de l’agglomération, l’implantation des bâtiments suit les courbes de niveau, créant une organisation spatiale étagée qui préserve la perméabilité visuelle et assure la continuité entre les constructions et le terrain. Une structure de vallée centrale organise les flux écologiques, les systèmes hydriques et la circulation piétonne, renforçant ainsi le paysage comme principe d’organisation principal du projet.
Le développement durable est envisagé comme un cadre spatial et écologique intégré, et non comme un simple ajout technique. En harmonisant l'architecture, les systèmes de circulation et les processus paysagers avec la topographie naturelle, le projet réduit l'intervention au sol, favorise la continuité écologique et contribue à la résilience environnementale à long terme.
Verdeline propose un modèle d'habitat intégré au paysage où architecture, écologie et vie publique fonctionnent comme un système unifié. Le projet transforme les contraintes topographiques en atouts spatiaux, créant un lieu de vie où le paysage n'est pas un simple élément de décor, mais la structure fondamentale qui façonne le quotidien.
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Projets en vedette
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Pulse – Symbiotic Heritage
Simona Kemenater, Federica Bennati, SSK Studio – Architettura probiotica [Italie] – www.simonakemenater.it
Les vignes se parent de teintes chaudes tandis qu'Eleanor et Daniel rentrent de Florence. Leur chauffeur les dépose devant le majestueux portail de leur maison de vacances, la Nuova Margherita. Pendant qu'il gare la voiture dans le garage en contrebas, un bâtiment parfaitement intégré au paysage et abritant deux véhicules ainsi que le logement du gardien, le couple flâne dans l'allée bordée de grands cyprès.
Le manoir se dresse devant eux, immuable et majestueux. La façade d'entrée a peu changé : les boiseries ont été soigneusement remplacées, l'enduit minéral refait, mais la composition originale a été préservée. Lorsqu'ils franchissent le seuil, une douce lumière inonde le sol en damier depuis le jardin, révélant l'axe central qui structure l'ensemble du domaine et relie le manoir au Rustico. Eleanor gravit le premier escalier et, à travers la grande baie vitrée, aperçoit leur fille Ava qui se prélasse encore dans la piscine.
À l'arrière, le Manoir dévoile une autre facette : une façade réinterprétée aux ouvertures contemporaines, dont une majestueuse baie vitrée en bois noir à double hauteur. Celle-ci baigne naturellement de lumière l'escalier menant aux chambres. Dans la suite Chianti, Eleanor pose ses achats florentins sur le sol en marbre. Son reflet se dessine un instant dans le voile doré qui recouvre une partie du mur, contrastant avec les hautes poutres anciennes peintes en noir. Elle s'installe ensuite dans l'intimité feutrée de sa loggia pour lire, tout en contemplant la campagne toscane encadrée par les arcades de la façade. Chacune des quatre suites du Manoir bénéficie ainsi de sa propre loggia, une subtile alliance d'intimité et de panorama.
Plus énergique, Daniel se dirige vers le Rustico, en empruntant l'axe central. Il s'arrête un instant à la cave à vin, où il range la précieuse bouteille de Brunello di Montalcino dénichée plus tôt dans la journée, avant de rejoindre la salle de sport. Les murs de pierre, hauts comme une double hauteur, amplifient l'écho de l'eau. Il se dirige ensuite vers le sauna et le bassin d'eau froide, transformant son entraînement en une véritable expérience sensorielle. Enfin, il plonge dans la piscine depuis l'intérieur du Rustico, passant sous une arche de briques avant de rejoindre Ava au milieu du bassin extérieur. Le plastique orange de sa bouée contraste vivement avec la blancheur des terrasses en pierre.
Lucas, le benjamin, revient d'une promenade à cheval avec sa nourrice et se retire un moment dans le salon TV à l'étage du manoir. Cette pièce entièrement vitrée offre une telle transparence qu'Eleanor peut lui adresser un sourire avant de redescendre accueillir les invités.
Deux amis français viennent d'arriver. Ils se garent à l'ombre du carport dissimulé par la végétation, leur regard admiratif immédiatement attiré par la silhouette du Manoir. Eleanor et Daniel les accueillent chaleureusement et les conduisent à leur logement, situé à l'extrémité du Rustico. Cette partie plus récente affirme clairement son époque : revêtue de bois noirci par le feu, ponctuée de larges bow-windows en bois sombre, elle contraste avec les arcades de pierre et de brique du reste du bâtiment. Ici, la rupture architecturale traduit le changement de fonction : la partie ancienne du Rustico est dédiée aux loisirs, au bien-être et à l'œnologie, tandis que la partie plus récente devient une élégante résidence d'hôtes.
Au crépuscule, le domaine s'anime d'une atmosphère festive. Amis et famille se réunissent dans le vaste salon du manoir pour partager un dîner préparé par un chef renommé. Ava est assise au piano ; ses notes résonnent sous les voûtes de briques, amplifiées par l'acoustique exceptionnelle de la pièce. Les hommes, rassemblés autour du bar contemporain, savourent un whisky raffiné, tandis que les femmes admirent les couleurs vibrantes d'une toile abstraite qu'Eleanor a récemment acquise dans une galerie florentine.
Dans la cuisine, l'effervescence est palpable. Le chef s'affaire autour du grand îlot central en acier brossé, qui évoque les cuisines des palais qu'il connaît si bien. Parfois, il gravit les quatre marches menant à l'arrière-cuisine pour y chercher un ingrédient. Cet espace, conçu pour le personnel, intègre discrètement la buanderie et les quartiers privés de la nounou dans une continuité fonctionnelle harmonieuse. Au moment du service, le chef longe la spectaculaire baie vitrée de six mètres de haut qui relie la cuisine au salon, apportant son plat principal : une pappa al pomodoro revisitée, un hommage raffiné aux saveurs toscanes.
La soirée se poursuit dans la salle de jeux du manoir, où les éclats de rire et le cliquetis des boules de billard se mêlent à la musique. Les espaces s'animent, révélant leur capacité à favoriser la convivialité et à sublimer chaque instant partagé.
Au matin, Daniel est le premier à se réveiller. Dans la salle à manger attenante à la cuisine, il savoure un café face aux vignes. Les portes-fenêtres coulissantes s'ouvrent sur la terrasse, laissant entrer une douce brise. Les reflets de l'eau dansent sur les murs, faisant écho, au rythme du soleil levant, à la richesse des moments vécus la veille. Ici, à la Nuova Margherita, le temps semble suspendu entre patrimoine et modernité, tradition et confort. Chaque séjour devient un rituel de beauté, de sérénité et de partage : une expérience intime du luxe toscan.

























































































































