17.04.2023 – Résultats du concours
Dans le but de remettre en question l'architecture anthropocentrique et dans l'idée d'expérimenter un nouveau processus créatif axé sur la nature, Wildlife Pavilions Le concours exigeait la conception de trois pavillons à petite échelle immergés dans le paysage époustouflant de la réserve naturelle « Torbiere del Sebino ».
L’objectif du concours était de sortir des sentiers battus et d’imaginer des structures habitées conçues pour la faune et la flore : des micro-architectures où l’homme rencontre la faune sauvage comme un simple visiteur de passage, un visiteur respectueux ou tout simplement un observateur.
Les projets retenus ont su intégrer harmonieusement les nouveaux pavillons au paysage naturel, créant ainsi de nouveaux espaces de coexistence entre l'homme et la faune sauvage. L'utilisation de matériaux naturels a constitué un élément clé de la réussite des projets sélectionnés, qui ont accordé une attention particulière à l'intégration des pavillons dans leur environnement.
TerraViva remercie tous les designers pour leur participation à «Wildlife Pavilions" concours!
1st PRIX
Un invité amical
Nick Boer, Italo de Vroom, Martijn Dahrs [Pays-Bas]
Torbiere del Sebino est unique car elle a été façonnée à la fois par des processus naturels et par l'intervention humaine. Les trois observatoires superposent ces deux mondes et visent à établir une relation plus harmonieuse. C'est précisément dans la tension de cette dualité que ce projet prend toute sa dimension.
Alors que l'on construit généralement pour se protéger des éléments, ici, on construit pour protéger la nature de nous. La façade recyclée, poreuse et épaisse, crée une barrière essentielle à toutes les formes de vie. L'extérieur présente des surfaces inclinées et une variété de niches qui, au fil du temps, offriront des conditions propices à la croissance des plantes et à la nidification des animaux. Ponctuant la robuste façade, des fenêtres encadrent l'habitat, permettant ainsi aux humains et aux animaux de cohabiter sans se déranger. À l'intérieur, un paysage harmonieux invite à la découverte et offre une expérience inédite. On rampe, on se penche, on se baisse pour admirer le paysage, ce qui permet à l'humain d'appréhender la nature de manière plus naturelle.
D'apparence uniforme et monolithique, les objets sont solidement ancrés au sol, soulignant ainsi leur permanence dans le paysage. Malgré cette immuabilité, chacun est conçu pour s'intégrer à son habitat : entre les cimes des arbres, sur les berges de roseaux ou au bord de l'eau. Progressivement, les processus naturels de la réserve estomperont les frontières entre les objets et leur biotope. Finalement, l'objet et son environnement deviendront indiscernables, soulevant la question : qui l'a construit ? L'homme ou la nature ?
2nd PRIX
Nutrirsi tra le Rovine
Jacques Veyre de Soras [France]
SE RUINER
« C’est l’architecture qui fait la beauté des ruines », disait Auguste Perret. Ce précepte, nous souhaitons l’aborder aujourd’hui à travers le prisme de l’anthropocène et réfléchir à la manière dont une ruine peut devenir nourricière, à l’instar d’un arbre qui, en se décomposant, devient un refuge pour la biodiversité. Il s’agit ici de laisser le sol à l’état naturel, voire, par la création d’un environnement favorable, de favoriser une concentration de vie, à la manière d’une oasis ou d’une lagune, afin d’assurer la prospérité des espèces les plus utiles à l’équilibre du biotope.
LIGNES DIRECTRICES
Chaque intervention s'articule autour des différents types d'environnements choisis, explorant l'interaction entre un élément primaire et une faune ou une flore particulière. Elle examine son impact sur la faune ornithologique, piscicole, reptilienne, mammalienne, les insectes et, enfin, les grands observateurs mammifères : les humains. Le travail des géométries courbes confère une cohérence à l'ensemble et, fidèle à la sensibilité d'Alvar Aalto, interroge le paradoxe entre nature et culture.
ASSEMBLÉES
Construire sans métal, c'est aussi prendre position contre l'industrie et en faveur de l'artisanat. L'utilisation de bois brûlé pour en améliorer la durabilité rappelle le passé industriel du site. Il en résulte une absence de métal, de colles, de traitements chimiques et de vernis synthétiques.
3rd PRIX
Sous le saule
Eli Liebenow [États Unis]
Concevoir une architecture respectueuse de la faune et de la nature est une tâche complexe et exigeante qui requiert une prise en compte attentive de divers facteurs. L'un des principaux objectifs est de minimiser l'impact des constructions sur l'écosystème naturel. Cela implique de préserver les éléments naturels existants, tels que les arbres, les points d'eau et les rochers, et de les intégrer à la conception. L'utilisation de matériaux durables et écologiques est également essentielle pour réduire l'empreinte carbone et maintenir un environnement sain pour la faune.
De plus, la conception vise à créer une relation harmonieuse entre l'environnement bâti et la nature environnante, favorisant ainsi la coexistence. Chaque pavillon s'inspire du nombre d'or afin de respecter l'harmonie et l'équilibre du monde naturel. Les pavillons ont pour objectif de promouvoir la biodiversité et d'accroître la valeur écologique du site en offrant à la faune sauvage des conditions propices à son développement, grâce à l'intégration d'hôtels à insectes, d'abris pour les oiseaux et de zones de nidification pour les petits mammifères.
Le pavillon 2 offre un espace ombragé où l'on peut admirer la faune et la flore. Chaque pavillon est construit à partir de matériaux recyclés tels que le bois, le métal et le chaume. Ce procédé garantit un impact environnemental minimal, bénéfique pour la faune et la flore.
Tout comme le Pavillon 1, le Pavillon 3 est entièrement dédié à la faune. Elle est là pour interagir avec toutes les espèces non humaines. Oiseaux, mammifères et insectes peuvent utiliser ces espaces à leur guise.
Mentions dorées
(classés par code d'enregistrement)
Biotopes
Thomas Ewing [Royaume-Uni]
Les dessins de mes wildlife pavilions Ces pavillons sont conçus autour de l'idée de valoriser les écosystèmes locaux. Cet objectif a été atteint en créant des habitats pour une grande variété d'espèces indigènes et menacées, tout en minimisant l'impact environnemental négatif de leur construction. Cette approche a donné naissance à un ensemble de dispositifs architecturaux et écologiques divers, qui a permis de développer un langage architectural commun aux trois pavillons.
Le style architectural modulaire et minimaliste est le fruit d'une réflexion sur la fonctionnalité, la faisabilité et, surtout, l'esthétique des projets. Grâce à une attention particulière portée à l'échelle, à la forme et aux matériaux, je suis convaincu que les constructions s'intègrent harmonieusement à la réserve naturelle.
Tous les pavillons sont construits à partir de matériaux naturels provenant des environs. Les gabions sont remplis de pierres extraites localement, les façades intègrent des roseaux et des cannes récoltés dans la réserve et les structures en bois sont réalisées à partir de bois issu de forêts gérées durablement.
Avec le temps, les pavillons se fondront progressivement dans le paysage naturel environnant. Leurs murs de chaume prendront une teinte brune douce, tandis que la charpente en bois s'adoucira au fil des saisons. La végétation qui poussera autour des pavillons donnera vie aux gabions, où mousses, lichens et lianes s'installeront en abondance. Les toitures végétalisées seront ensemencées d'herbes indigènes et la biodiversité qui y trouvera refuge s'épanouira.
Parmi les lignes
Karim Lahiani, Alice Barthélémy, Maxime Bardou [France]
Avant d'être reconnue internationalement par la Convention de Ramsar pour la qualité de ses espaces naturels, la Torbiere del Sebino était une curiosité géologique méconnue : le dernier anneau d'un vaste amphithéâtre morainique qui s'étend d'Adro à Provaglio d'Iseo, en passant par Bornato. Vestige du glacier, elle offre une topographie organique et circulaire, retenant une nappe d'eau du lac d'Iseo et créant un environnement propice à la formation de tourbe. Son exploitation a façonné un paysage aquatique remarquable et a incité les générations suivantes à préserver et protéger la valeur universelle de la vie.
Les trois pavillons s'inscrivent dans cette histoire, entre exploitation et préservation des ressources. Inspirés par l'existant, leurs formes allongées soulignent les traces héritées : l'ancienne voie ferrée, les roselières, la crête morainique. Ils mobilisent pleinement les énergies du lieu pour concevoir de nouveaux espaces d'accueil, des points de vue et des espaces de vie partagés par tous les êtres vivants. Ils puisent dans les ressources locales : la roche friable de la montagne, les roseaux qui bordent l'eau, la tourbe encore présente dans le sous-sol et le bois qui orne les plaines et les montagnes.
Ensemble, ces ressources naturelles engendrent de nouveaux environnements et des architectures vivantes qui contribuent à la gestion du site dans le temps et à la compréhension du lieu dans toutes ses dimensions (géographique, culturelle, naturelle, etc.). La circularité apparente des ressources naturelles fonde un nouveau rapport entre architecture et paysage, entre humains et non-humains.
Le paysage étranger
Ka Wai Cheung, Louis Wai Yin Hung [Autriche – Hong Kong]
Au fond, la micro-architecture ne se résume pas à la seule question de taille. Elle vise plutôt à harmoniser l'existence humaine avec le monde naturel, dans le but ultime de le restaurer et de le préserver intact. Il nous paraît naïf de vouloir contrôler le comportement de la nature, a fortiori dans l'enceinte d'un simple pavillon. Par ailleurs, la nature n'a pas besoin d'intervention pour être appréciée.
Compte tenu de l'échelle temporelle (cycles de vie) et spatiale (conditions environnementales dans lesquelles les écologies opèrent) étendue, le paysage étranger est un concept symbiocène qui considère Tobiere del Sebino lui-même comme le pavillon de la faune sauvage – conditionné pour encourager la prolifération de la nature et faciliter la cohabitation interspécifique.
Le projet intègre également la valeur historique du site. L'ancienne usine à tourbe voisine, bientôt vouée à la démolition, sera déconstruite en éléments architecturaux aux formes, textures et dimensions précises, puis disséminés sur le site conformément aux directives de conception environnementale. Ces éléments, qui avaient auparavant contribué à la destruction de l'écosystème, joueront désormais un rôle essentiel dans sa restauration.
Colocataires
Nicolas Sottili, Giovanna Papini [Italie]
Est-il possible de partager le même espace de vie avec des animaux ?
Bien que la coexistence entre les humains et les espèces animales ait toujours existé, nous avons tendance à oublier que nous ne sommes pas les seuls à peupler la Terre. Nous, humains, occupons la planète comme si nous en étions les seuls propriétaires. Le changement climatique que nous avons aggravé contraint les animaux à s'adapter à des situations potentiellement mortelles. C'est sur cette idée fondamentale que repose notre concept : nous ne sommes pas seuls sur Terre.
« Colocataires » s’inscrit dans le concept d’une architecture conçue pour la faune sauvage. Trois pavillons ont été imaginés, destinés à servir de lieu de vie, de repos et de chasse aux différentes espèces animales peuplant Torbiere del Sebino.
Ce lieu est également un espace de passage et d'observation pour chacun. L'idée est de parvenir à une séparation respectueuse des espaces et d'éviter toute intrusion mutuelle. Ainsi, nous pouvons être, pour une fois, des colocataires choyés, des hôtes respectueux en visite au sein de la nature. Chaque pavillon est doté d'une cloison, ou d'une dalle, séparant l'accès réservé aux humains de celui destiné aux animaux. Tous deux utilisent le même « espace » sans se côtoyer de trop près. Ceci garantit la paix entre les espèces.
Le bois et la terre crue, matériaux organiques qui constituent des abris naturels pour de nombreux animaux, sont les principaux matériaux utilisés pour ce projet, non seulement en raison de leur présence sur le site, mais aussi parce qu'ils permettront à la nature de les reconquérir et de les transformer. À l'avenir, l'artefact et la nature ne feront plus qu'un.
Honorable mentions
(classés par code d'enregistrement)
Les artefacts
Gaétan Graff, Ugo Larvor, Nicholas Kampmann-Petitmaire (Architecture 4D) [France – États-Unis]
Nous sommes tous invités
Roberta Filippini, Virginia Sellari, Raffaele Orru (Studio Roberta - Raffaele Orrù Agronomo) [Italie]
Entrelacés
Toghrul Bayramov, Nakhmat Samedov, Chichek Bayramly, Leyla Jabrayilova, Sakina Naghiyeva, Nazrin Hajiyeva, Javid Jabbarov, Najiba Mammadova (Bureau Muhit) [Azerbaïdjan]
Finalistes
(classés par code d'enregistrement)
24012 - Écosystème de kits de pièces - Alexandre Kolar [Royaume-Uni]
24029 - Rondo' : La composition est nature – Ilaria Quadri, Milagros Achata, Davide Tarantella [Italie]
24042 - S'immerger dans la nature : adopter différents points de vue et moduler les perceptions – Matthias Tippe, Alexander Frisch, Jascha Baumgardt [Allemagne]
24066 – Cube – Sofía Arrizabalaga – Enrique Iriso (Filo Arquitectos) [Espagne]
24488 - Archipel d'Iseo – Lauriane Touvron, Gloria Cristina, Muñoz Alcalá [France – Espagne]
24496 - (Dans) l'habitat – Chun Chen Koid, Jet Chee Kin Tan, Jensine Xiao Tong Ngow, Shannon XenJie Yeong [Malaisie]
24506 - Nature primitive – Samuele Piacentini, Francesco Trovatelli, Filippo Prodi [Italie]
24518 - Équilibre de branchement – Pei Shang Lee, Natasha Majalap Haling, Mei Wei Lau [Malaisie]
24552 - Histoires du cosmos – Lucia Emma Avolio, Matteo Andreoletti [Italie]
24798 - Naturesphere – Melina Blatt – Alexander Feilmair, Anna Romanova, Sinem Firat [Allemagne – Autriche – Russie – Turquie]
24810 - Wildlife Pavilions – Tejas Shintre [Inde]
24931 - Les Pavillons de la Transformation – Margot El Andaloussi, Charlotte Bichon, Lucie Sacchetto [France]
25138 - Wildlife Pavilions – Bernice Rumble [Afrique du Sud]
25145 - Horizon, plateforme et tout le reste – Yibo Jiao, Yusi Zha [Chine]
25156 - Partagé avec la nature – Rebecca Lim, Ting Hsuan Lee (Foster Lomas) [Royaume-Uni]
25173 - Stéréopsie – Andrea Lombardi, Margherita Randazzo [Italie]
25210 - Refuge partagé – Alessandra Brembati [Italie]
25218 - Trio Terra - Jeroni Mach Raubert, Albert Vich Gleyal [Espagne]
25229 - Phare pour la vie – Nan Zhang, Jia Wei Gong [Chine]
25243 - Pavillons du chemin – Jae B. Lim, Myungjun Chang, Hyuna Lee [Corée du Sud]
25256 - Concevoir l'habitat – Giacomo Dal Ben, Raffaele Dongili, Vladimir Boaghe [Italie]
25266 - Pierre nuageuse glissante - Merve Sahin, Daghan Dizdaroglu [Dinde]
25268 - À l'intention d'un Regard – Jeanne Bakouche, Vincent Roger [France]
25289 - Appartements pour animaux sauvages – Qing Zhong, Xiaozhou Gui, Yiyang Guo, Kunyang Song [Chine]
25478 - Dans la nature – Manuel Ehrenreich [Allemagne]
25641 - coup – Eleonora La Fauci, Annalisa Foti [Italie]
25652 - Tsubo – Vase (solutions durables pour le développement de la biosphère) – Alessandro Senigalliesi, Aleksandra Santoemma (+Studio de design) [Italie – Pologne]
26544 - Objet trouvé – Francesca Petrò [Italie]
26686 - Liminalité – Elena Dobretsova,- María Eugui Iceta, Natalia Cuevas Aycart, Javier Monasterio Elguezabal [Pays-Bas – Espagne]
27011 - Quatrième Nature – Marcus Badman (marcusbadman.se) [Suède]






























































































