ANNONCE DES GAGNANTS

Tactical Urbanism Now! IV

ANNONCE DES GAGNANTS

Tactical Urbanism Now! IV

06.05.2024 – Résultats du concours

L'objectif de ce concours était d'expérimenter des études de cas contextuelles pouvant servir de laboratoires ouverts pour tester des approches novatrices en matière de transformation urbaine. Les participants bénéficiaient d'une totale liberté pour définir le programme, les résultats attendus et l'étendue de leur proposition. De même, la taille et la complexité de l'intervention étaient définies par chaque équipe en fonction des besoins spécifiques du quartier, de la parcelle, de la ville ou de la communauté.

Les projets primés ont su appliquer avec succès les techniques d'urbanisme tactique dans des contextes d'échelles et de lieux géographiques très divers : de la ville animée de Medellín au port de Beyrouth, des paysages froids de Finlande au centre historique de Milan, et bien d'autres encore. Chaque projet a imaginé des scénarios urbains où l'interaction sociale était renforcée par des installations légères, de nouvelles fonctions, la végétalisation urbaine et la reconversion d'infrastructures existantes.

TerraViva félicite tous les participants de Tactical Urbanism NOW! IV pour sa contribution à la recherche sur la conception de villes plus résilientes, inclusives et dynamiques !

1st PRIX

Ancrages urbains : Activation de l’espace public autour des pylônes de téléphérique à Medellín
Yuqing Zhang, Yuhui Yang [Chine]

Sur les flancs des collines de Medellín, les pylônes des téléphériques se dressent comme des sentinelles silencieuses, dominant les quartiers et façonnant le tissu urbain de manière à la fois profonde et discrète. À leur point d'ancrage au sol, l'espace alentour s'ouvre. Spontanément, les gens se rassemblent autour des pylônes pour se reposer, se rencontrer et discuter, créant parfois l'illusion d'une place publique animée, où le pylône fédère la communauté. 

Le projet « Ancrages urbains » vise à explorer l’impact de la présence des pylônes de téléphérique sur l’espace public environnant, notamment compte tenu de la densité des quartiers informels. Cette initiative propose d’utiliser du mobilier urbain modulaire, facile à fabriquer et à assembler, principalement en bois et en acier, pour dynamiser l’espace autour des pylônes, qu’il s’agisse d’un marché de producteurs, d’une rue agricole urbaine ou d’une aire de jeux pour enfants. De plus, la hauteur variable des pylônes permet d’attribuer différentes fonctions, offrant ainsi aux passagers aériens une perspective inédite sur l’urbanisme tactique.

Nous sommes convaincus que ce projet peut être reproduit dans d'autres régions d'Amérique du Sud, tant au niveau de la planification des futurs téléphériques que de l'exploitation des téléphériques existants, comme à La Paz, en Bolivie, qui possède le plus grand nombre de lignes de téléphérique au monde.

En conclusion, ce projet transforme les pylônes de téléphérique en points de convergence dynamiques du quartier et favorise la création d'espaces publics animés qui non seulement améliorent la qualité de vie de la communauté locale, mais servent également de modèles de développement urbain durable à travers l'Amérique du Sud.

« Ce projet illustre de manière créative comment l'urbanisme tactique peut être mis à profit pour améliorer la performance des infrastructures de transport. En identifiant les pylônes des téléphériques comme des points d'attraction naturels pour la population, le projet exploite à la fois l'espace horizontal au pied de ces pylônes et leur verticalité pour créer ingénieusement de nouveaux espaces publics pour la communauté dans des zones urbaines denses où le foncier est rare. La programmation de ces espaces avec des fonctions variées crée des repères urbains qui améliorent également la lisibilité globale du quartier. Le potentiel de réplication de ce projet est également un atout majeur. »

2nd PRIX

Camouflage Urbain
Aykan Aras, Kutay Kaynak, Can Kayaaslan [Turquie]

Le concept de camouflage urbain réinvente le port de Beyrouth, non seulement comme une plateforme logistique et industrielle, mais aussi comme une zone franche polyvalente capable de répondre à tous les besoins économiques et sociaux de la ville. La résilience des systèmes urbains repose sur une harmonie constante avec le contexte et une capacité d'adaptation à ses évolutions. Le concept de camouflage est né de recherches mettant en lumière la familiarité de Beyrouth avec les crises, notamment la guerre civile de 1975 à 1990, qui a laissé des traces culturelles et physiques durables, telles que la « Ligne verte », ainsi nommée en raison de la végétation qui camouflait la région pendant le conflit.

Dans ce contexte, le camouflage renvoie à une synergie avec l'environnement plutôt qu'à une dissimulation. Le port doit s'adapter en permanence au paysage en constante évolution de Beyrouth, reflétant la régénération de la végétation et des espaces verts au fil du temps. Cette adaptabilité est le reflet de la résilience intrinsèque de la ville, où cultures, religions et nationalités diverses se côtoient harmonieusement – ​​à l'image d'un camouflage. Ce projet vise à formaliser et à renforcer cette résilience naturelle en mettant en place un système qui s'adapte de manière constante et efficace aux besoins changeants, favorisant ainsi la flexibilité et la multifonctionnalité.

Le projet distingue les éléments constants des éléments variables. Les éléments constants comprennent le terminal passagers, le mémorial du silo, le chantier naval, le terminal à conteneurs, le projet de logements permanents et les structures tendues, garantissant ainsi un environnement pérenne capable de répondre aux besoins futurs. Les éléments variables, avec des échéances variées, englobent des aspects quotidiens (plateformes modulaires en bord de mer, protections solaires), hebdomadaires (structures légères, conteneurs), mensuels (espaces ouverts, logements temporaires, centrales électriques) et à long terme (marchés, entrepôts), offrant des solutions flexibles pour gérer les problématiques urbaines.

Le terminal passagers et le littoral modulaire forment un ensemble harmonieux. Le Mémorial du Silo symbolise la résilience de la ville, entouré d'espaces ouverts et de zones de rassemblement. Le chantier naval, situé sur le troisième quai, facilite la réparation des navires, contribuant ainsi à la durabilité économique de la ville. Les structures tendues servent à diverses fins, allant du sport aux concerts, renforçant l'adaptabilité et l'inclusion. Le projet de logements sociaux à long terme vise à lutter contre l'itinérance, tant aujourd'hui que face aux situations émergentes futures.

Des éléments modulables s'assemblent pour former des espaces thématiques répondant à diverses fonctions : marchés, expositions, lieux de rencontre, ateliers, etc., favorisant ainsi un environnement inclusif et collaboratif. Les Beyrouthins peuvent librement agencer ces éléments pour créer des espaces thématiques, voire en concevoir de nouveaux, stimulant ainsi l'adaptabilité et l'innovation. Un catalogue facile à imprimer présente tous ces espaces thématiques possibles et illustre leurs fonctions.

Le catalogue présente une bande dessinée illustrant des solutions pour les festivals ou les situations d'urgence au port, démontrant ainsi la polyvalence du système. Il est même possible d'effectuer des transformations en une nuit, comme la conversion d'un littoral en cinéma à ciel ouvert, grâce au stockage d'éléments plus petits dans des entrepôts à proximité pour un déploiement rapide, témoignant ainsi de l'adaptabilité et de la résilience du système.

Le plan de situation au 1/4000 n'est qu'une représentation instantanée possible du projet. Les éléments constants resteront inchangés, mais toute variable figurant sur le plan pourrait être modifiée ultérieurement.

Urban Camouflage développe des solutions participatives aux problèmes à l'échelle urbaine. 

Ce projet réinterprète profondément la notion traditionnelle de camouflage, en adoptant une approche discrète mais politiquement sensible afin d'accroître l'adaptabilité et la flexibilité dans les contextes urbains et sociétaux. De telles initiatives nécessitent parfois des compromis pour concilier les intérêts mutuels et conflictuels de cette ville. L'équipe fait preuve d'un courage remarquable en démontrant le potentiel d'une ville marquée par une longue histoire de crises.

3rd PRIX

Décongeler
Rand Hamdallah, Jonie Agas [Palestine – Philippines]

Les longs hivers des pays nordiques réduisent considérablement les activités de plein air et les interactions sociales pendant près de la moitié de l'année. À Lahti, en Finlande, l'initiative DeFROST réinvente l'hiver urbain en transformant le parc Pikku-Vesijärvi en un espace convivial et animé durant cette période.

Bien que très prisé comme lieu de loisirs en été, le parc demeure largement inexploité et sous-utilisé de septembre à mai en raison d'un enneigement persistant. La présence d'une importante population immigrée dans la région complexifie également les efforts visant à renforcer les liens et l'intégration communautaires.

DeFROST dynamise la vie urbaine durant les longs mois d'hiver en exploitant la thermogenèse, la réponse naturelle du corps à l'activité physique. Ce processus contribue à maintenir la température corporelle interne, rendant ainsi les environnements extérieurs plus supportables pendant les hivers rigoureux.

Des cubes interactifs, reliés par une passerelle, favorisent les interactions urbaines. Des panneaux placés tous les 2 kilomètres le long de la passerelle permettent aux visiteurs de suivre leur gain de chaleur, calculé en fonction du temps moyen nécessaire pour augmenter la température corporelle de 1 °C lors d'une marche de 25 minutes à allure modérée. 

Les cubes sont thématiques et répartis en trois catégories : social, environnemental et loisirs. Les cubes sociaux mettent l’accent sur le langage, la musique, l’art, la culture et l’expression personnelle ; les cubes environnementaux privilégient le recyclage ; et les cubes loisirs offrent des espaces pour faire de l’exercice, jouer, se détendre et méditer. Chaque cube est doté d’un système modulaire conçu pour être facilement démonté, déplacé et personnalisé selon les besoins de l’utilisateur.

La stratégie de conception est progressive, débutant par une phase pilote dans le parc afin d'évaluer l'impact et de s'adapter en fonction des retours de la communauté. Fort du succès de ce projet pilote, DeFROST ambitionne de s'étendre à d'autres villes nordiques.

Ce projet, à l'idée originale de transformer un parc en un lieu dynamique en hiver, encourage les gens à rester au chaud en pratiquant une activité physique. Le lancement d'une phase pilote pour recueillir les avis de la communauté témoigne d'une approche judicieuse visant à garantir que le projet réponde aux besoins de la population diversifiée de Lahti et pourrait servir de modèle à d'autres villes nordiques. Il métamorphose un parc en un espace plus urbain et crée des occasions de rassembler les communautés en rendant le froid plus agréable.

Mentions dorées

(classés par code d'enregistrement)

Le parc éphémère
Virgilio Diaz [Mexique]

De tout temps, la relation entre les paysages urbains et naturels a été ambivalente, notamment à la suite de la surindustrialisation du siècle dernier, qui a conduit à la disparition d'une grande partie de la nature urbaine.

La présence de la nature dans nos centres historiques fait l'objet de débats depuis longtemps. Ces centres historiques présentent un défi particulier car ils incarnent le passage du temps, notre identité et notre patrimoine. Souvent, ils sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Aujourd'hui, la menace imminente de la crise climatique met en lumière les séquelles de l'ère post-industrielle et souligne l'urgence d'adopter des approches plus durables et plus écologiques pour nos villes. Cette transition est essentielle pour créer des environnements urbains vivables, plus sains, plus intelligents et plus humains.

Nos paysages historiques peuvent-ils embrasser cette transition sans compromettre leur statut patrimonial ? Y a-t-il là une opportunité à saisir ? Notre patrimoine bâti n’est pas seulement synonyme de beauté, il incarne aussi notre identité sociale pour les générations présentes et futures. Il est donc impératif de le respecter et de le préserver.

« Le Parc Éphémère » représente une lueur d’espoir pour nos centres historiques. Ici, la nature urbaine s’intègre avec subtilité, sans transformations physiques radicales. Cette tapisserie verte, fluide et en perpétuelle évolution, est constituée de structures modulaires, semblables à des « pixels verts », qui peuvent être déplacées le long des surfaces pavées pour y intégrer de la végétation. Leur capacité d’assemblage leur permet de créer des « îlots », assemblant diverses solutions fondées sur la nature, telles que des mini-forêts, des prairies fleuries ou des jardins partagés.

Cette adaptabilité, cette évolution, cette transformation, ce redimensionnement et ce déplacement permettent de répondre à des besoins divers sans imposer de transformations permanentes ou importantes. La vision globale : une intégration harmonieuse de la verdure dans toute la ville.

« En choisissant un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et en privilégiant une intervention minimale, le projet explore la possibilité d’un équilibre entre un espace aménagé et protégé et la générosité de la végétation naturelle. Cette approche vise à améliorer le confort et l’accessibilité de la place. »

Développement axé sur l'alimentation
Zihang Yang [Chine]

La précarité alimentaire est un problème social majeur auquel les États-Unis sont confrontés actuellement. La principale cause de la précarité alimentaire est généralement la pauvreté elle-même. Les inégalités économiques et l'insuffisance de revenus sont des facteurs primordiaux qui y conduisent. Selon le Bureau des statistiques, les habitants de l'est de Londres sont les plus susceptibles de souffrir de précarité alimentaire à Londres.

Ce projet crée le concept de FOD (Food Development of Dependent) en associant alimentation et développement axé sur les transports en commun (TOD). La ligne FOD transforme 4.3 km de ligne et de stations sous-utilisées du métro londonien en un mode de transport alimentaire direct et rapide sans interruption. Les stations et leurs abords seront également réaménagés en centres de collecte, de transformation et de distribution de produits alimentaires.

Grâce au FOD, les légumes frais, les fruits, la viande et les céréales peuvent être transportés d'un point à un autre sur plus de 100 km, du sud-est de l'Angleterre directement au centre de Londres. 

En éliminant les coûts financiers et temporels supplémentaires (gain d'environ 2 à 3 jours) liés au stockage et au transport des produits agricoles, et en centralisant la transformation des aliments, le coût de production alimentaire pourrait être considérablement réduit. De plus, la fraîcheur des aliments parviendrait au consommateur.

De plus, les nouveaux commerces autour de la gare créeront davantage d'emplois, tels que des épiceries, des marchés, des cuisines partagées, des fermes sur les toits et des quais de pêche, stabilisant ainsi la structure des revenus du quartier et réduisant encore le risque de pauvreté.

« La réaffectation des infrastructures existantes est essentielle pour promouvoir des interventions durables. En s'attaquant également à des problèmes sociaux critiques tels que la précarité alimentaire, le projet démontre la force des solutions adaptatives pour favoriser des communautés inclusives et saines. »

Archipel des Alebrijes
Ilse Karina Lopez Govea, Ivonne Reséndiz Zambrano, Pedro Antonio Tortello Gonzalez [Mexique – Venezuela]

Archipel des Alebrijes

L'intervention se situe à Xochimilco, à Mexico, le seul endroit de la ville qui conserve son histoire lacustre. Célèbre pour ses chinampas (îlots et canaux préhispaniques), ce site est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Si les excursions touristiques sur les canaux, les fêtes et la musique mariachi attirent les visiteurs, elles occultent sa véritable essence.

Xochimilco a rompu son lien étroit avec son environnement naturel, rural et lacustre. Avec ses rares espaces publics, ses rues étroites et son tissu urbain désorganisé, elle est l'archétype d'une ville non réglementée : rues dominées par les véhicules, zones de loisirs limitées, drainage insuffisant et pollution.

Notre équipe se demande : comment reconquérir l'espace grâce à un urbanisme tactique ? Comment harmoniser les éléments urbains et naturels, en tirant parti des ressources, de la culture et de l'identité du territoire ?

L’« Archipel des Alebrijes » délimite un territoire distinct qui néglige actuellement les rivières, les canaux et les zones de culture de chinampas. En reliant des points stratégiques, nous souhaitons créer de nouvelles voies d’accès aux canaux. Nous avons conçu six structures architecturales multifonctionnelles répondant à des enjeux urbains, naturels et sociaux.

Nos interventions consistent en :

Jetées (archipel) : De nouveaux quais servent d'interface directe avec le canal et de zone d'activité pour les alebrijes, revitalisant les rives abandonnées du canal.

Alebrijes : Ces créatures mythiques, incarnant plusieurs animaux, guident les âmes vers Mictlan dans la tradition mexicaine. Nos alebrijes s’intègrent au paysage, favorisant une relation symbiotique entre les mondes urbain et naturel, et offrant une expérience inédite de Xochimilco.

« L’intégration judicieuse d’éléments mythiques et de solutions urbaines pratiques dans la conception revitalise non seulement l’espace, mais préserve également l’identité unique de Xochimilco, en faisant un modèle de réaménagement urbain respectueux du patrimoine culturel. Grâce à l’introduction d’alebrijes multifonctionnels et de nouveaux quais, le projet promet de transformer la manière dont les habitants et les visiteurs interagissent avec les canaux et les chinampas historiques, favorisant ainsi un lien plus profond avec le paysage naturel. L’affiche est magnifiquement réalisée. »

UN:THINKING A104
Amirhossein Rezaei Cherati, Seyedehkosar Asghari [Iran – Allemagne]

Ce projet explore une solution originale pour repenser l'avenir d'un viaduc de 2.5 km de long (A104), construit dans les années 1970 à Berlin et bientôt abandonné en raison de coûts d'entretien élevés et d'une baisse du trafic. Le Sénat de Berlin est favorable à sa démolition et à l'aménagement de l'espace en logements. Notre proposition, au contraire, repose sur deux principes fondamentaux : un impact environnemental minimal et la création d'un espace ouvert à tous.

En nous appuyant sur des aménagements passés comme l'autoroute A104, qui ont créé des barrières plutôt que des opportunités d'interaction et favorisé la monofonctionnalité au détriment de la mixité des usages, nous souhaitons inverser cette tendance. Inspirés par le concept de « ville ouverte » de Richard Sennett, nous imaginons un espace inclusif où toutes les rencontres sont possibles. C'est un lieu d'expériences diverses où l'incertitude n'est pas perçue comme une menace, mais comme une opportunité. Notre méthodologie de conception privilégie l'adaptabilité et l'implication de la communauté. Métaphoriquement parlant, nous nous comparons à l'organisateur d'un cadavre exquis, où les participants façonnent collectivement le présent et l'avenir de l'espace. Nous initions le projet, mais nous ne le finalisons pas. C'est pourquoi nous appelons le résultat de notre projet « Provisions ». 

En utilisant des interventions urbaines tactiques à faible impact et semi-temporaires, nous proposons deux niveaux de dispositions qui soutiendront le développement civil et physique de l'A 104. Premièrement, une feuille de route théorique sur la manière dont différents acteurs peuvent collaborer dans un cadre ouvert aussi complexe, et deuxièmement, des outils pratiques accélérant l'engagement des personnes dans la mise en valeur de leur propre espace.

« Ce projet apporte une réponse réfléchie au problème des ponts de Berlin, en privilégiant l'implication de la communauté et l'adaptabilité. Il vise à inverser les tendances urbaines négatives. »

L'autre côté du mur
Zishen Liu, Bofan Zhou, Yanlin Liu [Chine]

Les deux premières décennies du XXIe siècle ont été marquées par des vagues de maladies infectieuses, dont la COVID-19 fut la plus grave. La communauté scientifique s'accorde à dire que de nouveaux virus et maladies infectieuses apparaîtront et se manifesteront plus fréquemment. Serons-nous prêts face à la prochaine pandémie ?

Dans le cadre de la politique de déblaiement du gouvernement chinois, d'innombrables immeubles et quartiers résidentiels ont été bouclés par des barrières temporaires en tôle d'acier, empêchant la satisfaction de nombreux besoins quotidiens essentiels et la communication entre l'intérieur et l'extérieur du territoire. Après cette expérience, presque tout le monde cherche des moyens de sortir de la crise, espérant un retour au « monde d'avant ». 

Notre projet propose donc une nouvelle approche spatiale des murs : l’interaction plutôt que la séparation. Une série de toitures rotatives, recouvertes d’un film réfléchissant fixé au mur existant, rompt la frontière physique par une connexion visuelle. La structure d’échafaudage se prolonge vers l’intérieur, formant un mur habitable épais qui repousse les limites des besoins quotidiens. La flexibilité de l’échafaudage permet aux habitants de créer différents espaces selon leurs besoins. Des objets du quotidien, tels que des meubles abandonnés et des matériaux de récupération, sont collectés dans le quartier et intégrés au système de manière improvisée et créative, offrant ainsi diverses activités communautaires, sociales et de loisirs. De ce fait, le mur n’est plus un simple séparateur d’espace, mais une infrastructure fonctionnelle et participative qui transforme la communauté confinée en un espace commun autonome.

Ce projet nous rappelle la lutte constante que mènent l’humanité contre les agents pathogènes viraux. En milieu urbain dense, le confinement physique demeure la stratégie la plus efficace pour freiner la propagation du virus. La proposition illustre comment les mesures de confinement urbain peuvent améliorer significativement la qualité de vie lors de scénarios de confinement extrême. De plus, elle souligne l’impératif pour les villes de se préparer aux futures pandémies, en insistant sur la nécessité d’une planification d’urgence solide et d’infrastructures résilientes.

Oasis d'apprentissage
Nabila Ferdousi, Qinxue Wang, Zarina Partapurwala [Bangladesh – Chine – Inde]

IÀ la recherche d'un havre de paix où le savoir rencontre le lien social. Découvrez le refuge que nous vous dévoilons : l'« Oasis Learnscape ».

« Learnscape Oasis » est un projet situé sous les viaducs délaissés de Limehouse, à Londres, qui embrasse le concept d'urbanisme tactile grâce à ses prototypes modulaires et flexibles et favorise un espace communautaire partagé.

Par la collaboration et la mise en réseau d'ONG jusque-là isolées, nous visons à enrayer l'exclusion numérique, la précarité éducative et l'isolement social. Nous mettons en place un système d'économie du don pour concilier intérêt public et intérêts économiques. Notre mission est de repenser les modèles d'apprentissage universitaires traditionnels en créant un espace d'échange de compétences et de connaissances au sein de la communauté. Une application a été développée pour connecter les individus, les espaces et les organisations, permettant de réserver des espaces partagés, de faciliter l'apprentissage et d'organiser des événements communautaires.

La mise en œuvre d'une intervention progressive, par le biais de négociations avec l'autorité des transports londoniens (Transport for London), poursuit un double objectif pour les concepteurs : d'une part, elle s'inscrit dans un processus continu de recherche en urbanisme ; d'autre part, elle permet de recueillir des données et les avis de la communauté à chaque étape afin de mieux comprendre les besoins et d'adapter la conception à l'évolution de la société. Nous avons considéré que les architectes et les concepteurs peuvent, de fait, s'opposer aux occasions manquées de concevoir des espaces au service du bien-être de la communauté.

La première phase débute par un projet pilote sous deux arches. Les deux prototypes sont modulaires, mobiles et flexibles. La structure évolue et s'adapte aux besoins, aux événements, aux saisons et aux usages. La modularité des structures et la flexibilité du mobilier garantissent une adaptation optimale. Les phases deux et trois prévoient l'extension des allées paysagères, des zones piétonnes et des espaces verts interconnectés, avec pour objectif le développement des espaces communs à travers Limehouse.

« L’occupation des arches du pont de Londres : une acupuncture urbaine bien conçue et articulée, qui semble aller de soi. Des solutions propres et bien présentées. »

Hétérotopia : un projet sur l'inachevé
Abdessamad Hamedi, Mattia Michael Braggion [Italie]

Le phénomène des projets inachevés en Italie, mis en lumière par une étude menée par des architectes et des chercheurs, révèle une présence généralisée d'ouvrages publics inachevés, avec une forte concentration en Sicile, notamment à Giarre. Ces structures, allant des infrastructures aux bâtiments publics, font l'objet d'un projet d'urbanisme tactique visant à réactiver et valoriser ces espaces, en impliquant la communauté dans le processus de réhabilitation. Giarre apparaît comme un lieu privilégié pour relever ce défi, compte tenu de sa forte densité de projets inachevés et de son contexte urbain consolidé. L'objectif principal est de transformer ces espaces en catalyseurs sociaux, en les restituant à la communauté. L'approche repose sur le concept d'hétérotopie, créant des espaces publics à plusieurs niveaux avec des éléments distinctifs tels que des allées, des ponts et des tours. L'intervention se déroule en deux phases : une phase temporaire, impliquant la communauté dans la réutilisation des espaces grâce à des interventions tactiques démontables et réutilisables, et une phase ultérieure de consolidation ou de démolition/reconstruction, selon les décisions de la communauté. L'objectif est de créer des espaces publics vivants et reconnaissables, respectueux du contexte existant et promouvant la durabilité environnementale. Cette approche systématique et modulaire peut être reproduite sur d'autres sites inachevés en Italie, offrant une solution innovante et participative pour remédier au problème de l'inachèvement urbain.

« Le projet HETEROTOPIA aborde le problème récurrent des travaux publics inachevés grâce à une approche d'urbanisme tactique. Son approche, qui consiste à transformer des espaces négligés en pôles communautaires dynamiques grâce à des interventions adaptables et en mettant l'accent sur la participation citoyenne, est tout à fait louable. »

TANACUBE
Senmiao Guo, Yuntian Shi [Chine]

Le site d'étude se situe dans une ruelle reliant un quartier résidentiel à une école primaire du centre de Shanghai. Ces passages étroits, vestiges d'anciens développements résidentiels, constituent aujourd'hui des espaces urbains résiduels. Ils offrent une opportunité de revitalisation visant à améliorer la vie communautaire et à fournir des équipements essentiels malgré un espace limité.

Cette ruelle, dépourvue d'aménagement, sépare l'espace piétonnier de l'espace automobile à l'aide de poteaux. Inspirée par l'espacement familier de ces poteaux, une approche modulaire se dessine, jetant les bases d'une infrastructure publique polyvalente. Faisant écho au Tangram, le jeu de puzzle chinois ancestral, ce système novateur permet plus de 2 000 configurations uniques, s'adaptant ainsi aux besoins variés des quartiers de Shanghai.

Découvrez le Tanacube, une évolution tridimensionnelle du concept Tangram. Grâce à sa conception adaptable, combinant colonnes et panneaux selon diverses configurations, le Tanacube transcende le mobilier urbain traditionnel, offrant une flexibilité inégalée. Des rassemblements communautaires animés aux îlots de sérénité et de solitude, ce système dynamique répond aux besoins de la population diversifiée de Shanghai, garantissant que chaque mètre carré d'espace urbain vibre de vitalité et d'inclusion.

« Belle idée, avec un design adaptable et une grande flexibilité pour le mobilier urbain. »

Honorable mentions

(classés par code d'enregistrement)

S, M, L, ?
Yuting Zhang, Pu Zhang [Chine]

Dans le contexte de la rénovation urbaine des métropoles contemporaines à forte densité, l'aménagement des petits espaces publics représente un défi considérable. Souvent situés en périphérie des quartiers ou entre différents propriétaires, ces espaces sont généralement mal définis, sous-utilisés et ne répondent pas aux besoins diversifiés de tous les usagers en raison d'une planification et d'une répartition rigides et verticales. Il en résulte une rareté d'espaces publics véritablement dynamiques. Le projet pour le quartier de Daxue Road à Shanghai propose une stratégie de rénovation participative qui transforme ces zones marginales en espaces inclusifs, adaptables et partagés.

Cette stratégie intègre un ensemble de mobilier urbain personnalisable et open source, associé à une démarche collaborative impliquant divers acteurs. Un cadre de conception composé de modules de base en « S » a été développé, combinables et reconfigurables en modules plus grands en « M » et « L », afin de s'adapter à des activités allant de l'individuel au collectif. Cette approche modulaire fonctionne comme un « langage » open source, permettant aux utilisateurs d'assembler, de désassembler ou d'explorer de nouvelles possibilités de conception en toute autonomie. Des ateliers communautaires intensifs facilitent la négociation et la co-création entre les différents acteurs locaux, notamment les promoteurs, les résidents, les commerçants, les services d'urbanisme, les employés de bureau et les touristes. Ces ateliers visent à redéfinir et à réaménager des espaces sous-utilisés tels que les coins de rue, les parvis de stations de métro et les rues piétonnes temporaires, grâce à des aménagements de mobilier urbain multifonctionnels.

Le mobilier utilise un système d'étagères en acier robuste et économique, inspiré des solutions de stockage d'entrepôt, conçu pour un montage et un transport faciles. Un manuel d'utilisation et une application de réalité augmentée, associés à une plateforme en ligne offrant des fonctionnalités de création, de partage et de retour d'information, permettent aux utilisateurs de personnaliser librement leur environnement et de participer activement à la rénovation urbaine. Ce dispositif favorise l'évolution des espaces publics, leur permettant de s'adapter aux besoins futurs de la ville.

Augmenter le patrimoine vivant : Amdavad
Pranav Meghani, Parv Trivedi, Pooja Rachchh, Lagan Marwah, Dharati Patel, Het Shah, Panthi Kevadiya, Nency Jain, Sidharth Kumar Aman [Inde]

Par une belle journée d'été, Kabir se réveille et sirote une tasse de thé pendant le trajet de retour vers Ahmedabad. Le train arrivera à destination dans une heure. « C'est un peu nostalgique de revenir à Ahmedabad », confie-t-il, car cela fait deux ans qu'il n'est pas allé dans sa ville natale. « L'animation des places, l'activité des rues et des marchés, la nourriture, mes voisins… tant de souvenirs ! » Sur ces pensées, il descend du train et se dirige vers la gare.

En rentrant chez lui dans cette ville historique, il fit une halte à Manek Chowk (place) pour visiter la Jama Masjid, le tombeau du roi et celui de la reine. Manek Chowk est un lieu très dynamique : le matin, il sert de parking devant le marché de l’or, tandis que le soir, il s’anime au rythme des stands de street food. « Qu’est-ce que c’est ! » s’exclama-t-il. « Waouh ! » Son enthousiasme était dû à la transformation de Manek Chowk qui s’offrait à lui. Il s’était imaginé un centre commercial surpeuplé, baigné de soleil, où les parkings étaient omniprésents, sans ombre ni abri pour se détendre sous la chaleur étouffante de la ville. Mais le paysage était tout autre. La place avait été surélevée, créant deux niveaux dédiés à des fonctions distinctes et séparant la circulation automobile de la circulation piétonne. Des poteaux colorés attirent le regard et invitent à la contemplation. La structure a été conçue à partir d’échafaudages en bambou recyclés provenant de chantiers de construction. Le mobilier urbain comprend des panneaux de particules de bois recyclés pour les expositions et des meubles modulaires rétractables, des brins de tissu, etc. Les palettes en bois sont utilisées pour accéder à un niveau supérieur où l'on peut profiter de la vie nocturne de Manek Chowk.

En voyant tout cela, il constata les transformations de cette ville historique. Tous les principaux sites patrimoniaux, le marché et les habitations avaient été rénovés et repeints dans les couleurs vives rouge, bleu et jaune respectivement. « Maintenant, je suis curieux, il faudra que je voie d'autres endroits », dit-il. Il se dirigea ensuite vers le plus ancien marché aux tissus, Dhalgarwad, désormais revitalisé grâce à une structure en tissu recyclé, inspirée des cerfs-volants et transformée en une forme tridimensionnelle qui ombrage agréablement les rues. Cette structure offre également des espaces de repos où les personnes âgées et les enfants peuvent faire une pause pendant leurs achats. 

Après s'être acheté quelques vêtements, il monta dans un rickshaw et, en route vers sa maison à Dhal ni Pol (un quartier d'habitations anciennes), il admirait la ville animée et bien intégrée à son environnement. Il était ravi de voir les enfants jouer ensemble dans le quartier, lire dans la petite bibliothèque de la cour communautaire. L'attention et le soin apportés à rassembler les gens étaient touchants. Après avoir vu tout le monde et salué chacun, il dit : « Je suis heureux d'être de retour », puis il poursuivit sa journée. 

L'urbanisme tactique est un changement porteur d'espoir qui peut engendrer d'autres changements dans notre environnement, notre perception, notre vie.

Jonction.IA
Laurie Edwards, Toby Godfray, Michel Mizne, Gabriele Forni,  Joseph Wiliams [Royaume-Uni – Brésil – Italie]

Notre projet démontre que l'analyse multimodale des flux par l'IA est un outil novateur pour inspirer un urbanisme tactique. Nous l'utilisons pour transformer un carrefour dangereux à Bristol, au Royaume-Uni, représentatif des carrefours dominés par la voiture à travers le monde. Grâce à un drone qui filme le carrefour pendant 30 minutes, nous visualisons en quelques minutes les comportements, la mauvaise utilisation de l'espace et comment sa configuration engendre des quasi-collisions et des manœuvres dangereuses. Nous nous en servons pour réaménager le carrefour et privilégier les piétons et les mobilités actives. Notre travail s'articule autour de trois axes : la sécurité, la reconquête de l'espace public et le développement durable. 

Cette méthode apporte des preuves importantes pour étayer le bien-fondé des interventions tactiques. Un guide pratique encadre ces interventions ; concrètement, cela se traduit par des ateliers de co-conception avec les communautés locales, leur permettant de choisir les interventions et l’utilisation de l’espace, ce qui légitime et favorise leur bon usage. Nous présentons ici des exemples d’interventions, mais leur étendue est en réalité infinie. 

Nous avons recensé 12 quasi-collisions impliquant des piétons et des cyclistes en seulement 30 minutes. Nos interventions permettent de réaménager l'espace et de faire coïncider les itinéraires de mobilité active, tout en mettant en place des mesures pour que les cyclistes puissent traverser le carrefour en toute sécurité. 

Nous espérons que les techniques développées ici seront utilisées ailleurs et qu'elles permettront d'apporter des améliorations supplémentaires, contribuant ainsi à l'essor de la science émergente de la modernisation tactique des carrefours. De plus, il s'agit d'un processus itératif. La même analyse devra être menée après la première série d'interventions, afin d'optimiser le carrefour et de justifier des interventions plus permanentes. 

KHEL GALI
Sumayya Akbar [Pakistan]

À l'écart du tumulte de Karachi se trouve Kati-Pahari, un lieu souvent négligé mais débordant de résilience. Malgré les obstacles, la vie y prospère, portée par les rêves mais accablée par la négligence et la stigmatisation. C'est là qu'intervient « Khel Gali » – bien plus qu'un simple projet ; c'est…

Un phare d'espoir et une promesse de transformation.

Partons à la découverte du dédale de rues de Kati-Pahari, où chaque coin de rue raconte une histoire de souffrance et de réussite. Saviez-vous que plus de 60 % des habitants de Karachi vivent dans des quartiers comme celui-ci ? Cela nous rappelle l’urgence de créer des espaces inclusifs pour tous.

« Khel Gali » est une initiative qui s'inspire des efforts déployés à l'échelle mondiale pour revitaliser les zones urbaines. Son objectif est plus qu'un simple embellissement du quartier : il vise à lui insuffler une nouvelle vie.

« Khel Gali » est une installation qui réinvente le concept de rue verticale, la faisant passer d'un simple passage à un lien vital entre les personnes, bien plus qu'une voie de circulation : une véritable ligne de vie. En montant, la colonne vertébrale de l'installation se divise à trois intervalles, créant des espaces de pause où l'on peut reprendre son souffle.

Prenez une gorgée d'eau et échangez avec vos voisins.

Mais « Khel Gali » va bien au-delà des simples infrastructures. Il s’agit de créer des espaces qui guérissent et renforcent les liens sociaux.

Une communauté où les rires des enfants emplissent l'air et où les aînés trouvent du réconfort dans des moments de répit. Les rampes ne servent pas seulement de support ; elles sont un support pour la créativité et la vie communautaire. Elles offrent un espace de jeux aux enfants qui étudient à la madrasa située au sommet, mêlant ainsi services et loisirs.

Sans couture.

À l'arrivée de la mousson, « Khel Gali » devient encore plus indispensable : l'eau de pluie ruisselle le long de sa structure en matériaux recyclés, est collectée et stockée dans de petites cuves pour la communauté. Cette transformation n'est pas seulement matérielle ; chaque goutte recueillie fait de « Khel Gali » un symbole de résilience, témoignant de la force de la communauté face à l'adversité.

Alors, à l'aube d'un monde de possibilités, que « Khel Gali » nous rappelle que le changement est à portée de main.

– que lorsque nous nous unissons, tout devient possible.

Market+ sur rails
May Kathleen Lange, Lorenza Biagini, Frederic Jordi, Sebastian Plieth [Italie – Allemagne]

Le quartier de Nordbahnhof est marqué par l'ancienne division entre Berlin-Est et Berlin-Ouest et par l'ancienne gare de Stettiner. De ce fait, il se caractérise par de nombreuses zones denses, mais aussi très étendues et bien distinctes les unes des autres. D'anciennes voies ferrées désaffectées traversent également le parc et la place. 

Il est essentiel de créer des espaces de loisirs et de sensibiliser le public à l'environnement et à la provenance des aliments. Nous devons comprendre nos modes de consommation quotidiens afin d'encourager une utilisation responsable et une gestion durable des ressources, notamment par la récupération des eaux de pluie et la revitalisation des espaces délaissés.

Le concept « Market+ on Rails » repose sur la mobilité pour relier différents lieux et proposer des services itinérants. Les wagons sont multifonctionnels et peuvent être utilisés à différents moments pour offrir un cadre de vie agréable à divers endroits. Ils peuvent servir d'étals de marché, mais aussi de serres, de boutiques de fleurs, de cuisines communautaires, de kiosques, de cafés, de cinémas en plein air et d'ateliers. Ce système, basé sur la conversion d'anciens wagons de chemin de fer en wagons compacts et facilement transportables, est évolutif et pourra donc être utilisé à l'avenir.

Ce projet combine production, vente et animations, créant un véritable lieu de rencontre pour les habitants et les visiteurs. Market+ on Rails revitalise des espaces inexploités et améliore le cadre de vie local. Il relie les personnes et les lieux, à commencer par la gare du Nord (Nordbahnhof), et encourage l'agriculture urbaine, le commerce de proximité et l'engagement citoyen. En s'appuyant sur les infrastructures et les matériaux existants, il fait figure de pionnier en matière de développement durable et contribue à un Berlin plus vert et plus connecté, faisant ainsi figure d'exemple pour d'autres quartiers.

RUMEURS URBAINES : reconquérir stratégiquement les rues
Carlotta Trippa, Naiara Yumiko, Marcelo Clapp [Brésil]

L'habitude traditionnelle des groupes de femmes d'occuper informellement les espaces publics de leurs maisons pour vaquer à leurs occupations domestiques disparaît peu à peu en raison du développement rapide de nos villes. Autrefois, tout en étendant le linge, en préparant les repas ou en surveillant les enfants qui jouent, les femmes gardaient toujours un œil sur la rue et…potins! 

L’acte universel, mais souvent négligé, de bavarder est une pratique quotidienne de socialisation fondée sur la solidarité que l’amitié féminine implique et génère, construisant des réseaux d’entraide. 

L'intervention propose la transformation des rues résidentielles en espaces communautaires dynamiques, en utilisant l'urbanisme tactique pour appliquer le concept de commérages urbainsLa méthodologie repose sur la compréhension du commérage comme une pratique potentiellement révolutionnaire visant à défigurer les formes spatiales monétaires de la ville par le biais du partage ; une tactique urbaine permettant aux femmes de se réapproprier leurs espaces dans l'espace public et de permettre à tous les autres de profiter de la vie à l'extérieur.

Une structure d'échafaudage sert de plateforme pour accueillir des activités domestiques, brouillant la frontière entre sphère privée et sphère publique. En transposant des éléments de la vie domestique dans la rue, cette intervention réactive des espaces délaissés grâce à des pratiques oubliées, favorisant les interactions sociales et recréant un sentiment d'appartenance à la communauté urbaine.

Ce projet s'appuie sur le besoin universel d'un usage collectif et intime de l'espace urbain dans trois lieux distincts : Tijuca, Rio de Janeiro (Brésil) ; Prenestina, Rome (Italie) ; et Arroios, Lisbonne (Portugal). Malgré des défis différents, le fil conducteur est l'importance de repenser les rues comme des lieux de vie quotidienne dynamiques, et non comme de simples espaces de consommation. 

Yoo, Pavillon Bence Güzel !
Kevser Reyyan Dogan, Bingül Çakacı, Hatice Merve Arslanbenzer, Duygu Saygı Ek [Turquie – Royaume-Uni]

Et si les déchets devenaient un héritage ?

Yoo, Bence Güzel Pavilion ! traduit par « Non, je pense que c'est un beau pavillon ! » est un projet expérimental d'économie circulaire, conçu et construit dans l'espace urbain semi-public d'Istanbul, qui pourrait un jour devenir notre quartier fictif favorisant un réseau communautaire solidaire. 

Dans un tel monde, la notion de déchet pourrait évoluer : chaque objet acheté deviendrait une possession et tout matériau mis au rebut un « héritage » passant de l’anonymat à un bien transmis de génération en génération.

Les déchets sont un produit de la culture, et à mesure que celle-ci évolue, on observe une tendance à la responsabilité partagée et à la solidarité entre les communautés. En effet, une telle approche accroît non seulement le besoin d'espaces publics, mais exige également l'implication directe des citoyens dans la gestion de ces espaces. 

Le campus de l'Agence de planification d'Istanbul se présente comme un modèle concret de notre quartier fictif, ce qui en fait un site idéal pour notre projet. Il constitue un exemple remarquable de transformation et de réutilisation à cette échelle au sein de la ville. En 2019, le campus a connu une métamorphose majeure. Autrefois occupé par les résidences privées des fonctionnaires municipaux, il est devenu un espace urbain dynamique et ouvert au public. Si les anciens logements des fonctionnaires ont été reconvertis en bureaux pour les services municipaux, les transformations structurelles incluent la conversion de l'ancienne piscine privée en salle de conférence et la transformation du hangar en un espace polyvalent.

Lors de la réévaluation des espaces inutilisés du campus, la robuste structure en acier destinée à supporter les panneaux solaires a retenu notre attention. Cet espace vacant, par la présence d'une structure sur laquelle s'appuyer, a déjà inspiré le projet principal.  une décision qui ne laisse aucune trace en cas de démontage.

Les matériaux que nous avons acquis auprès de sources locales ont été adaptés au projet selon les principes fondamentaux que nous avons acquis dans le pavillon :

afin de ne pas générer davantage de déchets avec un projet, de ne pas laisser de marque permanente sur la zone concernée et d'assurer l'adaptabilité. 

Dans ce contexte, la conception a été réalisée exclusivement en fonction des matériaux disponibles en entrepôt, et l'évolution des stocks tout au long du processus a également entraîné des modifications de la conception et des détails de connexion lors de la mise en œuvre. Par conséquent, le pavillon est composé à 90 % de matériaux réutilisés et à 100 % de matériaux réutilisables.

Forts de notre modèle d'adaptation du design aux besoins et aux ressources, nous sommes convaincus de sa grande adaptabilité à divers contextes. Constatant que de nombreuses villes produisent des déchets similaires, nous envisageons de créer des espaces urbains utiles à partir de ces matériaux. En réhabilitant les espaces vacants et en utilisant des matériaux locaux, nous pouvons élaborer des propositions de design adaptables et résilientes, répondant aux besoins spécifiques de chaque zone urbaine grâce aux ressources locales. Nous croyons qu'une approche de design adaptative a le potentiel de cultiver une culture de solidarité. Cela impliquera la création d'un réseau collaboratif, en favorisant les échanges entre designers, ateliers et habitants, afin de répondre à des besoins divers et évolutifs.

Murmures de la mer
Yunqian Wang [Chine]

À Xiamen, en Chine, un concept architectural novateur réinvente les espaces sous les ponts, mêlant l'essence historique de l'économie de la pêche à la dynamique de la vie urbaine contemporaine. Cette initiative vise à raviver le dynamisme communautaire et culturel perdu face à l'urbanisation galopante et au capitalisme axé sur le tourisme.

Au cœur du projet se trouve l'utilisation novatrice de l'espace sous les ponts de la ville, conçu comme un lieu de rencontre favorisant les échanges et les liens entre les habitants. Inspiré par le style graphique du manuscrit Tschumi-Manhattan, le projet explore avec finesse l'interaction complexe entre tradition et modernité, en privilégiant la création d'un « jeu » propre aux locaux. 

Le passage des Dan, autrefois principaux acteurs économiques de la ville grâce à la pêche, à l'habitat urbain dans des immeubles résidentiels a engendré une profonde rupture culturelle et communautaire. Ce projet vise à atténuer ces bouleversements en créant un espace propice au renouveau des liens communautaires et à l'intégration des pratiques traditionnelles au sein de la vie urbaine moderne.

En réaménageant stratégiquement ces espaces sous les ponts, le projet vise à restaurer un sentiment d'identité et de continuité communautaire. Il constitue une réponse essentielle aux défis posés par le développement urbain, en cherchant à créer un équilibre durable entre croissance économique et préservation culturelle. Grâce à un urbanisme tactique, cette initiative promet non seulement de transformer les espaces physiques, mais aussi de cultiver une communauté urbaine résiliente, inclusive et culturellement riche.

TRASHformer
Alan Gancberg, Priscila Bauer, Emilia Saenz, Eliana Sandoval, Daiana Benitez, Cintia Pamela Pastrana, Nayla Budziñski, Julieta Castagno, Sabrina Pierri [Argentine]

En Argentine, certaines communautés urbaines ont connu une croissance rapide et anarchique en raison d'un manque de planification et d'intervention de l'État. Ces communautés sont caractérisées par une informalité importante, qui affecte divers aspects de la vie, notamment la gestion des déchets. Nombre d'entre elles possèdent des rues ou des ruelles étroites et non pavées, les rendant inaccessibles aux camions de collecte des déchets classiques. Par conséquent, les habitants ont recours à des méthodes informelles d'élimination des déchets, souvent en faisant appel à des personnes appelées « carreros » pour collecter et transporter les ordures ménagères vers des décharges artisanales, ce qui constitue leur principal moyen de subsistance, souvent dans des conditions de travail dangereuses.

Pour répondre aux défis auxquels sont confrontés ces collecteurs sous-estimés, TRASHformer propose d'établir des points de halte dans les espaces publics appelés TRASH-STOPS. Ces points de halte sont équipés de plusieurs services destinés à améliorer les conditions de travail des « carreros », notamment des points d'hydratation, des installations sanitaires et des aires de repos. 

De plus, TRASHformer introduit des conteneurs spécialisés pour encourager le tri des déchets à la source, favorisant ainsi la réduction des déchets.  Ce projet vise à promouvoir la gestion environnementale et à renforcer l'économie informelle. Il sensibilise le public au rôle essentiel des « carreros » dans la gestion des déchets et les autonomise en leur fournissant les infrastructures et le soutien nécessaires. En complément, un circuit formel de collecte des déchets, coordonné conjointement par les entreprises de gestion des déchets, les autorités locales et la communauté, est mis en place.

Le site du projet choisi est la communauté de Copacabana, située à Villa Celina, dans le quartier de La Matanza à Buenos Aires. Caractérisée par son urbanisme compact et ses nombreux espaces verts publics préservés, sans aménagements ni limites clairement définies, Copacabana offre un cadre propice à l'intégration urbaine et sociale au sein de l'infrastructure formelle de gestion des déchets.

PINTO Ville ludique
Javier Vera Cubas, Belén Rey Núñez de Arenas, Álvaro Rodriguez Padilla, Carlos Ramos Abensur, Katia Valentina Veramendi Huanca [Pérou – Espagne]

À Pinto, comme dans de nombreuses petites villes d'Espagne et d'autres pays développés, une grande partie des enfants ne fréquentent que les aires de jeux, ces espaces clôturés et colorés conçus par les adultes pour leur permettre de se détendre en sachant leurs enfants jouer en toute sécurité. Or, une grande partie de l'apprentissage et du développement durant l'enfance se fait dans le cadre d'activités concrètes.

Les enfants jouent en toute sécurité dans les aires de jeux, mais celles-ci sont déconnectées les unes des autres, séparées par des rues, des voitures et des routes désertes, où il ne se passe rien, ce qui les prive de leur autonomie urbaine. Faire des aires de jeux un espace officiel pour les enfants les exclut de la vie urbaine et de leur droit à construire leur citoyenneté, et contraint les adultes à une routine quotidienne fastidieuse d'accompagnement passif des jeux programmés.

Cependant, les enfants résistent : ils sautent les clôtures, jouent à garder l'équilibre en s'appuyant sur le trottoir et courent en marchant et en sautant sur certaines couleurs du trottoir.

Une flaque d'eau, des escaliers extérieurs, des murets… la ville entière est leur terrain de jeu. Au fil de leurs déplacements, ils métamorphosent les rues, créent des espaces publics et tissent des liens au sein du quartier.

Comment amener les adultes à se défaire de leur illusion d'efficacité urbaine et à comprendre les enfants et leurs jeux, afin qu'ils intègrent cette perspective dans leurs projets d'aménagement urbain ? En adoptant le même regard émerveillé que les enfants ! Ils sauraient alors concevoir la ville sous un nouvel angle. 

Nous souhaitons présenter un processus en sept étapes pour créer une ville ludique, en utilisant les outils de l'urbanisme tactique.

Finalistes

(classés par code d'enregistrement)

Un seul Mar
Paula Vilela [Brésil]

Spectacles sur scène dans un lieu public
Stefano Multari [Italie]

Matrice spatiale
Gemma Dobrin, Cara Geldenhuys, Giacomo Barbieri [Afrique du Sud – Italie]

L'analogie du radeau
Enrico Calore, Davide Bergo, Caterina Mattiolo, Dario Perissinotto, Tommaso Spagnolli, Aureliana Rizzo [Italie]

Espaces hébergés
Rabia Öykü Emiroğlu, Sıla Kartal [Turquie]

Paysage de ballons
Tatiana Nebiolo [Italie]

Flottille : À la découverte du développement durable à Porto
Marcos Batista [Portugal]

Fantômes du passé soviétique. Quand la nature reprend ses droits.
Valeriia Bovkun, Armine Kryzhko [Ukraine – Arménie]

Le quartier Polimi : la création d'une galerie urbaine
Mila Kalkashliev, Defne Dengizek, Rahmah Hatmi, Alexandra Kovaleva [Macédoine du Nord – Turquie – Pakistan – Kazakhstan]

Couleurs à Rotterdam Sud
Pauline Wiersema, Simone Tax [Pays-Bas] 

Amour et trouvé
Arifatul Hasanah, Nabil Rizki Mulya Widodo, Lyna Zahida Mumtaz, Elis Anggun Geminastiti, Imas Nurrahmah Priandani, Qonita Afnani Firdaus, Nooraini Dewayani Perbawanti Putri, Rashif Imaduddin Luqman [Indonésie]

Un ancien terrain de jeu
Alessandro Cappilli, Angelica Cazzetta, Gianmaria Centonze, Matteo Congedo [Italie] 

De la reconquête des espaces à la revitalisation des expériences : une approche Pix(cell)
Nikita Kinge, Haiya Dalal, Abhinav Anand, Richu Abraham Benjamin, Dhwani Sahetai, Siddhi Soni, Aviral Goyal, Parvathy Rajesh, Pooja Shah [Inde]

Cliquez sur votre ville
Franz Münzing, Joshua Haack, Lara Brenner [Allemagne]

Manifeste
Marina Gasparini [Brésil]

Puis, une fois, maintenant
Julia Zugenmaier, Florian Söllner, Lennart Gräser [Allemagne]

Globus
Felipe Merker, Manuella Martins, Manoela Gil [Brésil]

Tunnels tissés
Kevin Reed, Uyen Nguyen, Nyan Lin Myat [États-Unis]

Réinvestir les espaces publics. Créer des opportunités dans les banlieues et les périphéries.
Jaime Flores Diosdado [Mexique]

Pass éco 
Sharrod Parker, Thomas Lantz, Kya Kerner  [ETATS-UNIS]

Places à pédales
Puze Huang, Yutong Xu [Chine]

Redonner vie aux vestiges | Une transformation des infrastructures urbaines pour l'équité sociale, l'inclusion et le renouveau écologique
Taher Hunaid Ghatila, Amaan Khalid, Nabia Nasir, Syeda Rubab Anis [Pakistan]

 

Les folies du marche HML
Giorgia Zonno, Veronica Ancora, Ruggero Casa, Asia Druda [Italie]

TACTICALISME VERTICAL DES VOIES DE FER : la renaissance d’un « espace intermédiaire »
Alessandra Medaglia, Alessandro Maisano, Giulia Summa, Benedetta Massari [Italie]

Jeux d'eau à Villa D'Este
Sofia Macchia, Eleonora Masia, Emma Ponti [Italie]

Silence, s'il vous plaît ! Un catalyseur urbain pour le quartier le plus bruyant de Vienne
Rebecca Wachtler, Laura Wimmer, Thomas Kasseroler [Autriche]

CITYBOX
Adil Yirmibeş, Abdulkerim Karaoğlu, Mehmet Kerim Öcal, Amirata Ebrahim Khalili [Turquie]

Tapisserie urbaine interculturelle
Ahmet Aslan, Busra Ince [Turquie]

 

Jeu coopératif
Gizem Korukcu, Gulsah Gunes, Irem Isbitiren [Turquie] 

Passerelle Skybridge Plug-In : La rénovation du système de passerelles Skybridge de Hong Kong
 Lin Zhuang, Xiaolai Long [Chine]

accessible gratuitement après inscription

Résultats de TUN Tactical Urbanism Now IV