19.06.2023 – Résultats du concours
Le défi de ce concours était d'imaginer des espaces publics plus inclusifs, sûrs, résilients et durables. L'idée était de faire preuve de créativité et d'expérimenter de nouvelles pistes pour améliorer les conditions de vie dans nos villes.
Les propositions retenues ont permis de mettre en œuvre des techniques tactiques dans des contextes très divers et fascinants. Parmi les problématiques abordées dans chaque projet, on trouve des idées de pratiques régénératrices proposées pour restaurer l'écosystème marin d'une île, la réhabilitation de bâtiments inachevés à Shanghai et un projet entièrement théorique utilisant l'intelligence artificielle.
TerraViva remercie tous les concurrents pour leur participation à la troisième édition de Tactical Urbanism Now!
1st PRIX
Une ligne Santa Cruz del Islote
German Paipa, Johana Martinez, Ana Garzon Soto, Sergio Cortes Aya, Andres Paipa [Colombie]
Le projet est situé à Santa Cruz del Islote, une île entourée de quatre îles voisines, dans la municipalité de Bolívar, département du même nom en Colombie. Cette île d'une superficie d'un hectare abrite environ 826 habitants, dont 200 vivent sur des maisons flottantes, tandis que les autres travaillent dans le secteur du tourisme.
Le projet repose sur deux concepts clés. Premièrement, il vise à mettre en œuvre des pratiques régénératrices pour restaurer l'écosystème marin de l'île. Ce processus de restauration constitue le fondement d'un développement durable. Deuxièmement, le projet vise à déployer une gamme diversifiée de programmes dans différents espaces, créant ainsi un cercle vertueux qui favorise le développement d'une économie touristique florissante. Les ressources économiques générées pourront ensuite être utilisées pour la réhabilitation de l'île et le bien-être de ses habitants.
Nous proposons la mise en place d'un système régénératif utilisant l'aquaculture pour favoriser la restauration, la préservation et la durabilité des fonds marins. Notre objectif est de renforcer la couche récifale corallienne entourant l'île, ce qui bénéficiera aux espèces marines essentielles à son équilibre.
Par ailleurs, nous avons conçu un circuit touristique partant de l'intérieur de l'île et se reliant harmonieusement à sa périphérie grâce à une structure semi-flottante. Ce circuit comprend divers éléments, dont un quai d'arrivée et plusieurs stations faisant office d'aires de loisirs et de centres d'activités touristiques.
L'éloignement de l'île représente un défi majeur pour l'aménagement d'espaces publics adaptés aux activités sportives et récréatives de ses habitants. Afin de remédier à ce problème, nous proposons la création d'une structure flottante multifonctionnelle pouvant accueillir à la fois des activités sportives et sociales.
2nd PRIX
Union à bulles
YiWei Chen [Chine]
Aujourd'hui, de nombreux bâtiments en construction, dont la construction est interrompue, apparaissent aux abords de Shanghai, monopolisant les ressources sociales et dégradant le cadre de vie. On les qualifie souvent de « bâtiments inachevés ». Du fait de l'expansion urbaine, ces problèmes existaient bien avant la pandémie. Parallèlement, l'esprit d'entreprise est devenu une pratique courante chez les étudiants shanghaiens, ce qui implique une utilisation accrue des ressources sociales. Un paradoxe se dessine donc entre ces deux phénomènes.
« Bubble Union » est un groupe spontané créé par des étudiants. Son siège se situe sur un socle inachevé, constitué de centaines de pieux en béton, à proximité de la station de métro de la Cité universitaire de Songjiang à Shanghai. Initialement destiné à devenir un important pôle de transport au début du XXIe siècle, ce socle servira désormais de tremplin aux étudiants souhaitant lancer leur propre entreprise.
L'association fournit un matériau gonflable qui peut être greffé sur les friches industrielles et encourage les étudiants à transformer les bâtiments inachevés de la ville en espaces entrepreneuriaux éphémères. Ces matériaux, compressibles à la taille d'un sac à dos, sont transportés par le métro jusqu'au siège de l'association. Les étudiants utiliseront leur esprit d'entreprise pour modifier l'environnement des bâtiments inachevés et se faire connaître du public. Au fur et à mesure que la construction progresse, ce groupe nomade partira et transformera un autre bâtiment inachevé de la même manière. Tels des bulles éphémères, ils peuvent avoir un impact profond.
3rd PRIX
SPAiCEPILOTA23
Moritz Hahn, Mark Balint (Moritzruben - Marc Balint) [Allemagne]
Et si les chantiers de construction étaient maintenus dans un état de reconfiguration et de reconstruction perpétuelles ?
L'espace, en tant que médium, offre à ses habitants une opportunité unique d'expression et d'affirmation de soi. Notre proposition aborde le développement urbain contemporain sous la forme d'un festival spatial évolutif, conçu comme une pratique créative et inclusive. L'objectif est de remettre en question les notions traditionnelles de production spatiale, tout en privilégiant la durabilité, la communauté et le rôle de l'espace public comme bien commun.
Nous croyons que la pratique partagée de la reconfiguration de l'espace habité est indissociable de la reconfiguration de l'identité collective et de la structure sociale. Pour ce faire, il est nécessaire de disposer d'un socle commun et flexible favorisant les rencontres enrichissantes. Notre approche consiste à multiplier les espaces publics en les invitant à partager des opportunités. Nous imaginons une ville qui invite chacun à s'approprier ces espaces pluridimensionnels, permettant ainsi l'émancipation et l'adaptation à des besoins divers. Nous œuvrons pour une plus grande autonomie tout en démontrant le potentiel des pratiques collectives pour envisager de nouvelles formes de vie en communauté.
Ces initiatives prennent naissance grâce à un catalyseur original et excentrique : le festival spatial. Cet événement célèbre l’espace comme un médium à part entière. Les sites envisagés sont des capitales européennes. La structure mobile et itinérante du festival s’installe dans différents lieux pendant quelques semaines avant de se déplacer vers sa prochaine destination, laissant derrière elle un sillage de zones urbaines où l’imagination débordante et la transformation spontanée s’épanouissent, et où les citoyens se sentent encouragés à participer à l’aménagement futur de leurs quartiers.
Mentions dorées
(classés par code d'enregistrement)
Une peau plus épaisse pour les zones denses
Fabrizio Canessa, Andrea Santos, Lama Alkadi [Paraguay – El Salvador – Syrie]
Nous croyons que l'infrastructure est un puissant outil de cohésion sociale et que l'espace public a un fort potentiel pour devenir une infrastructure à part entière. Et quel meilleur endroit pour mettre en pratique ce principe que les favelas vibrantes de Rio de Janeiro, où l'infrastructure est déjà tout à fait unique : généralement inexistante, elle est partagée et improvisée, et les habitants s'y rassemblent lorsqu'elle existe.
Notre proposition explore la possibilité de repenser (et de remédier) aux espaces publics des favelas en les concevant comme des infrastructures souples, ludiques, sociales et ingénieuses. La stratégie repose sur une conception de l'espace public dans ces quartiers comme un espace « enveloppé », où les façades constituent une sorte de « peau ». Occuper un tel espace ne ferait que le réduire considérablement ; notre stratégie consiste au contraire à l'épaissir. Le projet prend l'une de ces façades et propose de la recouvrir d'une structure métallique. Cette construction s'adapte à la façade sous-jacente et se veut la moins intrusive possible, faisant le lien entre l'espace public et les habitants du bâtiment (avec des balcons et même un kiosque).
Différents éléments sont ensuite intégrés à cette structure : un système d’adduction d’eau composé de réservoirs et de canalisations, un escalier en colimaçon, du mobilier modulaire de différentes tailles, des lampes orientables, un brise-soleil et un ballon coloré. Les habitants sont libres d’expérimenter la structure et d’utiliser l’espace public selon leurs goûts et leurs besoins. C’est la combinaison de ces éléments qui permet différentes configurations, au service de la communauté et renforçant sa résilience sociale – offrant ainsi, espérons-le, aux favelas une meilleure résilience pour prospérer.
Paysage post-inondation
Kuang-Yu Niu, Hui-Chi Hu, Wen-Hsiang Hsu, Wen-Ko Chang [Taiwan (ROC)]
Située au confluent de plusieurs rivières, Taipei bénéficie d'abondantes ressources naturelles et de paysages aquatiques enchanteurs. Cependant, les typhons incessants ont isolé la ville des cours d'eau par une infrastructure démesurée : une digue continue atteignant jusqu'à 10 mètres de haut, construite dans les années 1960 pour empêcher les inondations. Ce mur, loin de se contenter de retenir l'eau, a aussi coupé les habitants du fleuve pendant des décennies. De ce fait, les berges sont devenues synonymes de périphérie urbaine, accessibles uniquement par quelques ouvertures dans l'immense digue.
Afin d'améliorer l'accès au plus grand espace vert de la ville et de reconnecter les habitants à la rivière, nous proposons une transformation radicale du processus de nettoyage des sédiments après les inondations. Au lieu d'une approche centralisée et autoritaire, nous privilégions la participation citoyenne : les participants collectent les sédiments dans des sacs de sable modulaires et les empilent pour former une pente artificielle permettant de franchir le mur anti-inondation. Cette démarche participative met en lumière les zones délaissées de la ville et donne aux citoyens les moyens de repenser l'aménagement des berges en choisissant les zones et les contours à nettoyer.
La participation, la temporalité et la modularité sont les éléments clés de cette action provocatrice. Elle vise à démontrer concrètement l'émancipation de la ségrégation de longue date imposée par la digue, à reconquérir l'accessibilité des berges et à transformer la cause en solution, métamorphosant les conséquences indésirables des inondations en un paysage post-inondation transitoire mais agréable.
Revitalisation des berges de la rivière
Radhames Rodriguez, Morgan Henry (RARM) [Pays-Bas]
La Cienega, quartier marginalisé situé sur les rives polluées du fleuve Ozama à Saint-Domingue, en République dominicaine, est au cœur de ce projet de transformation. L'initiative vise à répondre aux défis locaux, à insuffler à la communauté vitalité, sens et solidarité, tout en redéfinissant les espaces publics et en favorisant un progrès durable.
Le projet s'attaque à trois défis majeurs qui pèsent sur la communauté : 1. Crise du plastique : la rivière est envahie par les plastiques à usage unique provenant des quartiers marginalisés ; 2. Manque d'espaces publics et d'infrastructures : il existe une grave pénurie d'espaces publics adéquats et d'infrastructures de loisirs essentielles ; 3. Manque de sensibilisation à la coexistence avec les ressources naturelles et à leur appréciation.
Pour relever ces défis, le projet se déploie autour de deux éléments clés :
Les sols modulaires en terrazzo sont fabriqués à partir de plastique recyclé, valorisant ainsi les déchets fluviaux. Ces sols polyvalents, construits sur une structure peu invasive, offrent des habitats à la faune sauvage et garantissent l'accès à l'eau pour la navigation et l'exploitation des ressources environnementales. Des structures flottantes servent de quais durables.
Deuxièmement, le mobilier modulaire, composé d'une structure métallique simple mais polyvalente et complété par des panneaux interchangeables, se transforme en bancs, tables, lavabos et jeux pour enfants. Il favorise les échanges et dynamise le quartier.
Cette approche modulaire met l'accent sur l'accessibilité, la durabilité et la personnalisation. Le projet étend ses bienfaits au-delà de La Cienega, pouvant s'adapter à tous les fronts de rivière de la République dominicaine ; il dynamise les zones délaissées et encourage une culture de l'espace public. En revitalisant les quartiers délaissés, en favorisant les rencontres et en reconnectant la communauté à la splendeur de la nature, ce projet adaptable insuffle une nouvelle vie à tout quartier qui en a besoin.
Flotteur adaptatif
Beyza Portakal, Elif Ağaoğlu Yıldırım [Turquie]
Istanbul, ville établie au carrefour de deux continents, est entourée par la mer sur trois côtés. Son développement s'étend des rives du centre historique jusqu'aux rives du Bosphore et de la mer de Marmara. Le littoral, à la limite entre terre et mer, abrite d'importants carrefours et lieux de rencontre.
L'existence et la fonctionnalité de ces espaces publics sont essentielles au lien entre l'individu et l'espace. Par conséquent, la préservation spatiale du littoral est importante tant pour la ville que pour les citoyens. Or, à Istanbul, les côtes sont menacées par l'industrialisation, le remblayage, les pressions économiques et la dégradation de leur continuité, ce qui fragilise jour après jour leur relation avec la ville.
Le Flotteur Adaptatif est un espace public alternatif qui prend place sur les rives d'Istanbul. On peut l'apercevoir depuis le ferry qui le transporte d'une rive à l'autre. Il est réinstallé à chaque escale, offrant ainsi de nouvelles surprises. Ses principaux matériaux sont des barres d'acier, des surfaces flottantes en bois de 5 x 5 m et du tissu. Les différentes combinaisons de ces matériaux sont fascinantes. L'excitation est palpable chaque jour, selon la rive où il se trouve et l'événement qui s'y déroule. Grâce à une application, les citoyens peuvent suivre sa position, consulter le calendrier des événements et voter pour le prochain. C'est un lieu d'activité quotidienne, mais aussi un appel à l'innovation.
Honorable mentions
(classés par code d'enregistrement)
Arches flottantes
Gabriela Mello, Sofia Leonardos [Brésil]
Vers un écosystème rural -de l'agrosystème à l'écosystème ouvert et attractif-
La Cascina Lossano est un ensemble de bâtiments agricoles distincts, organisés autour d'une cour intérieure. Ce modèle d'aménagement de l'espace agricole s'est avéré efficace et a permis à la ferme de perdurer un certain temps. Cependant, elle n'est plus utilisée à sa fin initiale. Afin de répondre à sa nouvelle vocation et de la rendre socialement et écologiquement performante, une transformation s'impose. « Ce qui était extérieur, l'atmosphère, se trouve maintenant au centre, soudainement confiné dans un espace clos, réduit et étroit ; et ce qui constituait les strates les plus profondes est maintenant disposé en cercles concentriques qui s'étendent vers les bords de la carte […] où se concentrent la vie humaine et non humaine ainsi que les ressources qui la soutiennent. » Et attirer des points de vie venant d'horizons divers, qui, ensemble, forgeront l'identité du lieu.
Vers un nouveau vernaculaire architectural et social -utilité, solidité, beauté-
Utilité : cette rationalisation s’opère par la création d’espaces de service transversaux qui donnent de l’épaisseur aux murs existants, par une circulation longitudinale suivant un couloir en périphérie extérieure et par des espaces conviviaux inspirés de la vie rurale : l’atelier et le séchoir. Nous puisons notre inspiration dans un mode de vie pour en créer un nouveau.
Solidité et beauté : s’inspirer du patrimoine bâti et de son savoir-faire pour savoir comment réinventer avec les besoins et les ressources d’aujourd’hui – disponibles à proximité, comme les matériaux industriels courants –, sans pour autant tourner le dos aux connaissances contemporaines.
Dalyan
Hatice Bahar Çoklar, Ahmet Hakan Uğur, Ceren Geyiktepe, Ece İrem Tuncer, Övgü Resmiye Gülaçar [Serbie – Turquie]
Le concept fondamental du projet est « vivre, apprendre, se divertir », symbolisant la revitalisation d'une ferme délabrée en un espace polyvalent dédié aux loisirs et à l'éducation. Cette transformation offre une parenthèse hors du tumulte de la vie urbaine, proposant des activités telles que la poterie, la peinture, le yoga et la vinification. Elle allie harmonieusement modernité et traditions rurales, et s'adresse tout particulièrement aux citadins voisins.
Au cœur de Cascina, Aia constitue l'élément central. Le garage sera transformé en un espace polyvalent pouvant servir de salle à manger, ainsi que de lieu pour des cérémonies et des événements professionnels.
Le Porche se transformera en un centre d'activités variées, avec un niveau souterrain agrandi abritant un chai, de spacieuses salles au deuxième étage pour des cours et des ateliers, et un point de vue au dernier étage offrant une vue pittoresque sur le paysage de Cassina.
L'ancienne écurie a été transformée en complexe résidentiel. Tout en conservant son charme rustique, les intérieurs offrent une ambiance moderne et confortable. Chaque appartement bénéficie d'une vue panoramique sur les environs pittoresques, garantissant un séjour reposant.
Les façades des bâtiments arboreront des couleurs neutres et des matériaux naturels tels que le bois, la brique et la pierre, s'intégrant harmonieusement à l'environnement. Certaines structures anciennes feront l'objet de travaux de conservation uniquement pour préserver leur charme d'antan.
Ce projet invite à la découverte d'une réalité rurale paisible, alliant harmonieusement tradition et modernité. C'est un lieu où les hôtes peuvent se ressourcer au contact de la nature, cultiver leurs passions et se créer des souvenirs inoubliables dans un cadre enchanteur.
Théâtre 1 KM
Samuel Cabiron, Dimitri Pagnier (Samuel Cabiron) [France]
La Cascina Lossano est une ferme située dans le nord de l'Italie. Datant du XVIIIe siècle, elle comprend des bâtiments des années 1960 considérablement dégradés. La restauration de ce lieu, visant à le rendre à nouveau fonctionnel et à l'adapter aux besoins de la vie rurale sans en altérer le style architectural, représente un défi pour la conservation de ce patrimoine culturel, notamment si l'on souhaite préserver l'essence même de ce site.
Le projet vise à préserver une partie du paysage rural du territoire entourant cette ferme et à l'intégrer pleinement à Canscina Lozano. Ainsi, les rizières et le réseau de canaux continueront d'exprimer, par l'eau, la mémoire de ce lieu.
L'écurie, le porche et les maisons paysannes sont réaménagés afin de créer un vide vers le paysage et, à l'intérieur, un miroir d'eau qui le reflète. De plus, les rizières sont intégrées à la cour « Aia » grâce à la création de jardins communautaires, nouveaux lieux de rencontre pour les touristes, qui valorisent la tradition agricole locale.
Dans ces immeubles, chaque appartement bénéficie d'une double hauteur sous plafond, ce qui accroît la luminosité intérieure et met en valeur les détails des briques et des finitions. Les puits de lumière captent la lumière naturelle du soleil le jour et, la nuit venue, chaque pièce est baignée d'une douce lumière céleste, créant ainsi un point de repère dans le paysage.
« Corps-ville » : une perspective tactique sur la territorialité des collecteurs informels de recyclage
Andrei Zaiatz Crestani, Mac Knight Lemberg, Richard Pires, Flávio Dantas de Oliveira Lopes, Yasmin Migliati, Marina Ferreira, Thaina Lourenço da Silva [Brésil]
La cascina est une authentique habitation traditionnelle italienne, incarnant des idéaux humanistes de structure sociale, de pratiques agricoles et de méthodes de construction rationnelles. Cependant, elle porte également en elle des conceptions anthropocentriques occidentales, qui tendent à négliger la relation avec les éléments non humains incontrôlables de l'environnement. Cela se manifeste par ses murs imposants, ses petites ouvertures et l'agencement du bâtiment, qui créent une frontière nette entre l'humain et la nature.
Cependant, aujourd'hui, les habitations rurales sont recherchées par ceux qui aspirent à un lien profond avec la nature. Cascina se trouve ainsi confrontée à un double défi : préserver son importance historique et opérer une transformation radicale pour renouer avec la nature.
Le Palimpset Perméable résout ingénieusement ce dilemme en ajoutant une extension périphérique à la structure d'origine. Cette charpente légère illustre non seulement la méthode de construction rationnelle contemporaine, mais relie aussi harmonieusement l'environnement extérieur à l'espace intérieur grâce à son enveloppe translucide et ouvrable et à sa verrière. Des arbres ombragent le séjour, tandis que les fenêtres peuvent être ouvertes pour transformer l'espace en une expérience de vie en plein air. Chaque jardin est entouré de délicates clôtures en acier, préservant l'intimité et les limites territoriales tout en minimisant l'impact de la lumière naturelle, du vent et des éléments.
De plus, le projet respecte la végétation existante qui a reconquis le site durant sa période de déclin et favorise même sa croissance, conformément à l'écorégion de Sant'Alessio con Vialone. Cette intervention crée un microclimat plus favorable au bâtiment tout en offrant un abri à diverses formes de vie.
Jeu de fleurs et échelles – (Re)faire fleurir les couleurs de la ville
Elisabetta Fauda Pichet, Roberta Menaguale, Elisa Gianvenuti [Italie]
Inscrite dans le paysage, la Cascina Lossano laisse une trace physique et tangible des événements passés. L'existence même de ce vestige dans notre environnement est la garante de notre mémoire. Cette ruine ne se limite pas à une simple manifestation spatiale ; elle révèle aussi son double : le fantôme de ce qui aurait pu être, de ce qui n'est pas encore. L'entité que forme la Cascina Lossano oscille ainsi entre deux temporalités entremêlées : l'une présente et matérielle, faite de brique et de béton, l'autre fictive et hors du temps, stimulant notre imagination.
Comment préserver l'authenticité de ces ruines et les rendre visibles tout en leur assurant une utilisation durable en tant qu'habitat ?
Le projet tire parti de cet état de ruine en exploitant les atouts du site. Le manoir, la ferme, le porche et l'écurie sont préservés. La porcherie, le garage et les remises étant démolis, leurs matériaux sont réutilisés, perpétuant ainsi leur histoire. Par des interventions ponctuelles, le projet préserve l'existant dans son essence. L'architecture s'approprie la ruine pour inventer de nouveaux modes de vie. Suppression de fragments de façades et de toitures, installation de menuiseries apparentes, intégration d'éléments biosourcés, consolidations structurelles : le projet étudie rigoureusement chaque détail pour former un ensemble suspendu dans le temps.
Les choix architecturaux orientent le projet vers le paysage et l'Aia. Les logements se développent autour d'une source commune, bordée de vestiges de ruines et de végétation, créant une oasis propice à la vie et à son histoire.
Transformez maintenant ! – Une approche tactique d'amélioration des sols urbains comme catalyseur de transformation à Chelsea, MA
Haoyu Zhao (Haoyuzhaola) [USA]
Cascina Lossano pour les communautés est un espace de vie collectif réhabilité dans une ancienne ferme lombarde située dans la campagne près de Pavie. La préservation des trois bâtiments principaux et de l'ancien bâtiment central aire de battage L'idée de conception s'est orientée vers un nouveau concept d'habitat, en harmonie et cohérence avec les éléments préexistants. Une structure métallique légère compose la trame du nouveau bâtiment, délimitant les principaux espaces de partage. Une salle de sport, une bibliothèque, un atelier de jardinage, une buanderie, un espace de rangement et une grande cuisine commune entourent les logements et permettent aux habitants de partager, outre les espaces, les services, les ressources et l'énergie, dans une perspective d'habitat participatif que nous tendons actuellement à redynamiser. L'idée de concentrer, autour d'un espace ouvert, une série de fonctions à partager et à intégrer aux appartements privés est née spontanément. aire de battage L'espace redevient un élément appartenant à l'homme, polyvalent selon les situations : lieu de jeux, de sport ou de cinéma en plein air, il devient fondamental pour la sociabilité des habitants. Le caractère rural est également préservé et renforcé par l'aménagement de jardins partagés, autre élément important de partage et de rassemblement pour la communauté. L'irrigation des champs cultivés est assurée par un puits qui exploite la ressource naturelle de manière durable et écologique, ainsi que par l'installation de panneaux photovoltaïques pour produire de l'électricité. L'activité agricole encourage la consommation de produits locaux, pour lesquels un espace de vente, accessible également de l'extérieur, a été aménagé.
Paysage ombragé
Qiuming Li, Yi Zhu, Peixuan Wu, Shiyao Liu [Chine]
Les anciennes fermes en milieu rural, et les cascinas en particulier, s'avèrent être des modèles pertinents d'espaces de vie pour l'avenir, des microcosmes où s'établit une synergie des activités humaines, une « sinergia rurale ».
Entre Pavie et Milan, la Cascina Lossano, avec sa taille réduite et la diversité de ses bâtiments, offre l'opportunité d'expérimenter la transformation d'une ancienne ferme en un nouveau microcosme où se crée une synergie rurale. À partir de la structure existante et en intégrant de nouveaux usages, le projet prévoit la réactivation des activités agricoles, l'aménagement d'un gîte et la création de logements, de bureaux et d'un atelier d'artiste.
Le plus grand bâtiment résidentiel, le Manoir, a été rénové pour accueillir une famille d'agriculteurs. L'élevage porcin a été aménagé dans la nouvelle porcherie et le potager est cultivé. La charcuterie et les légumes sont ensuite stockés dans le Garde-manger, avant d'être consommés sur place ou vendus. Le second bâtiment résidentiel, la Maison du Fermier, a été transformé en gîte avec différents types d'hébergements individuels organisés autour d'un salon commun, permettant ainsi d'accueillir temporairement des hôtes de tous types. L'ancienne Écurie a été entièrement repensée, de l'intérieur comme de l'extérieur, offrant une grande flexibilité d'aménagement : logements, bureaux et atelier d'artiste. Enfin, le Porche, ouvert sur la cour « Aia », a conservé toute sa beauté et son charme d'antan. Commun à tous, il sert désormais au stockage de la paille, mais aussi de lieu de réception pour les repas, les fêtes et les concerts jusque tard dans la nuit.
Le projet s'inspire du génie du lieu et s'inscrit dans la continuité du bâtiment existant tout en y ajoutant de subtiles touches de modernité, afin de préserver la tradition, de révéler l'essence du lieu et de lui insuffler une nouvelle vie.
Adaptation urbaine de Téhéran
Neda Dizaji, Mohammad Rezaee, Shima Firoozbakht, Ahmad Mashkoori [Iran]
L’objectif est de créer une communauté qui embrasse un mode de vie plus simple, rappelant celui de leurs ancêtres, caractérisé par l’agriculture et l’artisanat, en préservant le charme et l’intégrité architecturale de la Cascina grâce à des actions à faible impact.
Les espaces extérieurs forment un espace public unifié, reliant les différents îlots tout en préservant l'intimité de chacun grâce à des éléments naturels, des arbres et des revêtements de sol variés. L'accès public se situe au nord, offrant ainsi des espaces extérieurs paisibles à l'ouest, accessibles aux logements indépendants du Farmer, du Manor House et du Stable.
Le jardin secret fait office à la fois de verger et de lieu de méditation pour la communauté, tandis qu'une nouvelle pergola sert de parking à vélos, avec un chemin menant aux immeubles d'habitation, dans un jardin semi-privé.
Un nouveau volume guide les visiteurs vers le principal espace public extérieur, l'Aia, une place minérale ombragée donnant accès au Porche et au nouveau bâtiment, étendant ainsi leurs fonctions.
Un jardin urbain et une piscine, aménagés dans les structures existantes de la porcherie et de la pergola, donnent sur les champs.
Seuls des matériaux écologiques sont utilisés : l'isolation et le plâtre du bâtiment existant sont en balles de riz, tandis que le nouveau bâtiment – une salle polyvalente où des panneaux coulissants et un mobilier compact permettent des fonctions flexibles – est en bois.
Les intérieurs sont compatibles avec une communauté composée de familles, d'artisans, de voyageurs et de pionniers désireux d'expérimenter le mode de vie proposé, créant un mixité sociale où la réutilisation créative de la Cascina conduit à la régénération urbaine et à la redécouverte de toute la zone.
le redistributeur
Bence K. Szabó, Gábor Bártfai (Studio KAZAL) [Hongrie]
Le processus de conception a débuté par le choix des bâtiments à démolir et à rénover. Dans ce projet, les bâtiments H (garage) et G (porcherie) ont été démolis pour laisser place à une nouvelle construction. Cette nouvelle structure, dont le volume correspond à celui du bâtiment H, s'étend jusqu'aux limites du bâtiment G, créant ainsi quatre espaces extérieurs distincts.
Dès l'entrée du site, six parterres permettent aux nouveaux résidents de cultiver des légumes, des fleurs ou des herbes aromatiques. Au centre, un espace de rassemblement, anciennement appelé l'Aia, a été aménagé, servant de point de convergence à tous les bâtiments. L'emplacement de l'ancien bâtiment G a été transformé en un espace vert ouvert où les enfants peuvent jouer, les adultes faire de l'exercice et les personnes se détendre à l'ombre des arbres ou au bord d'une piscine. Enfin, un espace semi-privé a été créé pour la maison du fermier et le manoir, offrant aux nouveaux propriétaires un espace extérieur plus intime.
Tout au long du projet, un effort particulier a été déployé pour préserver les caractéristiques uniques des bâtiments existants, conservant ainsi l'ambiance générale de l'ancienne cascina. Ces structures ont été transformées en nouveaux immeubles d'appartements, offrant chacun des espaces de vie variés adaptés à différents modes de vie.
Le nouveau bâtiment proposait un espace à usage mixte, offrant des commodités communes au quartier, notamment une petite salle de sport, une buanderie partagée et un espace polyvalent pouvant servir d'espace de coworking, de cafétéria ou d'espace événementiel pour des rassemblements et des célébrations.
Le droit à la ville ludique
Cass Golding, Sam Petz (Atelier Petz) [Royaume-Uni]
Le projet Tre-Atriums envisage la transformation de la Cascina historique en une communauté harmonieuse, proposant neuf logements de tailles variées. Afin d'enrichir la vie communautaire et de favoriser un fort sentiment d'appartenance, nous proposons trois atriums interconnectés au sein de la structure d'origine. Ces atriums serviront non seulement d'espaces publics dynamiques propices aux échanges, mais établiront également un lien essentiel entre la communauté et les champs agricoles environnants. Pour garantir l'intégrité et la stabilité structurelles de la Cascina, de nouvelles structures sont intégrées, non seulement pour soutenir les nouveaux espaces, mais aussi pour définir le caractère des zones de vie, instaurant ainsi un dialogue significatif avec l'histoire de la vie agricole.
Finalistes
(classés par code d'enregistrement)
25490 - Espace de guérison post-Covid – Lok Tim Chan, Richard Chun Wah Tung, Ellena Oi Ling Wong [Hong Kong, Chine]
25536 - Dialogue(et)o – Camila Pedroza, Manuela Silva [Colombie]
25576 - Un hangar flottant – Harouth Arthur Mekhjian, Dessislava Dimitrova (madexus) [Royaume-Uni]
25622 - Campo da giochi – Chiara Rimoldi, Margherita Anna Villa [Italie]
25627 - NADOOR – Nabil Dbouk [Pays-Bas]
26692 - Urbanisme tactique | Jouez-moi | Mestre | Venise | Italie – Giovanni Carraretto, Francesca Di Bussolo, Francesco Carraretto [Italie]
27153 - Tissage sous – Hao Zhong [États-Unis]
27335 - Cinq sens Gallaratese – Cristina Cammaroto, Luca Fornoni, Matteo Vitali [Italie]
27355 - Kit Tangraplay – Bilge Kobak, Gülay Didir, Peker Ayan, Betül Mutlu Begüm (Bureau des plans) [Dinde]
27360 - Une activation secondaire d'une « chirurgie minimalement invasive » urbaine sur un espace vacant – Tian Yu Kang, Xin Yu Li, De Cao Ma [Chine]
27376 - Projet d'intrigue Bronson – Sarah Cichon, Charbel Gangnon, Kanwar Gill, Ikemfuna Onyiuke, Amos Stapper [Canada]
27446 - Square3 – Emanuele Carenzo, Daniele Fabrizio Bignami, Martina Conti, Laura Raspanti [Italie]
27454 - Du quotidien au cérémoniel : Plan d'action pour les fêtes communautaires – Yuxuan Zhao, Ronglian Dong, Haoming Cai [Chine]
27458 - Escalier ouvert — un espace pour des contributions librement organisées dans l'espace public – Robin Weidner [Allemagne]
27483 - Hard verbunden | Durement connecté – Alexandra Weber, Daniel Blum, Esther Briglauer, Moses Effnert, Doris Elgert, Tara Gassler, Tobias Habres, Magdalena Hummel, Anna Kössler, Alexios Pressl, Felix Stany, Lenard Venus, Sebastian Wack, Jasmin Zdovc, Maria Zhuiko [Autriche – Allemagne – France – Minsk]
27495 - Ville du tissage – Sangcheon Kim, Sihyun Kim, Gunhee Tae, Seobin Im [Corée du Sud]
27539 - Relation homme-ville-fleuve – Magdalena Zając, Dominika Bednarek [Pologne]
27540 - Réappropriation du centre-ville – Jules Crespin, Alban Coquelin [France]
27547 - Travaillez depuis le parking – Stijepo Radić, Matko Puntijar [Croatie]
27565 - Communauté en pleine croissance – Lars-Kristopher Kunkel, Michael Maier [Allemagne]
27566 - Les îles – Alexandra-Ioana Berdan, Anca-Elena Spinu, Georgiana Covaliu (a+noima) [Roumanie]
27571 - La rue d'Éden – Milos Andonovic, Sara Jovanoska, Ivan Todorovski, Anastasija Risteska [Macédoine du Nord]
27575 - Reconstruire Zagreb – Lucia Kalogjera, Dora Ivančan, Matija Vinković [Croatie]
27580 - La biodiversité est intimement liée – Carolina Moreno Londoño, Valeria Montoya Henao [Colombie]
28091 - BICAS – Mariana Torres, Ana Paula Alves, Letícia Paraíso, Maria Luiza Niemeyer (Portacope) [Brésil]
28127 - Beaucoup de carrés – Lee Yongbeom, Oh Jeongsig [République de Corée]
28142 - X – Kamila Jagieniak, Hubert Cebulski [Pologne]
35027 - Projet de quartier apaisé – Bülent Köstem, Sibel Kozan Alper, Çiğdem Horoz Gören, Deniz Paytar, Sibel Yüksel Şenel, Pınar Özgüç, Uygar Çınar, Havva Gül Coşkun [Turquie]
46652 - Réseau de l'âme – Benjamin Shetelig, Eva Bukevica, Farah Tasnim [Norvège – Lettonie – Bangladesh]
46752 - Recréer un lieu de vie – Barbara Maka, Wiktor Waniek [Pologne]








































































































